Jimmy Carter demande à Obama de reconnaître l’Etat palestinien
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Jimmy Carter demande à Obama de reconnaître l’Etat palestinien

L’ancien président appelle dans le New York Times les Etats-Unis à soutenir les revendications palestiniennes

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Jimmy Carter, 39e président des Etats-Unis (1971 - 1975). (Crédit : Yoav Ari Dudkevitch/Flash90)
Jimmy Carter, 39e président des Etats-Unis (1971 - 1975). (Crédit : Yoav Ari Dudkevitch/Flash90)

WASHINGTON – L’ancien président américain Jimmy Carter a écrit un éditorial publié lundi dans le New York Times, dans lequel il implore le président Barack Obama de reconnaître officiellement un état palestinien avant que Donald Trump n’accède à la présidence en janvier.

Carter, qui a participé aux négociations des accords de Camp David de 1978, qui ont permis de conclure un accord de paix entre Israël et l’Egypte, a affirmé que la possibilité de consolider une solution à deux états entre Israéliens et Palestiniens déclinait en raison de l’activité d’implantations continue en Cisjordanie.

Le livre controversé publié par Carter en 2006, Palestine: Peace Not Apartheid (Palestine : la paix, pas l’apartheid) désignait Israël comme un état d’apartheid « avec deux peuples occupant la même terre, mais totalement séparés l’un de l’autre, avec les Israéliens totalement dominants et supprimant la violence en privant les Palestiniens de leurs droits fondamentaux. »

Bien que le 39e président des Etats-Unis n’ait pas répété son accusation d’un apartheid israélien dans sa dernière remarque sur le conflit, il juge néanmoins qu’Israël est le seul responsable de sa perpétuation.

Avec seulement huit semaines avant que Trump ne prenne le pouvoir, Carter a insisté pour que le président sortant ressuscite les négociations entre Israéliens et Palestiniens en accordant aux Palestiniens une reconnaissance unilatérale de leur état.

« Je suis convaincu que les Etats-Unis peuvent toujours façonner le futur du conflit israélo-palestinien avant le changement de président, mais le temps nous est compté, a-t-il écrit. La mesure, simple mais vitale, que cette administration doit prendre avant que son mandat n’expire le 20 janvier est d’accorder une reconnaissance diplomatique américaine à l’Etat de Palestine, comme l’ont déjà fait 137 pays, et aider à finaliser son adhésion totale aux Nations unies. »

Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne (à doite) avec l'ancien président américain Jimmy Carter, à Ramallah, le 2 mai 2015. (Crédit : AFP/Pool/Abbas Momani)
Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne (à doite) avec l’ancien président américain Jimmy Carter, à Ramallah, le 2 mai 2015. (Crédit : AFP/Pool/Abbas Momani)

« L’engagement pour la paix est menacé d’abrogation, a-t-il poursuivi. Israël construit de plus en plus d’implantations, déplaçant les Palestiniens et enracinant son occupation des terres palestiniennes. »

Ce n’est pas la première fois que Carter publie un éditorial critiquant Israël et promouvant la cause palestinienne.

En août 2014, pendant la guerre entre Israël et le Hamas de cet été, il avait écrit dans le magazine Foreign Policy que la situation était une « catastrophe humanitaire », et que les Etats-Unis devraient reconnaitre « la légitimité en tant qu’acteur politique » du Hamas.

Le natif de Géorgie avait également encouragé le Conseil de sécurité des Nations unies à voter une résolution qui définirait les paramètres de résolution du conflit, ce qui impliquerait selon lui un retour aux lignes de 1967 et la condamnation de toutes les communautés israéliennes situées au-delà de la Ligne verte, qui seraient illégales.

Il a cité deux mesures qu’Obama a prises pendant son premier mandat et qui suggèreraient qu’adopter une telle initiative serait cohérent avec la politique précédente du président : sa demande en 2009 que le Premier ministre Benjamin Netanyahu place un moratoire de dix mois sur la construction dans les implantations de Cisjordanie, et son discours de 2011 dans lequel il avait déclaré que « les frontières d’Israël et de la Palestine devraient être basées sur les lignes de 1967. »

Carter a cependant laissé de côté la suite de la phrase d’Obama dans ce discours.

La phrase complète est la suivante : « nous pensons que les frontières d’Israël et de la Palestine devraient être basées sur les lignes de 1967 avec des échanges mutuellement acceptés, pour que des frontières sûres et reconnues soient mises en place pour les deux états. »

Le président américain Barack Obama au Jerusalem Convention Center, le 21 mars 2013. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le président américain Barack Obama au Jerusalem Convention Center, le 21 mars 2013. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Le poids combiné d’une reconnaissance des Etats-Unis, d’une adhésion aux Nations unies et d’une résolution du Conseil de sécurité solidement ancrée dans le droit international poserait les bases de la future diplomatie », a écrit Carter.

Ces derniers mois, certains ont supposé qu’Obama pourrait prendre une dernière mesure pour la paix ou la reconnaissance avant d’achever son mandat, afin de promouvoir sa vision d’une solution à deux états.

Le président élu Trump a présenté des opinions contradictoires sur le rôle qu’il veut jouer dans le conflit, mais a déclaré de nombreuses fois qu’il aimerait parvenir à un accord de paix entre les deux parties.

Dans son plus récent entretien avec le New York Times, il avait déclaré qu’il « aimerait être capable d’être celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens. »

Il a également suggéré que Jared Kushner, son gendre juif orthodoxe, pourrait être envoyé spécial pour la paix au Moyen Orient.

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