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Kohavi dénonce le refus fait à une soldate de diriger la cérémonie au mur Occidental

Le chef militaire a qualifié l'incident de "violation de nos valeurs" ; "les commandants ne peuvent pas être influencés par des parties extérieures à la chaîne de commandement"

Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, s’exprime depuis une base militaire en Cisjordanie, le 11 mai 2022. (Crédit : Armée israélienne)
Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, s’exprime depuis une base militaire en Cisjordanie, le 11 mai 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef d’état-major de Tsahal , Aviv Kohavi, a dénoncé mercredi l’interdiction faite à une femme officier de diriger une cérémonie de prestation de serment au mur Occidental la semaine dernière, la qualifiant de « violation de nos valeurs ».

Dans une lettre adressée aux soldats, Kohavi a déclaré que l’incident de la semaine dernière « contredit complètement l’esprit de Tsahal » et « viole les valeurs sur lesquelles l’armée est basée ».

Kohavi a noté que l’égalité est au cœur des valeurs fondamentales des Tsahal, affirmant que les distinctions entre hommes et femmes « ne peuvent être faites que sur une base professionnelle et factuelle. »

« Les femmes servent dans l’armée, elles sont essentielles à l’armée et leur service est essentiel pour Tsahal « , a-t-il déclaré, ajoutant qu’elles « sont commandants, elles sont instructeurs, elles sont chercheurs, elles sont combattantes et elles accomplissent de nombreuses tâches différentes. »

Il a souligné que les questions militaires ne devraient pas être décidées par des parties extérieures. « Il est interdit aux commandants de Tsahal  d’être influencés par des groupes de pression ou des parties extérieures à la chaîne de commandement », a-t-il déclaré.

Le chef d’état-major a également déclaré qu’il comprenait les « dilemmes » professionnels et moraux auxquels les commandants sont confrontés, mais il leur a rappelé qu’il était de leur devoir de créer un environnement « sûr, juste et égal » pour tous les soldats.

Après la décision de dernière minute de retirer l’officier de la direction de la cérémonie, Tsahal a déclaré que ce revirement faisait suite à une demande de la Fondation du patrimoine du mur Occidental. Cet organisme gouvernemental est chargé de gérer le lieu saint et le fait dans le respect des coutumes orthodoxes, notamment en maintenant des zones de prière mixtes.

« L’officier pédagogique féminin de Tsahal qui avait prévu de diriger la cérémonie a été priée, par la fondation civile, de ne pas le faire », a déclaré Tsahal. « Les supérieurs sur place ont accepté cette demande, ce qui constitue une erreur de jugement des personnes présentes [et] qui n’ont pas consulté leurs commandants supérieurs. »

Illustration : Des soldats israéliens lors d’une cérémonie de prestation de serment au Mur occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 13 novembre 2019. (Crédit: Sara Klatt/Flash90)

Toutefois, les médias israéliens ont rapporté que la Fondation du patrimoine du mur Occidental avait explicitement demandé que la femme officier ne dirige pas la cérémonie.

L’armée a déclaré que l’incident ferait l’objet d’une enquête et a souligné qu’elle n’interdisait pas aux femmes de diriger des cérémonies officielles.

Dans sa réponse, la Fondation du patrimoine du mur Occidental a déclaré que les cérémonies militaires sur le site se déroulaient conformément aux directives de Tsahal et a attribué l’incident à un « malentendu ».

Les femmes servent dans de nombreux secteurs au sein de Tsahal, souvent aux côtés de leurs homologues masculins. Il existe également des unités de combat mixtes entièrement intégrées, telles que les bataillons Caracal et Bardelas, qui sont respectivement chargés de protéger la frontière d’Israël avec l’Égypte et la Jordanie. Dans l’armée de l’air, les femmes et les hommes servent ensemble dans les unités de défense aérienne, tel que le Dôme de fer – techniquement considéré comme une unité de combat.

Selon l’armée, Kohavi a approuvé vendredi dernier la recommandation du commandant de l’armée de l’air israélienne, le major-général Tomer Bar, concernant l’intégration des femmes combattantes dans l’unité d’élite héliportée de recherche et de secours 669.

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