Ken Loach dit avoir été exclu du Labour
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Ken Loach dit avoir été exclu du Labour

"La direction du Labour a fini par décider que je ne suis pas apte à être membre de leur parti car je ne veux pas désavouer ceux qui ont déjà été exclus", a écrit le réalisateur

Le réalisateur britannique Ken Loach participe à une conférence de presse avant de recevoir un diplôme honorifique de l'université bruxelloise ULB à Bruxelles le jeudi 26 avril 2018. L'université avait fait l'objet de vives critiques affirmant qu'elle était trop tolérante en décernant à Loach un doctorat honorifique, depuis le réalisateur accusé par le passé d'antisémitisme. (Crédit : AP/Geert Vanden Wijngaert)
Le réalisateur britannique Ken Loach participe à une conférence de presse avant de recevoir un diplôme honorifique de l'université bruxelloise ULB à Bruxelles le jeudi 26 avril 2018. L'université avait fait l'objet de vives critiques affirmant qu'elle était trop tolérante en décernant à Loach un doctorat honorifique, depuis le réalisateur accusé par le passé d'antisémitisme. (Crédit : AP/Geert Vanden Wijngaert)

Le cinéaste britannique Ken Loach, connu pour son activisme anti-Israël et ses déclarations controversées sur la Shoah, a annoncé samedi avoir été exclu du Parti travailliste, dénonçant une « chasse aux sorcières » au sein du principal mouvement d’opposition au Royaume-Uni, en proie à de vives divisions entre direction centriste et aile gauche extrémiste.

« La direction du Labour a fini par décider que je ne suis pas apte à être membre de leur parti car je ne veux pas désavouer ceux qui ont déjà été exclus », a écrit le réalisateur de 85 ans sur Twitter.

Interrogé par l’AFP, le Labour n’avait pas commenté samedi à la mi-journée.

Le cinéaste lauréat de la Palme d’or à Cannes en 2006 pour « Le vent se lève », était proche de la direction précédente du parti menée par le très controversé Jeremy Corbyn.

Après la défaite historique subie par le parti aux législatives de 2019, ce dernier a été remplacé par le centriste Keir Starmer.

Photo d’illustration : Keir Starmer, à gauche, et Jeremy Corbyn à la Chambre des Communes de Londres, le 26 novembre 2018. (Crédit : House of Commons / PA via AP)

Après un rapport accablant dénonçant le « manque de volonté » de la direction du Labour de s’attaquer à l’antisémitisme dans ses rangs, Keir Starmer a suspendu son prédécesseur, qui en remettait en cause certaines conclusions, puis l’a exclu du groupe parlementaire.

Depuis, les tensions restent vives entre la direction, accusée de ne pas avoir de stratégie claire, et l’aile gauche extrémiste, dont quatre mouvements ont été exclus le mois dernier car « non compatibles » avec les valeurs du Labour.

« Je suis fier de me tenir aux côtés de mes bons amis et de mes camarades victimes de la purge », a déclaré Ken Loach samedi. « Starmer et sa clique ne dirigeront jamais un parti du peuple ».

Ces tensions annoncent un congrès annuel difficile le mois prochain pour Keir Starmer, qui espère donner un nouveau souffle à sa direction lors de l’événement après des débuts difficiles dans un contexte de pandémie de coronavirus.

A la question de savoir si nier l’Holocauste était acceptable, le cinéaste engagé à gauche avait répondu, dans une interview en septembre 2017 à la BBC, en marge d’un congrès du Labour au Royaume-Uni, : « Je pense que l’histoire est là pour être discutée par nous tous […]. La fondation de l’Etat d’Israël, basée sur le nettoyage ethnique, peut être débattue par nous tous, le rôle d’Israël aujourd’hui est à débattre, donc n’essayez pas de noyer cela sous de fausses accusations d’antisémitisme ».

Des propos qu’il avait cherché à éclaircir quelques jours plus tard, selon Libération, à travers deux tweets : « L’Holocauste est aussi réel que la Seconde Guerre mondiale elle-même et ne peut être remis en cause. Mais l’histoire appartient à nous tous, a-t-il dit, seul un esprit retors oserait suggérer que je puisse soutenir des révisionnistes, qui nient l’Holocauste. Il est en soi remarquable que je sois contraint de le préciser – un signe de l’époque ? ».

Loach avait été accusé dans une tribune signée par 650 personnalités et parue dans le quotidien belge L’Echo de « falsifier l’histoire à des fins politiques » en évoquant la collaboration de certains dirigeants sionistes avec les Nazis à Budapest en 1944, sujet central de la pièce de théâtre, Perdition, en 1987.

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En juillet 2017, Ken Loach avait nié l’hypocrisie de ses appels au boycott culturel d’Israël, disant que « chaque centime » touché sur les projections israéliennes de ses films financerait le mouvement de boycott anti-Israël. Son producteur avait précisé que les ventes israéliennes avaient été faites par erreur.

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