Itamar Ben Gvir menace de poursuivre Liberman pour diffamation
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Itamar Ben Gvir menace de poursuivre Liberman pour diffamation

Le candidat d'Otzma Yehudit d'extrême-droite a dit que s'il devait être lui-même un agent du Shin Bet alors l'ex-ministre de la Défense est une "taupe du KGB"

Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, prend la parole à la Globes Business Conference à Jérusalem le 19 décembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, prend la parole à la Globes Business Conference à Jérusalem le 19 décembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’ancien ministre de la Défense Avigdor Liberman s’est opposé jeudi au candidat à la Knesset d’extrême-droite Itamar Ben Gvir, clamant dans un entretien diffusé à la radio que ce dernier pouvait être un agent des services de sécurité du Shin Bet.

Ben Gvir, un avocat qui a défendu les « jeunes des collines » issus de la droite radicale dans des dossiers les opposant aux autorités israéliennes et membre de la formation extrémiste Otzma Yehudit, a répondu en disant que Liberman, immigrant en Israël depuis la Moldavie, un pays de l’ex-Union soviétique, était une « taupe du KGB ». Il a également menacé de porter plainte contre Liberman pour diffamation.

Liberman, dont le parti de droite Yisrael Beytenu traverse actuellement une crise politique et qui ne franchit pas le seuil électoral dans les sondages d’opinion les plus récents, s’est exprimé à la radio israélienne a sujet d’un débat qui avait eu lieu mercredi au sein de la commission centrale des élections sur une éventuelle disqualification d’Otzma Yehudit et du parti arabe Raam-Balad.

Après avoir expliqué la décision de son vote contre la disqualification d’Otzma Yehudit et en faveur de celle de Raam-Balad, Liberman a expliqué qu’il n’appréciait toutefois pas le parti d’extrême-droite qui s’est allié à HaBayit HaYehudi et à l’Union nationale pour créer l’Union des partis de droite.

L’avocat Itamar Ben Gvir (Yonatan Sindel/Flash90)

Dans ce contexte, il s’en est pris à Ben Gvir, numéro deux d’Otzma Yehudit et numéro huit de l’Union des partis de droite.

« Itamar Ben Gvir est-il réellement celui qu’il prétend être ? Ou est-il une sorte de nouveau Champagne ? », a-t-il déclaré en se référant au nom de code d’Avishai Raviv, activiste de droite devenu une taupe du Shin Bet dans les années 1980 et 1990.

Après l’assassinat de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin en 1995, Raviv avait été accusé d’avoir eu connaissance des plans ourdis par son meurtrier, Yigal Amir, et de ne pas en avoir informé le Shin Bet au préalable. Raviv avait été jugé mais reconnu non-coupable.

Avishai Raviv, un agent de sécurité du Shin Bet , qui surveillait les activités des militants d’extrême-droite, en 1987. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

« J’ai certaines réserves sur Ben Gvir, », avait continué Liberman. « Cela fait des années que j’observe l’homme et il y a quelque chose dans son activisme et dans ses déclarations qui soulève des interrogations ».

Ben Gvir — dont la candidature au scrutin du mois d’avril a été approuvée de justesse, à 16 voix « pour » contre 15, tandis que l’alliance Raam-Balad a été disqualifiée – a réagi en menaçant de poursuivre Liberman en diffamation.

« Ces affirmations sont sans fondement et le tribunal a déjà statué en ma faveur dans des dossiers antérieurs pour diffamation contre des personnalités qui avaient formulé des accusations similaires. Si je suis un agent du Shin Bet, alors Liberman est une taupe du KGB », a-t-il rétorqué.

Ben Gvir a ajouté avoir « combattu le Shin Bet qui a violenté les jeunes des collines » [des radicaux du mouvement pro-implantation] là où Liberman a gardé le silence et a soutenu l’unité juive du Shin Bet ».

« Je pense évidemment à Liberman, qui voit dans les enquêtes d’opinion tous ses sièges à la Knesset aller à l’Union des partis de droite », a-t-il dit dans un communiqué, critiquant le mandat de Liberman au poste de ministre de la Défense qui s’est achevé par sa démission au mois de novembre.

« Lors de son dernier mandat, tout le monde a compris que Liberman était un faux ministre de la Défense qui a parlé et encore parlé sans rien faire en pratique », a estimé Ben Gvir, se référant probablement à la promesse faite par Liberman peu avant être devenu ministre que s’il devait être nommé au poste, le chef du bureau politique du Hamas, Ismail Haniyeh, serait mort « dans les 48 heures ». Il est encore vivant.

« Quoi qu’il arrive, si Liberman ne présente pas ses excuses dans les 48 heures, nous déposerons plainte contre lui pour diffamation dès dimanche », a-t-il conclu. « Je ne fais pas que menacer, comme le fait Liberman. Je passe également à l’action. »

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