Jérusalem : un chauffeur de bus arabe passé à tabac par des adolescents
La victime a perdu connaissance lors de cette agression qui lui a coûté quatre dents. La police enquête sur fond de regain d'agressions de chauffeurs dans la capitale
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La nuit dernière, des adolescents ont agressé le chauffeur d’un bus de ligne à Jérusalem jusqu’à lui faire perdre connaissance et lui ont fait perdre quatre dents, a annoncé le syndicat Koach LaOvdim dans un communiqué dimanche.
Les jeunes auraient tapé contre un bus de la ligne 2 de Superbus arrêté à un feu rouge, non loin du carrefour de Ramot, dans le nord de Jérusalem, sans passager à bord. Lorsque le chauffeur a baissé sa vitre, les adolescents l’ont roué de coups, lui faisant perdre connaissance pendant près de deux minutes, selon le communiqué.
« Quand je suis revenu à moi, j’avais du sang dans la bouche. Autour de moi, il n’y avait que des injures, des cris et des visages pleins de haine », raconte le chauffeur, identifié par l’initiale M., cité par le syndicat. « J’ai eu peur et j’ai traversé le carrefour, mais je n’étais pas totalement conscient et je sentais que je perdais le contrôle. Heureusement, j’ai réussi à garer le bus. »
Après avoir réussi à s’échapper, le chauffeur a contacté la police et a été transporté à l’hôpital.
La police a indiqué dimanche matin avoir ouvert l’enquête pour agression. Aucune arrestation n’a encore été signalée.
Ces douze derniers mois, plusieurs attaques d’adolescents juifs contre des chauffeurs de bus arabes ont été recensées, surtout à Jérusalem, souvent perpétrées par des jeunes ultra-orthodoxes.
En décembre dernier, deux adolescents originaires du quartier ultra-orthodoxe de Ramot ont ainsi été arrêtés pour l’agression d’un éboueur arabe israélien et d’un chauffeur de bus, auquel ils ont cassé le bras.
L’an dernier, Israel Ganon, le président de l’Association des chauffeurs de bus, avait déclaré au Times of Israel que les autorités ne faisaient rien pour stopper ce phénomène : « Il n’y a pas de sanctions de la part des juges, pas de fermeté de la part de la police, c’est ce qui mène à ces violences. C’est aussi simple que ça », avait-il déploré. « Nous sommes très en colère contre la police et le maire parce que personne ne fait rien pour arrêter ça. »
En février de cette année, Koach LaOvdim a fait savoir qu’en 2025, il y avait eu plus 30 % d’agressions par rapport à 2024. Rien qu’à Jérusalem, le syndicat a recensé 100 agressions physiques de chauffeurs ayant nécessité une prise en charge médicale des victimes.
En janvier dernier, des manifestants ultra-orthodoxes ont encerclé un bus dans le quartier haredi de Romema, à Jérusalem, à la fin d’un grand rassemblement contre la conscription. La foule a empêché le bus d’avancer, proférant des menaces contre le chauffeur. Au bout de quelques minutes, ce dernier a redémarré malgré la présence de la foule compacte, ce qui a coûté la vie à un adolescent de 14 ans, tué sur le coup.
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