Jordanie : Hamza, le prince qui a vu le trône lui échapper deux fois
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Jordanie : Hamza, le prince qui a vu le trône lui échapper deux fois

Le prince a été "appelé à arrêter les activités qui pourraient être utilisées pour porter atteinte à la stabilité et la sécurité du royaume"

Le prince Hamza de Jordanie à Copenhague pour la COP 15, le 17 décembre 2009. (AFP / Archives)
Le prince Hamza de Jordanie à Copenhague pour la COP 15, le 17 décembre 2009. (AFP / Archives)

Fils aîné du roi Hussein et de sa dernière épouse, américaine, le prince Hamza a vu l’opportunité de devenir roi lui échapper à deux reprises : Une première fois lorsque son père le roi Hussein de Jordanie est mort alors qu’il était trop jeune pour le remplacer, une deuxième fois quand son frère, le roi Abdallah II, l’a écarté.

Dans une vidéo transmise samedi soir à la BBC par son avocat, le prince Hamza a affirmé que le chef d’état-major de l’armée s’était rendu à son domicile et lui avait signifié qu’il n’était « pas autorisé à sortir ». Il a nié avoir pris part à un complot et accusé les autorités de son pays de « corruption » et d' »incompétence ».

Dans un communiqué, le chef d’état-major, le général Youssef Huneiti, a lui précisé que le prince avait été « appelé à arrêter les activités qui pourraient être utilisées pour porter atteinte à la stabilité et la sécurité du royaume ».

D’après un analyste jordanien qui ne veut pas être identifié pour des raisons de sécurité, le prince Hamza avait, ces derniers temps, « multiplié devant son cercle d’amis les critiques contre ce qu’il qualifiait de corruption au sein du pouvoir ».

Selon cette même source, « il y a certainement de la rancœur de sa part, car il n’a jamais digéré d’avoir perdu son titre de prince héritier », il y a plus de 15 ans.

Hamza, 41 ans depuis le 29 mars, est le dernier fils du roi Hussein, né d’un quatrième et ultime mariage avec la reine Noor, d’origine américaine.

Née Lisa Halaby, la mère du prince Hamza n’a que 24 ans lorsqu’elle arrive en Jordanie en 1976, et à peine deux années de plus lorsqu’elle épouse le roi Hussein.

Elle le restera jusqu’à devenir veuve, à la mort du souverain deux décennies plus tard.

Le prince Hamza va lui effectuer des études secondaires à Londres avant d’intégrer l’académie militaire Sandhurst, où il accompli un parcours brillant… comme avant lui son demi-frère Abdallah, de 18 ans son aîné.

Il embrasse une carrière militaire et sert même en ex-Yougoslavie dans une unité jordano-émiratie, avant d’être d’être diplômé de Harvard. Sportif accompli, il était aussi un pilote émérite, comme le fut son père.

« Trop jeune » 

En course pour la succession, la maladie du roi Hussein va toutefois se jouer de ses ambitions.

A la mort du souverain, en février 1999, Hamza est trop jeune pour lui succéder. Abdallah, fils aîné de la reine Muna, deuxième épouse du roi, accède au trône.

Le roi Abdallah II de Jordanie, en novembre 2020. (YOUSEF ALLAN / AFP)

Conformément au désir exprimé par le défunt souverain, c’est toutefois Hamza qui hérite du titre de prince héritier.

La mesure ne sera toutefois que temporaire : cinq ans plus tard, le roi Abdallah II finit par lui retirer la succession, au profit de son propre fils Hussein.

Dans une lettre, le souverain se justifie auprès de son demi-frère par ses mots : « le fait que vous occupiez cette position symbolique (d’héritier) a restreint votre liberté et nous a empêchés de vous confier certaines responsabilités que vous êtes pleinement qualifié pour assumer ».

Mais Hamza ne voit sûrement pas les choses d’un même oeil.

« La chance de devenir roi lui a échappé à deux reprises, quand son père est mort prématurément – il était trop jeune – et quand son frère lui a retiré son titre » d’héritier, résume l’expert interrogé par l’AFP.

Le 2 juillet 2009, Abdallah II confirme son fils aîné Hussein comme successeur.

Hamza, un passionné d’écologie père de cinq filles et d’un garçon, s’éloigne peu à peu des premiers cercles du pouvoir.

Malgré tout, ce samedi, « son sang royal lui a évité la prison », avance l’expert : « Car dans la famille régnante, on n’emprisonne pas un prince, on l’écarte. »

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