Israël se réjouit des frappes américaines en Syrie : « Biden n’est pas Obama »
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Israël se réjouit des frappes américaines en Syrie : « Biden n’est pas Obama »

Des responsables ont déclaré à Walla qu'ils voyaient dans cette attaque un signal positif de la politique de la nouvelle administration à l'égard de l'Iran

Deux raptors F-22 Raptors survolent la Syrie, le 2 février 2018. (Crédit : US Air National Guard/Staff Sgt. Colton Elliott)
Deux raptors F-22 Raptors survolent la Syrie, le 2 février 2018. (Crédit : US Air National Guard/Staff Sgt. Colton Elliott)

Des responsables israéliens se sont dit satisfaits des frappes américaines qui ont eu lieu jeudi soir contre une base accueillant une milice soutenue par l’Iran située sur la frontière entre la Syrie et l’Irak. Leurs propos ont été rapportés au site Walla News vendredi.

Les responsables ont confié au média qu’ils considéraient cette attaque comme un signal positif en ce qui concerne le positionnement qu’adoptera la nouvelle administration américaine à l’égard de l’Iran, et ils ont noté croire qu’elle transmettrait à Téhéran un message de retenue, face à ses agressions directes ou à celles de ses groupes mandataires dans la région.

Ils ont ajouté être inquiets des provocations croissantes de l’Iran dans la région – des provocations provenant souvent de ses groupes mandataires – et qu’ils avaient partagé leurs préoccupations avec les Américains.

« Les Iraniens n’ont pas réalisé que le président américain [Joe] Biden n’était pas [Barack] Obama, et que s’ils continuent à faire ce mauvais calcul, ils finiront par être frappés », a indiqué un responsable israélien à Walla.

L’article a ajouté que Washington avait averti Israël des frappes au préalable. Cet avertissement est une information de routine qui a lieu à chaque fois que des opérations américaines sont susceptibles de concerner Israël et vice-versa.

Dans cette toute première action militaire entreprise par l’administration Biden, les États-Unis ont bombardé des sites en Syrie en prenant pour cible des structures utilisées par les milices soutenues par l’Iran, à la frontière avec l’Irak. Le Pentagone a déclaré que ces frappes venaient en riposte à une attaque à la roquette qui, le 15 février, a tué un civil et blessé un militaire américain et d’autres soldats de la coalition.

L’administration Biden avait souligné son intention de se concentrer davantage sur les défis posés par la Chine, alors même que persistent les menaces au Moyen-Orient. La décision prise par Biden d’attaquer ces sites en Syrie ne semble néanmoins pas signaler une quelconque intention d’élargir l’implication militaire des États-Unis dans la région, mais plutôt de démontrer la volonté de défendre les troupes américaines en Irak.

« Je sais très bien quelle a été la cible attaquée, nous savons pertinemment ce que nous avons touché », a commenté le secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, auprès des journalistes qui l’accompagnaient dans un vol reliant la Californie à Washington. S’exprimant peu après les frappes, il a ajouté que « nous avons la certitude que cette cible était utilisée par les mêmes milices chiites qui avaient mené l’attaque », faisant référence à l’attaque à la roquette commise dans le nord de l’Irak le 15 février.

Austin a précisé avoir recommandé cette frappe de représailles à Biden.

« Nous avons dit à un certain nombre de reprises que nous répondrions le moment venu », a dit Austin. « Nous voulions nous assurer des liens avec la frappe à la roquette, nous voulions être sûrs que nous avions identifié les bonnes cibles. »

Le candidat au poste de secrétaire à la Défense Lloyd Austin pendant son audience de conformation devant la commission des services armés du Sénat au Capitole, à Washington, le 19 janvier 2021. (Crédit : Jim Lo Scalzo/Pool via AP)

Plus tôt, le porte-parole du Pentagone, John Kirby, avait déclaré que l’action entreprise par l’armée américaine constituait une « réponse militaire proportionnée » et qu’elle avait été accompagnée de mesures diplomatiques, et notamment de consultations avec les partenaires de la coalition.

« L’opération transmet un message sans ambiguïté : celui que le président Biden agira pour protéger les personnels américains et de la coalition », avait dit Kirby. « En même temps, nous avons agi de manière délibérée avec pour objectif d’entraîner une désescalade de la situation toute entière dans l’est de la Syrie et en Irak. »

Kirby a ajouté que les frappes américaines « avaient détruit de multiples structures sur un poste-frontière utilisé par un certain nombre de groupes militants soutenus par l’Iran », et notamment par Kataeb Hezbollah et Kataeb Sayyid al-Shuhada. Les États-Unis ont par le passé attribué à Kataeb Hezbollah la responsabilité de nombreuses attaques prenant pour cible les personnels et les intérêts américains en Irak.

Aucun autre détail n’a été communiqué pour le moment.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a précisé que 22 personnes avaient été tuées lorsque trois camions remplis de munitions en provenance d’Irak, à proximité de la ville syrienne de Bukamal, ont été bombardés. Le groupe de veille, dont le siège est en Grande-Bretagne, et dont les sources de financement restent indéterminées, a été régulièrement accusé par les analystes de la guerre en Syrie de gonfler les chiffres des victimes, voire de les inventer.

Le groupe a fait savoir que toutes les victimes appartenaient aux forces Hashed al-Shaabi, qui sont parrainées par l’État irakien, et qui est l’organisation-cadre regroupant de nombreuses petites milices liées à l’Iran.

Les responsables de l’administration Biden avaient condamné l’attaque à la roquette perpétrée le 15 février à proximité de la ville d’Irbil, en Irak, dans la région semi-autonome dirigée par les Kurdes. Toutefois, cette semaine, les responsables ont indiqué n’avoir pas identifié de manière certaine ses auteurs. Ils ont noté que, par le passé, des milices chiites, soutenues par l’Iran, avaient été responsables de nombreuses attaques à la roquette qui avaient visé des soldats ou des structures américaines en Irak.

Kirby avait déclaré mardi que l’Irak était chargée d’enquêter sur cette frappe à la roquette du 15 février.

« Aujourd’hui, nous ne sommes pas en mesure de dire de manière certaine qui sont les auteurs de cette attaque, quels groupes, et je ne vais pas entrer dans les détails tactiques de tous les petits fragments de munition qui ont été utilisés ici », avait continué Kirby. « Laissons donc l’enquête se terminer et nous tirerons alors des conclusions – et quand nous aurons quelque chose de nouveau à dire, alors nous le dirons. »

Un petit groupe chiite peu connu nommé Saraya Awliya al-Dam – en Arabe, les Gardiens de la brigade du sang – avait revendiqué la frappe à la roquette. Une semaine plus tard, un autre projectile similaire avait paru viser le complexe de l’ambassade américaine dans la Zone verte de Bagdad sans faire de blessé.

L’Iran a affirmé, cette semaine, n’entretenir aucun lien avec les Gardiens de la brigade du sang.

Sur cette photo publiée par le site officiel du bureau du Guide suprême iranien, des fidèles scandent des slogans lors de la cérémonie de prière du vendredi, alors qu’une bannière montre le général des Gardiens de la révolution iranienne Qassem Soleimani (à gauche) et Abu Mahdi al-Muhandis, commandant supérieur de la milice chiite irakienne, tués en Irak lors d’une attaque de drones américains le 3 janvier 2020, et une bannière sur laquelle on peut lire en persan : « Mort à l’Amérique », à la grande mosquée de l’Imam Khomeini à Téhéran, en Iran, le 17 janvier 2020. (Crédit : Bureau du Guide suprême iranien via AP)

La fréquence des attaques perpétrées par les milices chiites contre des cibles américaines avait diminué à la fin de l’année dernière, avant l’investiture du président Joe Biden, même si l’Iran presse dorénavant les États-Unis de réintégrer l’accord sur le nucléaire signé en 2015. Les États-Unis, sous l’administration Trump, avaient attribué la responsabilité des attaques commises contre les intérêts américains aux groupes appuyés par l’Iran, et les tensions avaient grimpé en flèche après une frappe américaine qui avait tué le général iranien Qassem Soleimani et le puissant chef de milice irakien Abu Mahdi al-Muhandis l’année dernière.

Trump avait déclaré que la mort d’un contractant américain serait une ligne rouge et provoquerait une escalade en Irak. La mort d’un entrepreneur civil américain, au mois de décembre 2019, au cours d’une attaque à la roquette commise à Kirkuk, avait entraîné un combat de représailles sur le sol irakien qui avait manqué d’entraîner une guerre entre groupes mandataires.

Les forces américaines ont été réduites en Irak à 2 500 personnes, qui ne participent plus aux missions de combat aux côtés des forces irakiennes dans le cadre des opérations continues contre le groupe État islamique.

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