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Israël se préparerait à évacuer les Juifs d’Ukraine en cas de guerre – média

Des représentants de divers bureaux gouvernementaux se seraient réunis pour discuter de la possibilité que des milliers de Juifs cherchent à immigrer si la Russie envahit le pays

Une affiche du président russe Vladimir Poutine est utilisée comme cible le long d'une tranchée sur la ligne de front avec des séparatistes soutenus par la Russie près du village de Zolote, dans la région de Lougansk, le 21 janvier 2022. (Crédit :  Anatolii STEPANOV / AFP)
Une affiche du président russe Vladimir Poutine est utilisée comme cible le long d'une tranchée sur la ligne de front avec des séparatistes soutenus par la Russie près du village de Zolote, dans la région de Lougansk, le 21 janvier 2022. (Crédit : Anatolii STEPANOV / AFP)

Le gouvernement israélien se prépare à la possibilité que des milliers de Juifs ukrainiens veuillent immigrer en Israël en cas d’invasion du pays par les Russes, selon un article de presse publié dimanche soir.

Selon Haaretz, des représentants de divers bureaux et groupes gouvernementaux se sont réunis dimanche pour discuter d’une telle éventualité, notamment le bureau du Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, le ministère de la Défense, le ministère des Affaires de la diaspora et l’Agence juive.

Le journal indique que quelque 75 000 personnes, vivant dans l’est de l’Ukraine, seraient éligibles à la citoyenneté israélienne.

Haaretz souligne qu’Israël dispose depuis longtemps de plans d’évacuation des Juifs de divers pays, et qu’il les a actualisés pour l’Ukraine en raison de la montée des tensions.

Les pays de l’Otan ont placé des forces en attente et envoyé des navires et des avions de combat pour renforcer leur défense en Europe de l’Est face aux activités militaires de la Russie aux frontières de l’Ukraine, a annoncé lundi l’Alliance dans un communiqué.

Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN, au Conseil de l’Union européenne, à Bruxelles, le 18 mai 2017. (Crédit : Thierry Charlier/AFP)

« L’OTAN continuera de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger et défendre tous les Alliés, y compris en renforçant la partie orientale de l’Alliance. Nous répondrons toujours à toute détérioration de notre environnement de sécurité, notamment en renforçant notre défense collective », a expliqué le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg.

Londres a annoncé lundi le retrait de personnels de son ambassade à Kiev face à la « menace croissante » de la Russie, selon le ministère des Affaires étrangères, au lendemain du rappel des familles de diplomates américains.

« Certains membres du personnel de l’ambassade » et leurs proches « sont en train de se retirer de Kiev en réponse à la menace croissante de la Russie », selon le ministère qui a souligné que « l’ambassade britannique reste ouverte et continuera à mener ses tâches essentielles ».

L’UE attend lundi des explications du secrétaire d’Etat américain Antony Blinken sur la possibilité d’une invasion russe de l’Ukraine, surprise par la dramatisation de Washington qui a ordonné l’évacuation des familles de ses diplomates dans ce pays, un rappel critiqué par Kiev.

Antony Blinken doit intervenir en visioconférence pendant une réunion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept.

« Le secrétaire Blinken nous expliquera les raisons de cette annonce. Nous n’allons pas faire la même chose, car nous ne connaissons pas les raisons spécifiques », a déclaré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell à son arrivée pour la réunion avec les ministres de l’UE consacrée aux tensions entre la Russie et l’Ukraine.

Le chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell, après une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE par vidéoconférence au bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, le 15 juin 2020. (AP Photo/Virginia Mayo, Pool)

La décision de Washington a été jugée « prématurée » et « excessive » par les autorités ukrainiennes.

« Je ne pense pas qu’on devrait dramatiser dans la mesure où les négociations se poursuivent et elles se poursuivent. Nous n’avons pris aucune décision pour demander le départ des familles de nos diplomates d’Ukraine, à moins que Blinken ne nous fournisse des informations justifiant un tel mouvement », a ajouté Josep Borrell.

« Il ne faut pas se mettre dans la logique d’une guerre. Il faut éviter la guerre », a estimé le doyen des ministres des Affaires étrangères de l’UE, le Luxembourgeois Jean Asselborn.

Antony Blinken doit informer les membres de l’UE des « pourparlers francs » qu’il a tenus vendredi avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

Russes et Américains sont convenus d’un nouveau rendez-vous, et Antony Blinken s’est engagé à « coucher des idées sur le papier » en réponse aux demandes de Moscou pour la sécurité en Europe.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participe à une réunion avec le secrétaire général de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) Thomas Greminger, à Moscou, le 2 novembre 2018. (Yuri KADOBNOV / AFP)

La Russie exige un engagement écrit sur le non-élargissement de l’Otan à l’Ukraine et à la Géorgie et demande un retrait des forces et des armements de l’Alliance atlantique des pays d’Europe de l’Est ayant rejoint l’Otan après 1997, notamment de Roumanie et Bulgarie. Des demandes inacceptables pour les Occidentaux.

La situation sécuritaire est jugée préoccupante. Moscou assure ne pas avoir l’intention d’intervenir en Ukraine, mais soutient les revendications des séparatistes pro-russes des républiques autoproclamées de Lougansk et Donetsk dans le Donbass (est) et a massé plus de 100 000 soldats, des chars et de l’artillerie aux frontières avec l’Ukraine.

« Nous espérons qu’une attaque n’aura pas lieu. Mais si c’est le cas, nous sommes prêts à répondre par des sanctions économiques et financières massives », a affirmé jeudi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

« Si la Russie envahit une nouvelle fois l’Ukraine, nous adopterons des sanctions sans précédent et la Russie sera totalement isolée », a confirmé le ministre danois Jeppe Kofod.

Dans cette photo prise le 13 décembre 2019, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen observe la salle lors d’une conférence de presse au bâtiment Europa à Bruxelles. (Photo par KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Une série d’options ont été préparées par la Commission. La réduction des achats de gaz et de pétrole, respectivement 43 % et 20 % de l’approvisionnement de l’UE, et qui financent largement le budget russe, est sur la table, a confié à l’AFP une source européenne.

« Rien de concret ne sera approuvé aujourd’hui », a toutefois précisé Josep Borrell. « Le processus est en cours pour être sûr que tout sera prêt en cas de besoin », a-t-il assuré.

La réduction des achats d’énergie divise l’UE. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban doit se rendre à Moscou en février pour discuter notamment des approvisionnements en gaz de son pays.

« La crédibilité de notre réponse à Moscou suppose d’éviter les vulnérabilités (…) face à l’utilisation des flux migratoires ou de l’énergie avec le jeu sur le prix du gaz ou les fournitures », a insisté le président français Emmanuel Macron mercredi au Parlement européen.

L’Allemagne aurait par ailleurs fait retirer une proposition visant à couper Moscou du système mondial de paiement SWIFT, selon une source diplomatique européenne. Et Berlin refuse de livrer des armes à Kiev, contrairement aux Etats-Unis qui ont envoyé 80 tonnes d’armements, a annoncé le ministre ukrainien de la Défense Oleksii Reznikov.

Le chancelier Olaf Scholz a appelé dimanche à la « sagesse » dans l’examen des sanctions possibles et des « conséquences » pour l’Allemagne.

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