Kerry fustige “l’attention excessive et le parti-pris” du Conseil des droits de l’Homme envers Israël
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Kerry fustige “l’attention excessive et le parti-pris” du Conseil des droits de l’Homme envers Israël

Le diplomate américain préfère se concentrer sur les violations des droits de l’Homme plutôt que sur Israël

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry lors d'une audience devant la Commission des affaires étrangères au Sénat américain, à Washington D.C., le 23 juillet 2015. (Crédit : Alex Wong/Getty Images/AFP)
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry lors d'une audience devant la Commission des affaires étrangères au Sénat américain, à Washington D.C., le 23 juillet 2015. (Crédit : Alex Wong/Getty Images/AFP)

WASHINGTON – Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a sévèrement réprimandé le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, peu après la réélection des Etats-Unis comme membre du Conseil samedi.

« Bien que d’importants défis soient toujours présents, notamment la fin de l’attention excessive et du parti-pris du Conseil envers Israël, nous attendons de coopérer avec les autres membres du Conseil pour traiter des préoccupations sur les droits de l’Homme, faire progresser les droits de l’Homme dans le monde, et assurer que le Conseil remplisse pleinement ses objectifs », a déclaré Kerry.

Les remarques de Kerry ont été faites à New York après l’élection par l’Assemblée générale des Nations unies des 14 nouveaux membres du Conseil.

En plus des Etats-Unis, le Brésil, la Croatie, l’Egypte, la Hongrie, l’Irak, le Japon, le Rwanda, la Tunisie, Cuba, l’Arabie saoudite, la Chine, l’Afrique du Sud et la Grande-Bretagne ont été élus.

Israël est le seul pays qui occupe en permanence une place sur l’agenda du Conseil et entraîne souvent des invectives anti-Israël de la part des états arabes et musulmans.

L’ONU rejette la candidature de Moscou au Conseil des droits de l’homme

L’Assemblée générale de l’ONU a créé la surprise vendredi en rejetant de justesse la candidature au Conseil des droits de l’homme de la Russie, critiquée pour sa campagne militaire en Syrie par des organisations humanitaires.

La Russie, la Croatie et la Hongrie étaient en lice pour deux sièges réservés à l’Europe de l’Est.

Moscou n’a obtenu que 112 voix contre 114 pour la Croatie et 144 pour la Hongrie, sur 193 pays membres.

De nombreuses ONG avaient appelé à ne pas réélire la Russie pour un deuxième mandat de trois ans en raison de son soutien au régime de Bachar al-Assad.

L’Arabie saoudite, elle aussi dénoncée par des ONG pour sa campagne de bombardements au Yémen, a par contre été réélue avec 152 voix. Le royaume était quasiment assuré d’un siège, quatre pays se disputant quatre sièges dans sa zone géographique. Mais il a fait mieux qu’à son élection précédente en 2013, avant la guerre au Yémen, où il avait recueilli 140 voix.

« Il s’agit clairement d’un signal d’alarme pour Moscou », a déclaré à l’AFP le directeur de Human Rights Watch à Genève John Fisher, en souhaitant « que le message soit entendu ».

« Il est difficile de croire que les gens qui ont voté aujourd’hui n’avaient pas en tête la situation à Alep », a souligné Akshaya Kumar, directrice adjointe de HRW pour l’ONU à New York.

L’ambassadeur russe à l’ONU Vitali Tchourkine a minimisé ce camouflet, l’attribuant aux « vents contraires de la diplomatie internationale ». « Nous avons siégé longtemps (au Conseil), nous avons besoin de faire une pause », a-t-il plaisanté.

« Ils bombardent un hôpital un jour et veulent entrer au Conseil des droits de l’homme le lendemain, et ils s’étonnent de pas être choisis ? », a ironisé un diplomate occidental.

C’est la deuxième fois seulement, après les Etats-Unis en 2001, qu’une grande puissance est ainsi écartée du Conseil ou de son ancêtre, la Commission des droits de l’homme.

Parmi les autres pays élus ou réélus vendredi figurent les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, l’Egypte, l’Irak, l’Afrique du Sud, Cuba, le Japon ou la Tunisie.

Ils prendront leur siège en janvier 2017 pour trois ans.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry s’est félicité de la réélection des Etats-Unis, entrés au Conseil en 2009. Mais il n’a pas dit un mot sur le camouflet infligé à la Russie.

Le Conseil, qui siège à Genève depuis 2006, est composé de 47 pays. Il est l’organe principal du système onusien en matière de droits de l’homme.

Il est notamment chargé de passer en revue la situation des droits de l’homme dans chacun des Etats membres de l’ONU; une fois tous les quatre ans.

Plus de 80 organisations humanitaires avaient exhorté lundi les pays de l’ONU à rejeter la candidature de la Russie, faisant valoir qu’elle « soutient et entreprend (en Syrie) des activités militaires qui ont ciblé systématiquement des civils et des objectifs civils ».

L’élection et la réélection d’autres pays a aussi fait réagir le directeur de l’ONG UN Watch, basée à Genève, Hillel Neuer.

« Choisir l’Arabie saoudite comme arbitre des droits de l’homme c’est comme nommer un pyromane chef des pompiers », a-t-il affirmé.

UN Watch estime aussi que la Chine, Cuba ou l’Egypte « ne sont pas qualifiés » pour siéger au Conseil.

Ryad conduit une coalition arabe au Yémen qui soutient le gouvernement, en lutte contre les rebelles chiites Houthis. Elle est accusée d’avoir bombardé des objectifs civils.

Le Conseil a déjà connu des élections controversées. Ainsi, la Libye de Mouammar Kadhafi avait été élue en mai 2010 à une large majorité, avant d’être suspendue en 2011 — une première — à la suite de la répression menée contre les opposants.

L’AFP a contribué à cet article.

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