L’ « objectif » d’Israël à Gaza est le renversement du Hamas, dit Liberman
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L’ « objectif » d’Israël à Gaza est le renversement du Hamas, dit Liberman

Le ministre de la Défense a expliqué que le but était d'attirer les Gazaouis par le biais d'avantages économiques ; Bennett a rejeté tout accord avec le groupe terroriste

Le ministre de la Défense vient voir une batterie anti-missile Patriot stationnée dans le nord d'Israël le 2 août 2018 (Crédit : Basel Awidat/ Flash90)
Le ministre de la Défense vient voir une batterie anti-missile Patriot stationnée dans le nord d'Israël le 2 août 2018 (Crédit : Basel Awidat/ Flash90)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a affirmé dimanche que le « but » poursuivi par son gouvernement pour Gaza était le renversement des dirigeants du Hamas pour permettre aux résidents palestiniens de l’enclave côtière de profiter des avantages économiques de la paix avec Israël.

Ses propos ont été tenus alors que le ministre de l’Education Naftali Bennett a critiqué le gouvernement pour avoir presque finalisé, selon certaines informations, un cessez-le-feu avec le groupe terroriste.

« Depuis le retrait [de Gaza en 2005], le public israélien se pose une seule question, qu’il pose également au cabinet de sécurité – que deviendra finalement la bande de Gaza ? », a écrit Liberman sur Facebook. « Y a-t-il une solution ? Quel est le but que nous poursuivons dans la bande de Gaza – un périmètre de 365 kilomètres carré occupé par environ deux millions d’habitants, l’un des lieux les plus peuplés dans le monde ? »

Il a expliqué que son objectif était « de chasser du pouvoir le groupe terroriste du Hamas ou de le forcer à modifier son approche, c’est-à-dire à reconnaître le droit à l’existence d’Israël et à accepter les principes de la reconstruction en échange de la démilitarisation ».

Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, a précisé qu’il y avait deux moyens d’atteindre ce résultat – une campagne militaire dans laquelle Israël paierait un prix élevé en termes de victimes, ou l’approche qu’il préfère, à savoir, permettre au peuple de Gaza de renverser le leadership du Hamas.

« Ils ne seront jamais sionistes mais ils préféreront les bénéfices de la coopération économique et d’un meilleur mode de vie dans l’enclave à la confrontation ininterrompue qui ne résulte qu’en la souffrance continue de la majorité de la population », a-t-il indiqué en évoquant les Gazaouis.

Le ministre de la Défense a par ailleurs précisé que la clé du problème ne se trouvait pas dans des décisions à court-terme mais dans une stratégie de longue haleine visant l’amélioration des conditions de vie des deux côtés de la frontière.

Le ministre de l’Éducation, Naftali Bennett, s’adresse à la presse avant la réunion hebdomadaire du cabinet du Premier ministre à Jérusalem le 25 mars 2018. (Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)

Liberman s’est tourné vers les réseaux sociaux peu de temps après que Naftali Bennett, ministre appartenant au cabinet de sécurité, a fait un discours dans lequel il rejetait toute possibilité de trêve avec le Hamas et dans lequel il comparait également les tactiques adoptées par le groupe à un racket mafieux de protection.

« Il y a environ cent ans, la mafia italienne est apparue aux Etats-Unis. Déguisée en entreprise, sabotant les firmes, les incendiant, menaçant leurs employés puis offrant aux gérants une protection en échange d’argent sonnant et trébuchant. Et on appelait cela une protection », a expliqué le chef du parti HaBayit HaYehudi lors de l’inauguration de l’école de médecine de l’université d’Ariel. « Et c’est ce que le Hamas s’efforce de faire avec Israël aujourd’hui ».

Il a affirmé que tout accord avec le groupe terroriste mènerait à la guerre.

« Pendant 140 jours, le Hamas a incendié nos champs et nos implantations. Il a lancé des centaines de roquettes sur nos villes. Il a ouvert le feu sur nos soldats. Puis il nous dit : ‘Voilà nos demandes, si vous y répondez, nous arrêterons’, »a-t-il déclaré. « Mesdames, messieurs, accéder à leurs demandes (et accepter de payer cette protection) nous mènera à la guerre ».

« L’Etat d’Israël ne doit pas plier face aux menaces du Hamas. Le Hamas doit comprendre qu’il paiera un prix terrible pour tout préjudice causé aux citoyens israéliens. Le Hamas doit avoir peur de nous faire du mal, pas en bénéficier », a ajouté Bennett.

Bennett a toutefois souligné qu’il ne prônait pas l’envoi de soldats israéliens dans l’enclave pour combattre le Hamas.

« Toute attaque du Hamas ne nécessite pas une incursion terrestre à Gaza. Je m’oppose à ce stade à une telle incursion », a-t-il poursuivi.

Liberman et Bennett s’opposent actuellement en ce qui concerne Gaza et la sécurité d’Israël.

Le ministre des Affaires stratégiques Gilad Erdan assiste à une réunion du comité à la Knesset, le 2 juillet 2018. (Hadas Parush/Flash90)

Pour sa part, le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a défendu les efforts gouvernementaux visant à prévenir une escalade des hostilités à Gaza et à éviter une opération terrestre.

Répondant à certains ministres qui réclamaient des frappes aériennes plus agressives en réponse aux attaques aux ballons incendiaires lancés depuis Gaza, il a indiqué à la radio militaire dimanche matin qu’une telle initiative pourrait entraîner un conflit terrestre au sein de l’enclave côtière.

« Nous devons comprendre que le Hamas répondra aux frappes par des roquettes et des missiles à la périphérie de Gaza et que nous n’aurons aucun autre choix que celui de lancer une vaste incursion sur le terrain dans la bande », a expliqué Erdan.

Vendredi, un responsable du Hamas a déclaré que des entretiens portant sur une trêve avec Israël se trouvaient dans leur « dernière ligne droite » même si Liberman a pour sa part souligné que Jérusalem ne négociait pas directement avec le groupe.

De la fumée d’un pneu s’élève lors d’une manifestation des Palestiniens sur la frontière avec Israël, à l’est de Gaza City, le 17 août 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

L’annonce faite par le responsable du Hamas a spécifié vendredi que les négociations d’un accord de cessez-le-feu à long-terme négocié par l’Egypte et les Nations unies étaient « dans leur dernière ligne droite ». La chaîne libanaise Al-Mayadeen a cité Kahlil al-Hayya qui aurait précisé que cette trêve viendrait suivre des accords établis à la fin de la guerre de 2014 entre les deux belligérants. Il n’a pas donné de détails.

Al-Hayya a ajouté que le Hamas soutenait la conclusion d’une trêve.

Ces derniers mois, il y a eu des séries répétés de violences intenses entre l’Etat juif et le Hamas, ainsi que des manifestations hebdomadaires organisées sur la frontière avec Gaza qui ont été l’occasion d’émeutes, d’attaques lancées contre les soldats israéliens et de tentatives d’infiltration et de sabotage de la clôture frontalière.

Au moins 160 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis le commencement des manifestations hebdomadaires. Le Hamas a reconnu que des dizaines de morts appartenaient à ses rangs.

Un soldat israélien a été tué par un sniper palestinien.

En plus des affrontements frontaliers, le sud d’Israël a été en proie à des centaines d’incendies suite au lancement de ballons et de cerfs-volants lestés des combustibles envoyés au-delà de la frontière avec Gaza. Plusieurs milliers d’hectares de terre ont brûlé, entraînant des millions de shekels de dégâts, selon les responsables israéliens.

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