La commission centrale électorale disqualifie la liste arabo-israélienne
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La commission centrale électorale disqualifie la liste arabo-israélienne

Netanyahu s'en félicite, estimant que "ceux qui soutiennent le terrorisme" ne devraient pas être à la Knesset ; le parti Raam-Balad interdit dénonce une décision "raciste"

Des partis sont enregistrés à la commission centrale électorale de la Knesset, où les partis politiques qui se présentent aux prochaines élections israéliennes arrivent pour présenter leurs listes de partis, le 21 février 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Des partis sont enregistrés à la commission centrale électorale de la Knesset, où les partis politiques qui se présentent aux prochaines élections israéliennes arrivent pour présenter leurs listes de partis, le 21 février 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

La commission centrale électorale a disqualifié mercredi l’alliance Raam-Balad, l’un des deux principaux partis arabo-israéliens du pays, de la course aux prochaines élections, au terme d’un vote consécutif à une pétition demandant son interdiction.

La décision a été adoptée à 17 votes pour et 10 contre.

La commission, qui est composée de députés de la Knesset et présidée par la Cour suprême, a également voté la disqualification d’Ofer Kassif, un candidat juif de l’autre formation arabo-israélienne, Hadash-Taal.

La Cour suprême aura néanmoins le dernier mot sur ces décisions, qui ont été prises à l’encontre des recommandations du procureur général Avichai Mandelblit exprimées la veille.

Mtanes Shihadeh, qui a pris la première place sur la liste du parti arabe israélien Balad, le 2 février 2019 (Autorisation : Parti Balad)

Ce sont le Likud, Yisrael Beytenu et Otzma Yehudi qui ont déposé la pétition contre Balad-Raam, affirmant que le parti arabo-israélien « cherche l’élimination d’Israël en tant qu’État juif et soutient la violente résistance palestinienne et le Hezbollah, et la plupart de ses membres soutiennent le terrorisme. »

En 2015, la même commission avait voté la disqualification de la députée Hanin Zoabi du parti Balad, avant que la Cour suprême ne renverse la décision.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui dirige le Likud, s’est félicité, tweetant que « ceux qui soutiennent le terrorisme ne seront pas à la Knesset. »

Raam-Balad a réagi dans un communiqué, déclarant qu’il s’agissait d’une mesure raciste destinée à exclure les citoyens arabes du processus démocratique.

« La décision de disqualifier la liste est un acte politique, raciste et populiste visant à porter un coup à la représentation politique des citoyens arabes, » a fait savoir le parti dans son communiqué. »Ce n’est pas surprenant qu’un panel de partis racistes ne voulant pas d’Arabes à la Knesset s’en prenne à nous. Balad est une liste qui propose une plateforme démocratique et œuvre en faveur de l’égalité des droits. »

Ofer Kassif du parti Hadash-Taal. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Outre Raam-Balad, la commission a donné un avis favorable à la pétition demandant la disqualification d’Ofer Kassif représentant le parti Hadash-Taal, évoquant des provocations verbales passées, notamment le « pourriture néo-nazie » asséné à la ministre de la Justice.

En plus de l’injure envers Ayelet Shaked, le candidat a été accusé de comparer Israël et l’armée israélienne de régime nazi, d’appeler à la lutte contre les « Judéo-nazis » et de soutenir ouvertement le changement de l’hymne national.

Le mois dernier, lors d’une interview avec Haaretz, Kassif avait déclaré qu’Israël se livrait à un « génocide rampant” des Palestiniens.

Ofer Kassif a expliqué à la commission que ses comparaisons aux nazis et au fascisme étaient des métaphores reposant sur son expertise en tant que spécialiste en Sciences politiques.

Sa disqualification, adoptée à 15 voix contre 10, a été appuyée par des membres de la commission issus du parti centriste Yesh Atid, dirigé par le député Yair Lapid.

Ofer Kassif n’avait pas l’intention d’assister à la réunion de la commission, organisée à la Knesset, mais s’y est rendu plus tard après que le juge Hanan Melcer eut insisté.

En réaction, Ofer Kassif a promis de faire appel auprès de la Cour suprême et estimé que cette décision prouvait que les membres de la commission défendaient une politique discriminatoire et d’exclusion. »

Le député Ayman Odeh, à la tête du parti Hadash-Taal, a également dénoncé l’exclusion de Kassif, déclarant qu’il s’agissait d’une tentative de « passer sous silence ceux qui s’opposent à un régime discriminatoire et raciste. »

L’instance électorale a passé de longues heures à délibérer sur des pétitions demandant la disqualification de candidats des deux extrêmes, ainsi que leur parti.

Elle a rejeté la demande d’interdiction de tout le parti Hadash-Taal du scrutin électoral. Plus tôt mercredi, elle avait rejeté les pétitions réclamant celle du parti juif extrémiste Otzma Yehudit, malgré la recommandation de Mandelblit d’éliminer le député d’Otzma Yehudit, Michael Ben-Ari.

Les élections nationales israéliennes sont prévues le 9 avril prochain.

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