La coalition présente cette fois un amendement visant la procureure générale
"La confiance dans les forces de l'ordre est très faible" à cause des fuites, de l'application sélective de la loi et des intérêts personnels, lit-on dans le texte ; un élu Otzma Yehudit poursuit son objectif de coalition anti-Baharav-Miara

Dimanche, la commission des Lois a présenté un amendement qu’elle souhaite apporter à la loi sur les services de sécurité générale, aux termes duquel la procureure générale serait tenue de se soumettre à un test polygraphique tous les deux ans et de répondre à des questions concernant la « fuite d’informations classifiées à des parties non autorisées ».
Cet amendement est la dernière initiative législative en date de la coalition visant la procureure générale Gali Baharav-Miara, qu’elle tente vainement de limoger depuis plusieurs mois, l’accusant de travailler contre le gouvernement et de nuire à ses intérêts. Baharav-Miara s’est en effet opposée à plusieurs initiatives législatives phares du gouvernement, refusant en outre de défendre l’exécutif dans le cadre de procédures engagées devant la Haute Cour de justice contre certaines de ses politiques et textes législatifs.
S’il est adopté, ce projet de loi, qui est porté par le député Otzma Yehudit Yitzhak Kroizer, s’appliquera également aux adjoints de la procureure générale, au procureur de l’État et à d’autres hauts fonctionnaires du ministère de la Justice.
Dans ses notes explicatives, le projet de loi fait valoir que « la confiance de la population dans les forces de l’ordre est très faible », en raison des « fuites constantes, de l’application sélective de la loi et de la promotion d’intérêts personnels » lors des mises en accusation.
Le texte stipule que les hauts fonctionnaires du bureau de la procureure générale et de la division consultative et législative du ministère de la Justice devraient également être tenus de passer des tests polygraphiques périodiques, ainsi que les hauts responsables des forces de l’ordre, des services de renseignement et de l’armée, dans le but de « contribuer à renforcer la confiance de la population ».
Dans un message publié sur le réseau social X après le vote de la commission ministérielle sur son projet de loi, Kroizer a partagé une vidéo contenant une animation apparemment générée par une IA montrant Baharav-Miara connectée à un détecteur de mensonges et provoquant un court-circuit.
הגיע הזמן: פוליגרף ליועמ״שים ! pic.twitter.com/nUyzCGm58a
— יצחק קרויזר (@Yitzik_kroizer) January 18, 2026
Le projet de loi de Kroizer fait suite à la révélation de la divulgation, l’an dernier, de l’existence d’images montrant des gardes de la base militaire de Sde Teiman maltraitant gravement un détenu gazaoui par l’ancienne procureure générale de l’armée Yifat Tomer-Yerushalmi, qui a admis en octobre avoir été à l’origine de la fuite et avoir ensuite menti à ce sujet devant la Haute Cour.
C’est lorsqu’un officier du bureau de la procureure générale militaire – le porte-parole de l’unité – a échoué à un test polygraphique que l’enquête pénale sur la fuite de la vidéo a été ouverte.
Baharav-Miara s’est récusée de l’affaire à la suite d’un avis juridique du ministère de la Justice selon lequel il existait un « lien possible » entre l’enquête policière en cours et l’enquête interne antérieure – et fallacieuse – de la procureure générale de l’armée, qui avait été supervisée par Baharav-Miara.
L’enquête policière n’aurait trouvé aucune preuve attestant d’un lien entre Baharav-Miara et la fuite ou la dissimulation, et elle n’a été ni interrogée ni mise en examen. Le chef de la police israélienne, Daniel Levy, aurait toutefois, selon certaines informations, suspendu la publication des conclusions, le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir ayant accusé la procureure générale de complicité dans le crime et dans sa dissimulation.







