La circulation de la COVID-19 – et du variant Delta – décélère en Israël
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La circulation de la COVID-19 – et du variant Delta – décélère en Israël

Néanmoins, près de la moitié des nouveaux cas concerne des enfants en âge d'aller à l'école et l'inquiétude grandit concernant le taux d'infection élevé chez les pèlerins d'Ouman

Un enfant se fait dépister au coronavirus à Jérusalem, le 9 septembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Un enfant se fait dépister au coronavirus à Jérusalem, le 9 septembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Israël a enregistré près de 8 000 nouveaux cas de coronavirus jeudi – mais des signes indiquant que la propagation du virus ralentit continuent à alimenter l’optimisme sur une possible sortie de la crise qui avait été relancée par l’apparition sur le territoire du variant Delta, hautement contagieux.

Toutefois, des données du ministère de la Santé qui ont été diffusées vendredi matin montrent que plus de la moitié des cas de coronavirus sont encore détectés chez les enfants en âge d’aller à l’école. 150 nouveaux cas ont été aussi découverts chez des Israéliens qui revenaient du pèlerinage juif traditionnel du nouvel an à Ouman, en Ukraine. Les autorités craignent qu’il n’y ait des centaines d’autres cas de ce type et ils sont préoccupés par l’usage, par certains fidèles, de faux résultats négatifs de tests à la COVID-19.

« On peut se montrer optimiste », a écrit vendredi sur Facebook le ministre de la Santé Nitzan Horowitz. « Le virus passe d’un rythme de propagation à un rythme de ralentissement. Il est trop tôt pour se réjouir et nous devons tous nous montrer très prudents mais si nous continuons à faire ce que nous faisons, alors nous pourrons laisser cette vague derrière nous. »

Le bilan de 7 812 nouveaux cas, jeudi, a été le plus bas pour une journée de semaine non-fériée depuis le 18 août, ce qui laisse espérer que la circulation du virus pourrait commencer à diminuer après des semaines de propagation quasi-incontrôlable. Le taux de reproduction de base, le R0, a aussi baissé en passant de 1 – un chiffre qui signale que la propagation s’accélère – à 0,8 en quelques jours.

La dernière fois que le ministère de la Santé avait fait état d’un taux de reproduction de base inférieur à 1 – avant qu’il ne tombe mercredi à 0,95 – remonte au début du mois de juin, avant que ne s’amorce une forte recrudescence du nombre de cas quotidiens.

Le nombre de patients hospitalisés dans un état grave a aussi baissé légèrement. Le bilan des décès, de son côté, a grimpé à 7 139 victimes depuis le début de la pandémie. Au cours de la semaine passée, 197 personnes ont succombé à une forme grave de la maladie, selon le ministère.

Sur les Israéliens qui ont été testés positifs au coronavirus, jeudi, 4 173 sont des enfants en âge d’aller à l’école, révèlent les données ministérielles, ce qui souligne combien les écoles ont aidé à la propagation du virus. 233 enseignants et employés du système éducatif sont actuellement malades.

Les élèves arrivent en classe lors de la rentrée scolaire à l’école Orot Etzion, dans l’implantation d’Efrat, en Cisjordanie, le 1er septembre 2021. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Et aujourd’hui, plus de la moitié des 79 799 cas actifs de COVID-19 dans le pays — 40 566 — sont des enfants en âge d’aller à l’école. 114 680 sont actuellement en quatorzaine.

Israël a maintenu la date de la rentrée scolaire, le 1er septembre, malgré les craintes que ce retour dans les écoles n’attise la propagation du virus et en particulier parmi les enfants trop jeunes pour se faire vacciner.

Les chiffres présentés vendredi par le ministère de la Santé montrent que la vaste majorité des Israéliens hospitalisés dans un état grave n’étaient pas vaccinés. Chez les citoyens de moins de 60 ans, ceux qui n’ont pas reçu d’injection de rappel ont trois fois plus de chance de développer une forme grave de la maladie que ceux qui ont reçu une troisième dose – les non-vaccinés, pour leur part, ont dix fois plus de chances de connaître des complications du coronavirus. Chez les Israéliens de plus de 60 ans, un rappel multiplie par dix les chances de ne pas développer une forme grave de la maladie par rapport aux personnes ayant bénéficié de deux doses. Les non-vaccinés, pour leur part, ont 40 fois plus de chance de subir des complications par rapport à ceux qui ont reçu trois doses.

Le pèlerinage d’Ouman inquiète

Sur les 196 cas qui ont été découverts chez des voyageurs revenant de l’étranger, jeudi, 156 étaient des fidèles qui revenaient d’un pèlerinage sur un tombeau d’Ouman, en Ukraine, qui attire des dizaines de milliers de fidèles juifs pendant la fête de Rosh Hashanah qui s’est terminée mercredi.

Des hommes juifs dans la rue près de la tombe du rabbin Nachman de Breslov à Ouman, à la veille de la fête juive de Roch Hachana, le 6 septembre 2021. (Flash90)

La radio militaire a fait savoir que 117 personnes en provenance d’Ukraine avaient été convoquées en vue d’un interrogatoire. Elles sont soupçonnées d’avoir présenté un faux résultat négatif de test à la COVID-19 alors qu’elles étaient malades. Des dizaines de personnes soupçonnées d’avoir présenté de faux documents de ce type ont été arrêtées jeudi et elles seront probablement mises en examen.

Selon la station de radio, les contrevenants pourraient écoper d’une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement.

« Le gouvernement israélien prend très au sérieux les entrées frauduleuses en Israël par le biais de documents falsifiés et prend très au sérieux cette propagation délibérée de la pandémie, qui constitue un acte irresponsable portant atteinte à la paix sociale », a déclaré le bureau du Premier ministre dans un communiqué émis jeudi.

Chaque année, des dizaines de milliers de pèlerins, principalement israéliens, se rassemblent pour Roch HaShana à Ouman, le lieu de sépulture du rabbin Nachman, une sommité du XVIIIe siècle et fondateur du mouvement hassidique Breslev. D’autres pèlerins viennent également d’autres communautés juives du monde entier.

Cette année, quelque 30 000 pèlerins ont fait le voyage, et un cadre a été établi pour empêcher la propagation du virus lors de ces événements, dont le port du masques lors des rassemblements, entre autres règles de distanciation sociale. Cependant, les images transmises par les médias ont montré de nombreux pèlerins sans masque se côtoyer dans un contexte de grande promiscuité, notamment devant les centres de dépistage.

Illustration — Des hommes juifs ultra-orthodoxes portant un parchemin et des bagages arrivent à l’aéroport Ben Gourion le 9 septembre 2021, après avoir passé la fête de Rosh HaShana (Nouvel an juif) dans la ville ukrainienne centrale d’Ouman. (JACK GUEZ / AFP)

« On a essayé, je ne peux pas dire qu’on a réussi mais on a essayé », a confié un pèlerin à la Douzième chaîne à propos du respect des règles en vigueur.

Le responsable national du coronavirus Salman Zarka s’est rendu à Ouman avec le chef du Magen David Adom Eli Bean pour superviser le bon déroulement du pèlerinage au niveau sanitaire. Cependant, des images montrent Zarka chahuté par des pèlerins qui protestent contre ce qu’ils affirment être une surveillance trop sévère de cet événement religieux par rapport à certains rassemblements laïques récents qui ont pu être organisés en Israël.

Dans le cadre d’une initiative visant à intercepter autant de personnes infectées que possible avant leur retour en Israël, le service d’urgence du Magen David Adom, sous les auspices du bureau du Premier ministre et du ministère des Affaires étrangères, a mis en place une station de dépistage du virus à Ouman, capable de traiter 15 000 prélèvements et de donner des résultats en une demi-heure.

Cependant, le Magen David Adom a signalé qu’à peine 2 000 personnes étaient venues se faire tester, la majorité des pèlerins préférant utiliser les centres de dépistage locaux. Du côté du Magen David Adom, le taux de positivité des tests de dépistage a dépassé les 13 %, un pourcentage plus de 2,5 fois supérieur au taux actuel enregistré au sein de la population israélienne.

Des milliers de fidèles de plus doivent revenir vendredi dans le pays, avec 12 vols reliant Kiev à l’aéroport Ben-Gurion qui ont décollé dans la matinée et en début d’après-midi.

Les files d’attente pour le dépistage

Les autorités ont aussi juré de s’attaquer aux longues files d’attente dans les stations de dépistage du coronavirus qui semblent être dans l’incapacité de prendre en charge les très nombreux Israéliens qui viennent se faire tester. Certains ont confié avoir attendu dans leur voiture pendant trois heures.

Des employés du secteur de la santé prélèvent des échantillons dans une station de dépistage du coronavirus de type Drive-in à Jérusalem, le 9 septembre 2021. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)

Bennett a fait savoir, jeudi, qu’il allait allouer plus de ressources au dépistage, alors que des rumeurs avaient laissé entendre que le gouvernement avait refusé une demande de financement supplémentaire des centres pratiquant des tests, il y a plusieurs semaines.

« Nous avons averti avant Rosh Hashana que le système devait être sérieusement renforcé, que l’organisation était insuffisante », a dit le député travailliste Gilad Kariv à la station de radio Kan, vendredi. « C’est un gros problème et la question qui se pose, c’est la façon de prendre rapidement en charge ce problème qui réapparaît. »

Le ministère de la Santé a donné pour instruction, mercredi, aux centres de dépistage de rester ouverts jusqu’à une heure avancée de la nuit pour pouvoir répondre à la demande. Le ministre Nitzan Horowitz a encouragé les Israéliens à aller se faire tester dans les centres de dépistage rapide où il y aurait moins de monde (et où les tests ne sont pas gratuits pour les citoyens éligibles au vaccin mais qui ont choisi de ne pas se faire immuniser).

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