Kakhol lavan soutient la solution à deux États pour se séparer des Palestiniens
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Kakhol lavan soutient la solution à deux États pour se séparer des Palestiniens

Ofer Shelah de Yesh Atid, qui a participé à la rédaction du programme du parti, a déclaré que Netanyahu avait laissé passer une "opportunité historique"

Le député Ofer Shelah (Yesh Atid) prend la parole lors d'une réunion de la Commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset le 19 novembre 2015. (Miriam Alster/Flash90)
Le député Ofer Shelah (Yesh Atid) prend la parole lors d'une réunion de la Commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset le 19 novembre 2015. (Miriam Alster/Flash90)

Jeudi, le député Ofer Shelah de Yesh Atid, l’un des trois rédacteurs du programme de campagne de Kakhol lavan, a déclaré que le parti œuvrerait pour faire avancer un « processus régional » qui permettrait à Israël de se « séparer des Palestiniens » et de conduire à la formation de « deux États » – dans la première déclaration claire de soutien à la solution à deux États par un responsable important depuis la formation du parti.

Kahkol lavan est l’alliance de trois partis politiques, Hossen LeYisrael, Yesh Atid et Telem, qui vise à remplacer le parti au pouvoir du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Alors que Kakhol lavan devance le Likud dans les récents sondages, on ne sait pas clairement si le parti centriste aura suffisamment de voix pour former une coalition à la Knesset.

Mercredi, le parti a publié son programme politique tant attendu. Il défend une Jérusalem « unifiée » comme capitale d’Israël, un contrôle israélien permanent de la vallée du Jourdain et le maintien des implantations en Cisjordanie, mais aussi une volonté d’entrer dans des négociations avec les Palestiniens.

Le parti n’a pas exprimé de soutien explicite à un État palestinien. Néanmoins, le leader de Yesh Atid Yair Lapid a réitéré son soutien de principe à une solution à deux États lors d’une rencontre Times of Israel mercredi soir.

Dans un entretien accordé jeudi à la Radio de l’Armée, Shelah a déclaré : « Kakhol lavan conduira un processus régional, profitant d’une opportunité historique qui se trouve devant nous pour faire deux choses.

Premièrement, il abordera la question de la place d’Israël au Moyen-Orient, un élément non moins important [que le conflit avec les Palestiniens] parce que l’on assiste à la transformation du Moyen-Orient, nous et ces partenaires qui partagent nos intérêts en sont exclus. Deuxièmement, le parti sauvera le processus de séparation des Palestiniens qui se trouve actuellement dans une impasse et fera bouger les choses.

Alors que Gantz, le chef du parti Kakhol lavan, s’est seulement exprimé en des termes très vagues sur le résultat final qu’il souhaitait obtenir dans sa volonté de se séparer des Palestiniens – son rival Netanyahu a semblé soutenir différentes positions au fil du temps – Shelah a été catégorique lors de l’interview : la séparation impliquerait un État palestinien dans une grande partie de la Cisjordanie.

Le processus de séparation soutenu régionalement, a-t-il déclaré, « conduira, au final, à deux États parce qu’il n’y a pas d’autre moyen d’obtenir la séparation des Palestiniens ».

Benny Gantz et Yair Lapid de la toute nouvelle alliance Kakhol lavan lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 21 février 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Il a accusé Netanyahu d’avoir laissé passer une « opportunité historique » ces huit dernières années pour un tel accord régional.

« Sous nos yeux, pendant huit ans, nous avons cette opportunité historique qui se trouvait devant nous… et Benjamin Netanyahu l’a laissée passer ».

Le manque d’avancées est mauvais pour la sécurité d’Israël, a-t-il déclaré. C’est ce qui « nous a conduit à la situation humiliante à Gaza, où le Hamas contrôle la réalité, décide d’une prochaine guerre ou non et s’assure que le processus de séparation des Palestiniens soit complètement bloqué, y compris du côté palestinien ».

Dimanche, Gantz a déclaré lors d’une rencontre informelle devant ses militants, furtivement enregistrée par la Douzième chaîne, que les principales implantations ne seraient évacuées dans un aucun accord avec les Palestiniens. Il a cependant déclaré qu’il cherchait des moyens de se séparer des Palestiniens et pensait que tout accord devrait être soumis à un référendum national.

« Nous ne voulons pas contrôler les Palestiniens, et nous ne voulons aucune solution qui transformerait l’État en un État binational. Nous trouverons l’accord qui garantira notre sécurité », a-t-il promis.

Interrogé sur l’avenir des implantations et un possible retrait israélien de zones de la Cisjordanie, il a déclaré qu’une « bonne partie [du projet] d’implantation sera encore plus développé qu’il ne l’est aujourd’hui », si Kakhol lavan arrivait au pouvoir. »Si c’est pertinent, nous discuterons de ce que nous ferons ensuite. Et même cela, nous le soumettrons à un référendum. En d’autres termes, ce n’est pas quelque chose qui sera concret demain matin, et peut-être que cela ne sera jamais concret ».

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