Israël signe un accord de libre-échange avec la Corée du Sud
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Israël signe un accord de libre-échange avec la Corée du Sud

Le Premier ministre a salué le premier accord du genre avec un pays asiatique qui permettra une levée de tarifs douaniers sur une vaste gamme de produits

La ministre sud-coréenne du Commerce Yoo Myung-hee (gauche) et le ministre israélien de l'Economie et l'Industrie Eli Cohen se serrent la main après avoir signé un accord de libre échange entre Israël et la République de Corée à Jérusalem, le 21 août 2019. (Photo de Gil COHEN-MAGEN / AFP)
La ministre sud-coréenne du Commerce Yoo Myung-hee (gauche) et le ministre israélien de l'Economie et l'Industrie Eli Cohen se serrent la main après avoir signé un accord de libre échange entre Israël et la République de Corée à Jérusalem, le 21 août 2019. (Photo de Gil COHEN-MAGEN / AFP)

Mercredi, Israël et la Corée du Sud ont annoncé avoir conclu un accord de libre-échange afin de supprimer les tarifs douaniers pesant sur divers produits comme les voitures, les équipements médicaux, les rouges à lèvres ou encore les jeux vidéos.

L’accord avait été retardé de plusieurs années en raison d’un désaccord sur les produits des implantations israéliennes fabriqués en Cisjordanie et au sein des communautés du plateau du Golan.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué l’accord, déclarant qu’il s’agissait du premier accord du genre passé avec une nation asiatique.

« Nous avions des accords de libre-échange avec d’autres parties du monde, les Etats-Unis, l’Europe et ailleurs, mais c’est la première fois que nous signons un accord de libre-échange avec une économie asiatique, et quelle économie ! Un leader mondial, une économie dynamique et en pointe », a commenté Netanyahu.

On ne sait pas clairement quand l’accord entrera en vigueur.

Netanyahu a précisé que l’accord irait au-delà des liens économiques. « Les échanges technologiques nous donneront un énorme avantage pour l’avenir. Le peuple d’Israël est ravi de cette coopération renforcée entre nos deux pays, a déclaré Netanyahu lors d’une réunion à son bureau de Jérusalem. Bienvenue ».

La ministre sud-coréenne du Commerce Yoo Myung-hee (gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu parlent après avoir signé un accord de libre échange entre Israël et la République de Corée à Jérusalem, le 21 août 2019. (Kobi Gideon/GPO)

Le ministre de l’Economie, Eli Cohen, a fait écho à ses remarques lors de cette cérémonie.

« Je suis confiant que cet accord marquera le début d’une nouvelle ère et même d’une relation plus proche entre Israël et la Corée ».

Des officiels israéliens ont souligné que l’accord permettrait une chute des prix sur une large gamme de produits, – une aubaine pour un pays où le coût de la vie est très élevé.

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« J’espère que les entreprises israéliennes profiteront au maximum de la Corée comme d’un tremplin vers le marché asiatique très large », a déclaré la ministre sud-coréenne du Commerce, Yoo Myung-hee, lors de la cérémonie.

Les négociations sont restées au point mort pendant des années car la Corée du Sud demandait de ne pas inclure dans l’accord la Cisjordanie et le plateau du Golan, des territoires sous le contrôle d’Israël, mais qui ne sont pas reconnus comme israéliens par la grande majorité des pays du monde.

Cohen a déclaré qu’Israël avait en effet rejeté cette demande, ajoutant que si des entreprises étaient désavantagées de quelconque manière, elles seraient compensées par le gouvernement, comme c’est le cas avec d’autres accords commerciaux.

Des officiels israéliens ont ensuite clarifié pour dire que s’il n’y avait pas de différenciation dans l’accord, la Corée du Sud pourrait tout de même bloquer certains avantages pour des produits issus d’implantations. Dans ce cas, Israël compenserait ces entreprises.

Le président du Conseil Yesha, Hannanel Dorani, a salué le gouvernement pour avoir officiellement refusé de faire une distinction entre Israël et la Cisjordanie.

« C’est une position idéologique importante que la Judée, la Samarie, la Vallée du Jourdain et le Plateau du Golan font partie intégrante d’Israël », en référence aux noms israéliens pour la Cisjordanie et le Golan.

Des vignes dans le nord du Plateau du Golan (Crédit photo : Flash90)

La question est sensible en Israël, particulièrement à l’approche des élections du 17 septembre. Les implantations israéliennes sont considérées comme illégales, selon le droit international.

Les négociations sur l’accord se sont étalées sur trois ans.

Selon le ministère de l’Economie, le commerce entre les deux pays a atteint 2,5 milliards de dollars l’année dernière, soit une hausse de 15 % par rapport à 2017.

La Corée du Sud compte Samsung, le plus grand fabricant mondial de smartphones et de puces électroniques, et le constructeur automobile Hyundai, parmi ses entreprises.

L’accord prévoit une levée des tarifs douaniers sur les importations israéliennes de biens, y compris les véhicules, les machines industrielles et les consoles de jeu vidéo, selon le ministère de l’Economie.

Israël exporte vers la Corée du Sud des produits comme des équipements médicaux, des engrais, du vin et des cosmétiques, dont les tarifs douaniers seront retirés, a-t-il dit.

Israël est un exportateur majeur d’armes et d’équipements de défense, mais ces secteurs n’ont pas été mentionnés dans l’accord.

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