Israéliens et Saoudiens auraient organisé plusieurs réunions secrètes en Egypte
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Israéliens et Saoudiens auraient organisé plusieurs réunions secrètes en Egypte

Un responsable de l'AP a déclaré que les relations entre Jérusalem et Ryad sapaient les efforts de l'Autorité palestinienne

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas rencontre le roi saoudien Salmane à Ryad, le 7 novembre 2017. (Crédit : Thaer Ghanaim / Wafa)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas rencontre le roi saoudien Salmane à Ryad, le 7 novembre 2017. (Crédit : Thaer Ghanaim / Wafa)

De hauts responsables israéliens et saoudiens auraient tenu une série de réunions secrètes au Caire la semaine dernière, avant le dévoilement prévu d’un plan de paix par le président américain Donald Trump.

Selon un reportage de la Dixième chaîne israélienne, un responsable de l’Autorité palestinienne a déclaré vendredi à un site d’information – le Qatar al-Khaleej – que des responsables égyptiens étaient en train de négocier des pourparlers. Le responsable a qualifié le mouvement de « développement significatif » des relations entre Jérusalem et Ryad, ce qui sapait l’autorité du gouvernement palestinien basé à Ramallah.

« Les relations chaleureuses entre Israël et l’Arabie saoudite portent préjudice à l’Autorité palestinienne », a déclaré le responsable. « Il semble qu’Israël ne soit plus le plus grand ennemi de la région. »

Dans l’un des premiers signes visibles du réchauffement des relations israélo-saoudiennes, les Saoudiens ont cette semaine accordé à Air India la permission de traverser l’espace aérien saoudien en direction d’Israël – une première en 70 ans.

Selon le responsable de l’AP, les pourparlers – tenus dans un hôtel de luxe, avec la présence de représentants égyptiens – traitaient également des intérêts économiques d’Israël, de l’Egypte et de l’Arabie saoudite, en particulier dans la région de la mer Rouge.

L’administration américaine devrait annoncer les principaux points de son plan de paix dans les semaines à venir. Les responsables ont déclaré que la finalisation du plan était sur le point d’aboutir, mais ils ont pour le moment refusé de donner un échéancier concernant sa publication.

Plus tôt vendredi, un article du journal égyptien Al Shorouk a avancé que plusieurs pays arabes non identifiés conseillaient au président de l’AP, Mahmoud Abbas, d’accepter tout plan proposé par l’administration Trump, ou qu’il le « regretterait » plus tard.

Le président américain Donald Trump rencontre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au bureau ovale de la Maison Blanche le 3 mai 2017, à Washington, DC. (AFP PHOTO / MANDEL NGAN)

Abbas a défini le prétendu plan comme la « gifle du siècle » – une référence à l’expression « l’affaire du siècle » utilisée par Trump pour décrire son initiative de paix. Furieux de la décision des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y déplacer son ambassade, Ramallah a refusé de rencontrer les négociateurs Jared Kushner et Jason Greenblatt et a encouragé la mise en place d’un effort de paix multilatéral qui tiendrait Washington à l’écart.

Selon le journal égyptien, les Américains ont informé certains pays arabes que la décision de Trump de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem « faisait partie d’un effort américain pour persuader Israël, en particulier les tenants d’une ligne dure, d’accepter de faire de possibles concessions pour les Palestiniens ».

Trump a affirmé à plusieurs reprises qu’Israël devrait « payer le prix » pour la reconnaissance de Jérusalem, bien qu’il n’ait pas détaillé quelles concessions étaient attendues. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré aux journalistes après avoir rencontré Trump cette semaine que la question n’avait jamais été soulevée entre eux.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump au bureau ovale de la Maison-Blanche, le 5 mars 2018 (Haim Tzach / GPO)

Au moins un pays arabe a clairement fait savoir à l’administration Trump que les Etats arabes rejetteraient tout plan de paix qui ne reconnaîtrait pas Jérusalem-Est comme capitale d’un futur Etat palestinien, indique l’article.

Un haut responsable du Hamas a déclaré au journal que les Egyptiens avaient assuré au groupe terroriste que le Caire n’accepterait aucun plan qui n’appelle pas à la création d’un Etat palestinien, avec Jérusalem-Est comme capitale, « sur les frontières de 1967 ».

Les Egyptiens ont également affirmé leur « engagement au droit au retour » pour les réfugiés palestiniens et leurs descendants dans leurs anciennes maisons en Israël, selon le responsable du Hamas.

Le mois dernier, une délégation du Hamas dirigée par Ismail Haniyeh a passé trois semaines au Caire, où ses membres ont participé à des entretiens concernant un certain nombre de questions avec des responsables égyptiens. Ils ont notamment échangé concernant l’accord de réconciliation avec le Fatah d’Abbas et sur les moyens de renforcer la sécurité entre l’Egypte et la bande de Gaza.

Le responsable du Hamas a affirmé que les Egyptiens étaient fermement opposés à l’idée d’une « installation des Palestiniens dans le Sinaï ».

Cette position égyptienne fait suite aux rumeurs publiées dans certains médias arabes selon lesquelles le plan de paix de Trump proposerait que certaines parties du Sinaï fassent partie du futur Etat palestinien.

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