Israël s’excuse après que des journalistes turcs ont été « humiliés » par des agents de sécurité
Rechercher

Israël s’excuse après que des journalistes turcs ont été « humiliés » par des agents de sécurité

Les journalistes qui couvraient la Cyber Week de Tel Aviv disent qu'on leur a demandé de se déshabiller et que leur équipement a été cassé

La journaliste turque Seyma Eraz rencontre le ministre des Communications Ayoub Kara à son bureau de la Knesset à Jérusalem le 27 juin 2017 (Crédit : Ministère des Communications)
La journaliste turque Seyma Eraz rencontre le ministre des Communications Ayoub Kara à son bureau de la Knesset à Jérusalem le 27 juin 2017 (Crédit : Ministère des Communications)

Des responsables israéliens ont présenté leurs excuses auprès de trois journalistes turcs mercredi après que le groupe s’est plaint d’avoir été soumis à un traitement humiliant par le personnel de sécurité israélien lors d’une conférence à Tel Aviv cette semaine.

Le ministre des communications, Ayoub Kara, a présenté des excuses aux journalistes, soulignant l’importance des liens récemment rétablis entre Jérusalem et Ankara, et un diplomate israélien à Istanbul a également présenté des excuses à propos de l’incident, ont indiqué les responsables.

Les trois journalistes avaient été invités par l’ambassade d’Israël à Istanbul à assister à la conférence annuelle sur la cyber-sécurité qui a été organisée à l’université de Tel Aviv, en tant qu’invités spéciaux du ministère des Affaires étrangères.

Mais quand ils sont arrivés à la Cyber Week de Tel Aviv dimanche, l’éditeur du Daily Sabah, Şeyma Eraz, a déclaré qu’elle et les journalistes de Fox Turkey, Emre İzkübarlas et Kenan Özcan, ont été séparés du groupe des autres journalistes et ont été obligés de passer un contrôle de sécurité distinct.

Eraz a déclaré au journal que les agents de sécurité israéliens lui ont demandé d’enlever le voile pendant le contrôle de sécurité, tandis que ses deux collègues masculins ont été emmenés dans une pièce séparée et on leur a demandé de retirer leur pantalon.

Elle a également ajouté que les responsables de la sécurité ont également brisé des caméras en fouillant dans leurs affaires.

« Je suis allée dans de nombreux pays, assister à de nombreuses réunions auxquelles ont assisté des Premiers ministres et des présidents, mais je n’ai jamais été humiliée de cette façon [de] toute ma vie », a déclaré Eraz en abordant l’incident.

« Je lui ai demandé [au directeur de la sécurité] comment ils décidaient d’examiner les gens en détail, et comment peut-on demander à un homme de retirer son pantalon et il a simplement répondu en disant qu’il ne pouvait pas partager les détails de sa politique de sécurité avec moi ».

Le consul général d’Israël à Istanbul, Shai Cohen, « s’est excusé auprès des journalistes pour le sentiment d’humiliation [qu’ils ont éprouvé] tout en expliquant les exigences de sécurité spéciales d’Israël », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, au Times of Israël.

Selon le Daily Sabah, Ron Gerstenfeld du ministère des Affaires étrangères et un responsable du cabinet du Premier ministre ont présenté leurs excuses aux trois journalistes.

« Je lui ai dit que nous n’étions que des journalistes, pas des terroristes et que nous ne pouvons pas être humiliés d’une manière aussi dégradante », a déclaré Eraz à Gerstenfeld.

Kara, du parti Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a reçu Eraz, İzkübarlas et Özcan à son bureau de la Knesset où il s’est excusé pour l’incident et a souligné l’importance du réchauffement des liens entre Israël et la Turquie.

« Les relations avec la Turquie s’améliorent de plus en plus et sont importantes pour le gouvernement d’Israël, l’État d’Israël et l’économie israélienne », a déclaré Kara aux journalistes selon une vidéo publiée sur sa page Facebook. « Il est important que ces liens ne souffrent pas, et j’espère que des cas comme celui que cette délégation de journalistes de Turquie m’a décrit ne se reproduiront pas ».

Sur Facebook, Kara a ajouté que sa « rencontre positive » avec les trois journalistes « a empêché un incident diplomatique inutile entre Israël et la Turquie ».

Nahshon a déclaré au Times of Israël que Kara n’a pas coordonné sa déclaration avec le ministère des Affaires étrangères.

Après avoir échangé des ambassadeurs en décembre dans le cadre d’un accord de réconciliation signé en juillet dernier, Israël et la Turquie ont cherché à améliorer la coopération qui était au plus bas après l’incident du Mavi Marmara de 2010.

Les relations entre les anciens alliés ont été presque interrompues en 2010 suite à un raid naval israélien sur une flottille turque essayant de briser le blocus israélien de la bande de Gaza contrôlée par le Hamas. Le raid, dans lequel les commandos de l’armée ont été attaqués par des militants à bord, a fait 10 morts turcs et a blessé plusieurs soldats.

La semaine dernière, le ministre turc des Finances, Naci Agbal, a déclaré qu’Israël a versé 20 millions de dollars aux familles des victimes du raid, l’une des conditions d’Ankara pour lancer le rapprochement avec l’Etat juif.

Israël a déjà été critiqué dans le passé pour ses fouilles de journalistes arabes et musulmans. Plus tôt ce mois-ci, la Deuxième chaîne d’Israël s’est plainte après qu’un de ses photographes originaire d’un village à cheval sur la frontière israélo-libanaise a été détenu par la sécurité alors qu’il souhaitait juste couvrir la visite d’un hôpital de Safed de Netanyahu et du ministre de la Santé, Yaakov Litzman.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...