Kakhol lavan va devancer le Likud, prédit l’opposition israélienne
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Kakhol lavan va devancer le Likud, prédit l’opposition israélienne

Un député Yesh Atid assure que les partis ayant exclu la possibilité de siéger avec Gantz changeront de rengaine après les élections ; des élus travaillistes semblent d'accord

De gauche à droite : les dirigeants de Kakhol lavan Gabi Ashkenazi, Yair Lapid, Benny Gantz et Moshe Yaalon visitent un centre commercial dans la ville portuaire d'Ashdod, le 8 mars 2019. (Crédit : Flash90)
De gauche à droite : les dirigeants de Kakhol lavan Gabi Ashkenazi, Yair Lapid, Benny Gantz et Moshe Yaalon visitent un centre commercial dans la ville portuaire d'Ashdod, le 8 mars 2019. (Crédit : Flash90)

Samedi, des personnalités de l’opposition ont paru confiants quant à la probabilité que Kakhol lavan soit chargé de former le prochain gouvernement après les élections d’avril, mettant un terme à une décennie de domination de la scène politique israélienne par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Kakhol lavan, l’alliance qui regroupe le parti Hossen LeYisrael de l’ancien chef de l’armée Benny Gantz et le parti centriste Yesh Atid de Yair Lapid, est annoncé en tête dans les sondages devant le Likud au pouvoir à l’approche des élections du 9 avril. Les sondages indiquent toutefois que Kakhol lavan aurait des difficultés à rassembler un gouvernement de majorité sans le soutien de partenaires de droite et religieux de Netanyahu.

Samedi, malgré ces vents contraires, des membres du parti Kakhol lavan semblaient confiants à l’idée que le président Reuven Rivlin chargerait Gantz de former le prochain gouvernement.

« S’il y a un avantage [en nombre de sièges] comme c’est le cas aujourd’hui – ou même plus grand – le président demandera à Gantz de former le prochain gouvernement », a déclaré le député de Yesh Atid Ofer Shelah cité par la chaîne publique Kan. Selon les sondages, Kakhol lavan obtiendrait approximativement 35 sièges, devant le Likud,qui en décrocherait 30.

Le député Ofer Shelah (Yesh Atid) s’exprime lors d’une conférence de presse sur ce que l’on appelle la « loi sur la conscription » à Tel Aviv le 12 septembre 2017. (Miriam Alster/Flash90)

Reconnaissant que les partis de l’opposition actuelle ont exclu de rejoindre un gouvernement dirigé par Gantz, Shelah a déclaré qu’ils changeront d’avis si le général à la retraite est chargé de former un gouvernement de majorité.

« Nous avons vu comment les ultra-orthodoxes regardent l’opposition. Au minimum, il viendront nous parler, et je dis cela en m’appuyant sur ce que je sais », a-t-il déclaré.

Selon la loi israélienne, le président consulte les chefs de tous les partis de la Knesset après les élections, et demande ensuite au responsable politique dont on pense qu’il a la meilleur chance de former un gouvernement de lancer des négociations de coalition. Cet individu n’est pas forcément à le chef du parti arrivé en tête des élections.

Ram Ben-Barak, candidat de Kakhol lavan et ancien assistant en chef du Mossad, a déclaré samedi que l’alliance électorale conduite par Gantz et Lapid était « la seule alternative » à Netanyahu.

« Netanyahu ne mérite pas d’être Premier ministre. La coalition idéale est avec un Likud sans Netanyahu, le Parti travailliste et quiconque voulant nous rejoindre », a-t-il dit à un événement organisé dans la ville du nord de Kiryat Tivon.

Ben-Barak a répété que Kakhol lavan ne siégerait pas dans un gouvernement avec Netanyahu, qui est visé par des accusations criminelles dans trois affaires de corruption sous réserve d’une audience, ou avec des partis qui ne soutiennent pas l’existence d’Israël. Pourtant, Gantz et Lapid ont déclaré qu’il chercheraient à s’associer à un Likud post-Netanyahu.

L’ancienne présentatrice télé Miki Haimovich, une autre candidate de Kakhol lavan, a également semblé très enthousiaste quant à la capacité de son parti à remplacer Netanyahu.

« Dans les prochaines élections, il y a une opportunité qu’il n’y avait pas dans le passé, celle de disposer d’un nouveau gouvernement qui travaille pour les citoyens », a-t-elle déclaré lors d’un événement culturel organisé dans la ville de Givat Shmuel du centre du pays.

« Le peuple veut ce changement », a ajouté Haimovich.

L’ancienne présentatrice de télévision Miki Haimovich et candidate de Kakhol lavan. (Crédit : Yanai Yechiel)

S’exprimant lors du même événement, l’élue travailliste Shelly Yachimovich a déclaré que son parti recommanderait « clairement » Gantz comme prochain premier ministre.

« D’un côté, je veux vraiment réussir à changer le gouvernement, mais de l’autre côté, je m’inquiète de mon propre parti », a-t-elle dit au site d’information Walla.

Le parti travailliste, longtemps une figure politique importante en Israël, s’est effondré de ses 19 sièges actuels à un résultat inférieur à 10 dans la plupart des sondages, au milieu de guerres internes et dans le sillage de la popularité croissante de Gantz.

Reconnaissant le déclin du parti, le député travailliste Omer Barlev a déclaré qu’il jouerait un rôle important dans la coalition dirigée par Gantz.

« Le président chargera Benny Gantz de former un gouvernement et un parti travailliste fort sera la conscience et la boussole sociale et diplomatique dans le chaos idéologique qu’est Kakhol lavan », a-t-il déclaré dans une citation de Kan.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’entretient avec le parlementaire Tzachi Hanegbi au cours d’une rencontre du parti du Likud à la Knesset le 8 février 2016 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Malgré la confiance du centre gauche, le ministre du Likud Tzachi Hanegbi a souligné que l’élection serait une « bataille de blocs ». Il garde espoir que le parti au pouvoir soit en capacité de former une coalition.

Selon Kan, Hanegbi s’est également dit optimiste qu’un certain nombre de petits partis de droite franchiront le seuil électoral de 3,25 % des voix nécessaire pour entrer dans la Knesset de 120 sièges. Cela renforcerait les chances de Netanyahu de garder son poste de Premier ministre après les élections.

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