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La chaise jetée par un rabbin du Texas sur son agresseur sera exposée dans unmusée

« La tasse et la chaise » de la prise d’otages de la synagogue de Colleyville feront partie d’une nouvelle exposition sur le nouveau visage de l'antisémitisme en Amérique

La chaise et la tasse de thé de la synagogue Colleyville, Texas, lieu de la prise d’otages, entreront dans le musée d’histoire juive américaine à Philadelphie. (Crédit : Images reproduites avec l’aimable autorisation du Weitzman National Museum of American Jewish History et Emil Lippe/Getty Images; Illustration photo par Mollie Suss)
La chaise et la tasse de thé de la synagogue Colleyville, Texas, lieu de la prise d’otages, entreront dans le musée d’histoire juive américaine à Philadelphie. (Crédit : Images reproduites avec l’aimable autorisation du Weitzman National Museum of American Jewish History et Emil Lippe/Getty Images; Illustration photo par Mollie Suss)

(JTA) – Lors de sa première rencontre avec l’étranger qui allait bientôt le tenir sous la menace d’une arme, le rabbin héros de la prise d’otages de la synagogue en janvier dernier lui avait servi une tasse de thé.

Onze heures plus tard, dans une tentative d’évasion audacieuse, le rabbin lui jetait une chaise au visage.

La tasse de thé et la chaise, objets qui racontent et symbolisent la terrifiante prise d’otages survenue dans la synagogue Beth Israel à Colleyville, au Texas, sont désormais des œuvres d’art, témoins d’une certaine expérience juive américaine.

La congrégation Beth Israel a fait don des objets au Weitzman National Museum of American Jewish History, à Philadelphie, pour enrichir une exposition originale sur l’antisémitisme moderne en Amérique, qui ouvrira ses portes au public ce printemps. L’exposition sera accompagnée d’une interview vidéo du rabbin Charlie Cytron-Walker et des trois fidèles retenus en otage à l’intérieur de la synagogue par un ressortissant britannico-pakistanais.

« ‘La Tasse et la Chaise’ ne sont pas seulement des œuvres d’art qui documentent un événement historique. Ils sont aussi symboliques des valeurs juives fondamentales : ‘Accueillir des étrangers’ et ‘Racheter des captifs’ », a expliqué à la JTA Misha Galperin, PDG du musée Weitzman, par courrier électronique.

Ils incarnent également les idéaux américains fondamentaux d’accueil des nouveaux arrivants et de bravoure face au danger. C’est ce que les Juifs américains aspirent à être, et ce que le Musée Weitzman aspire à représenter. »

Les objets seront exposés au rez-de-chaussée du musée, avec une grande visibilité publique.

Josh Perelman, conservateur en chef et directeur des expositions et de l’interprétation du Weitzman, a souligné que l’intention était de « rappeler notre responsabilité collective de protéger et répandre les idéaux énoncés dans l’Independence Hall ».

La police devant la congrégation Beth Israel à Colleyville, au lendemain d’une prise d’otages de plus de dix heures à l’intérieur de ce lieu de culte du Texas, le 16 janvier 2022. (Crédit : AP Photo/Brandon Wade)

La synagogue n’avait pas révélé le nom de deux des otages, Lawrence Schwartz et Shane Woodward, avant l’annonce de l’exposition du musée, bien que Woodward ait été identifié par une chaîne YouTube juive consacrée au droit de porter des armes à feu.

Les événements de Colleyville ont relancé le débat public sur l’antisémitisme en Amérique, Juifs et non-Juifs y voyant de nouvelles preuves d’une prévalence préoccupante.

Dans la foulée, Cytron-Walker a témoigné devant le Congrès, se faisant l’avocat du besoin de financement pour la sécurité des synagogues. Il quittera la Congrégation Beth Israël en juillet pour diriger une synagogue en Caroline du Nord.

Dans un communiqué, le conseil d’administration de la Congrégation Beth Israel a déclaré : « Nous attendons avec impatience le jour où les générations futures seront libérées de cette haine antisémite ».

« Le musée Weitzman jouera un rôle de premier plan en invitant le public à visiter [les expositions], s’instruire et protéger la liberté religieuse des Juifs en Amérique et dans le monde. »

Ouvert en grande pompe en 2010, le musée de Philadelphie a fait faillite en 2021 mais a pu être sauvé par un don du créateur de mode Stuart Weitzman, qui lui a permis de se porter acquéreur du bâtiment qui l’héberge et de créer une fondation.

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