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Jérusalem : Des manifestants appellent à des élections et à un accord sur les otages

Devant la résidence officielle du Premier ministre, les proches d'otages dénoncent le choix de Netanyahu de rejeter les négociations du Caire ; « Ces jours sont critiques », dit une fille d'otage

Des manifestants réclamant un accord pour la libération des otages descendent la rue Azza à Jérusalem jusqu'à la résidence officielle du Premier ministre, le 17 février 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israël)
Des manifestants réclamant un accord pour la libération des otages descendent la rue Azza à Jérusalem jusqu'à la résidence officielle du Premier ministre, le 17 février 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israël)

Des centaines de manifestants favorables à des élections et à la conclusion d’un accord pour la libération immédiate des otages se sont rassemblés à Jérusalem, sous une pluie battante, ce samedi soir dans ce qui s’est imposé comme le rendez-vous hebdomadaire de nombreux habitants dans cette guerre qui n’en finit pas, et ses 134 otages toujours entre les mains du Hamas.

Comme lors des semaines passées, la manifestation, partie de la résidence présidentielle, a été ponctuée de brefs discours de militants opposés au gouvernement, pour se déployer jusqu’à la place de Paris, où des proches d’otages sont montés sur une estrade devant la résidence officielle du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Nombreux sont les proches d’otages qui se sont exprimés samedi à avoir dénoncé la décision prise par Netanyahu, cette semaine, d’opposer son veto à de nouvelles négociations sur le sort des otages, choisissant de ne pas envoyer de délégation israélienne au Caire, où des pourparlers devaient avoir lieu.

Les représentants du gouvernement « nous parlent, nous reçoivent, nous promettent que nous sommes leur priorité numéro un, alors je demande, où sont les otages et pourquoi ne sont-ils pas ici avec nous ? », a dit aux manifestants Tom Barkai, du Forum des otages et des familles disparues, depuis une estrade bloquant l’une des routes menant au domicile du Premier ministre.

« M. Netanyahu, vous occupez le poste de Premier ministre depuis de nombreuses années ; vous avez été mon Premier ministre pendant de nombreuses années. Tout le monde ici, tout comme moi, sait que lorsque vous voulez quelque chose, vous l’obtenez – alors que se passe-t-il ?

Rubi Chen, le père d’Itay Chen, soldat kidnappé qui eu 20 ans en captivité entre les mains du Hamas, a eu des mots durs pour le gouvernement auquel il reproche son refus de négocier sur la question des otages en raison des demandes du Hamas jugées « délirantes » par Netanyahu. Il a témoigné un sablier à la main.

« De quel droit le Premier ministre et le cabinet de guerre n’envoient-ils pas de représentant au Caire ? Le problème, c’est que sur les 134 otages, il n’y a pas de fils de Premier ministre, ni de fille de ministre… il n’y a que le peuple d’Israël qui est otage », a-t-il dit d’un ton sardonique.

Hagit et Rubi Chen, dont le fils Itay Chen a été pris en otage par le Hamas le 7 octobre, s’expriment lors d’un rassemblement à Jérusalem le 17 février 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israël)

A également témoigné Shir Siegel, dont les parents ont été kidnappés par le Hamas, chez eux, dans le kibboutz Kfar Azza le 7 octobre dernier, lorsque des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont envahi le sud d’Israël et tué près de 1 200 personnes, essentiellement des civils, et fait 253 otages.

Sa mère, Aviva Siegel, a été libérée à la faveur du cessez-le-feu temporaire de fin novembre qui a également permis la libération de 105 otages en échange de plus de 300 prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël. Son père, Keith Samuel Siegel, 64 ans, est toujours aux mains du Hamas.

« Nous entrons dans des jours critiques, des jours de négociations, des jours qui pourraient ramener mon père chez lui », a déclaré Siegel en larmes. « En ce moment, nous sommes en train d’écrire l’histoire moderne de la nation juive… Cette histoire pourrait faire de nous une nation méritante et morale, respectueuse des mitsvot [bonnes actions], éthique, qui fait passer les valeurs juives avant tout. Elle pourrait aussi faire de nous une nation qui sacrifie son peuple, abandonne ses blessés sur le champ de bataille – une nation qui sanctifie la mort, et non la vie. »

« Aujourd’hui, c’est nous, demain, ce sera peut-être vous… Nous sommes tous des proches d’otages », a-t-elle déclaré à la foule, bravant une pluie torrentielle.

Des proches d’otages aux mains du Hamas chantent l’hymne national israélien lors d’un rassemblement hebdomadaire à Jérusalem, le 17 février 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israël)

Une poignée de contre-manifestants pro-Netanyahu – un homme armé d’un mégaphone aux côtés de femmes religieuses accompagnées de leurs jeunes enfants agitant des pancartes en soutien au gouvernement – se sont fait entendre lors des discours des proches d’otages.

Lors de la manifestation anti-gouvernement devant la résidence présidentielle, militants et populations déplacées de la zone frontalière de Gaza ont exigé des élections urgentes pour remplacer la coalition actuelle de Netanyahu.

Ron Bassin, enseignant du kibboutz Zikim déplacé suite au 7 octobre, a commencé son discours en faisant chanter la foule pour le retour des otages « à tout prix ».

« Le gouvernement israélien sous ta direction, Bibi, nous a laissés de côté et nous a abandonnés à notre sort… Tu [Netanyahu] n’es jamais venu nous voir, pas une seule fois », a déclaré Bassin.

Des manifestants se rassemblent devant la résidence présidentielle à Jérusalem pour exiger un accord d’otages le 17 février 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israël)

Lia, représentante du groupe de protestation des étudiants, a clôturé les discours en citant un message posthume du prisonnier politique russe et opposant à Poutine, Alexeï Navalny, décédé dans une colonie pénitentiaire de l’Arctique, selon les informations données par le service pénitentiaire russe vendredi.

« Rappelons-nous que nous sommes une force incroyable, opprimée par des criminels. Nous n’avons pas conscience de notre force ; pour que le mal l’emporte, il suffit que les bonnes personnes n’agissent pas. Alors faites quelque chose », a-t-elle dit, établissant une comparaison entre le gouvernement actuel d’Israël et la Russie de Vladimir Poutine.

Contrairement aux manifestations antigouvernementales, toujours plus turbulentes à Tel-Aviv, le rassemblement qui a eu lieu devant la résidence présidentielle et la marche qui a suivi jusqu’à Balfour se sont déroulés sans interpellations ni violences policières malgré la forte présence des forces de l’ordre.

On estime à 130 le nombre d’otages enlevés par le Hamas le 7 octobre encore à Gaza – desquels 30 ne sont plus en vie -, selon les renseignements de Tsahal collectés par ses soldats à Gaza.

Quatre otages ont été libérés avant le cessez-le-feu de novembre, trois ont été libérés sains et saufs par les soldats et 11 otages ont été retrouvés morts, dont trois, tués par erreur par l’armée.

Une autre personne est portée disparue depuis le 7 octobre sans que l’on sache précisément ce qui lui est arrivé.

Le Hamas détient également la dépouille de deux soldats de Tsahal – Oron Shaul et Hadar Goldin -, morts au combat depuis 2014, ainsi que de deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, entrés dans la bande de Gaza de leur plein gré, respectivement en 2014 et 2015, qui seraient toujours en vie.

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