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La Knesset approuve les fonds pour l’éducation haredi et les localités arabes

420 M de NIS alloués aux yeshivot et le dégel de 200 M de NIS pour les villes arabes approuvé, mais seulement après la mise en place du système de "feux tricolores"

Le président de la commission des Finances de la Knesset, Moshe Gafni, lors d'une réunion à la Knesset, à Jérusalem, le 26 septembre 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)
Le président de la commission des Finances de la Knesset, Moshe Gafni, lors d'une réunion à la Knesset, à Jérusalem, le 26 septembre 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

La commission des Finances de la Knesset a approuvé mardi des centaines de millions de shekels pour diverses initiatives éducatives ultra-orthodoxes, au milieu des critiques virulentes de l’opposition selon lesquelles les législateurs de la coalition canalisaient l’argent vers leurs intérêts et épuisaient les ressources d’autres communautés.

La commission a également autorisé le transfert de 816 millions de shekels aux autorités locales, dont environ 200 millions de shekels aux villes et municipalités arabes, bien que ce transfert soit subordonné à la mise en place d’un mécanisme de contrôle, ce qui a suscité des accusations de discrimination de la part des législateurs arabes.

Les législateurs ont donné le feu vert à l’affectation de 420 millions de shekels à divers programmes éducatifs liés à la communauté haredi, dont une partie est destinée à des écoles qui ne sont pas tenues d’inclure les matières du tronc commun telles que les mathématiques, l’anglais et les sciences.

Des millions de shekels iront à des systèmes scolaires gérés par des institutions représentées par les partis politiques Yahadout HaTorah et le Shas, qui font tous deux partie de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Selon un communiqué de la Knesset, les crédits affectés à ces programmes comprennent également de l’argent destiné à des programmes qui accueillent des jeunes qui n’ont pas été enrôlés dans l’armée, des étudiants en yeshiva venant de l’extérieur d’Israël et des élèves qui ont abandonné leurs études dans des écoles haredim.

Quelque 155 millions de shekels de ce paquet ne font pas partie du budget de l’État déjà approuvé et proviendront du budget du ministère de l’Éducation pour la construction de nouvelles salles de classe, bien que le chef de la commission et un fonctionnaire du Trésor aient affirmé que l’argent faisait en fait partie d’une réserve budgétaire destinée à respecter les accords de la coalition.

Le président de la commission, Moshe Gafni (Yahadout HaTorah), a affirmé que les fonds n’avaient pas été transférés d’un endroit « positif ».

Le député Avoda Gilad Kariv s’exprimant lors d’une réunion de la commission des Finances de la Knesset sur l’approbation des transferts budgétaires dans le système éducatif, à la Knesset, à Jérusalem, le 26 septembre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

« Il s’agit de fonds de la coalition qui ont été prélevés sur les réserves. J’ai vérifié la question et il est clair que cela fait partie d’un accord qui aurait dû être mis en œuvre il y a déjà 8 ou 9 mois. Il était nécessaire de l’approuver avec la procureure générale, et il a été prélevé sur les mêmes réserves », a-t-il déclaré.

Le député Gilad Kariv (Avoda) a écrit sur X – anciennement Twitter – que le transfert effectué par le gouvernement était une « attaque contre la communauté libérale en Israël ».

Le budget de la coalition comprenait déjà des milliards sans précédent pour les établissements d’enseignement privés non-supervisés, qui n’enseignent pas les matières principales telles que les mathématiques et l’anglais. Des fonds supplémentaires seront alloués à l’éducation ultra-orthodoxe, à la construction d’édifices religieux et au soutien de la culture et de l’identité juives haredi.

Au début du mois, la commission a approuvé un transfert budgétaire de 736 millions de shekels provenant de l’ensemble des ministères, dont 480 millions de shekels seront transférés à l’éducation haredi.

La députée Aida Touma-Sliman assistant à une réunion de la Commission des Finances de la Knesset, à Jérusalem, le 26 septembre 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Ces fonds proviennent d’une réduction générale des agences gouvernementales et des services publics. Parmi les budgets affectés, on note une réduction de 327 000 shekels des fonds d’aide aux survivants de la Shoah, une réduction de 22 millions de shekels des subventions pour la garde d’enfants, une réduction de 18 millions de shekels des soins aux personnes en situation de handicap et une réduction de 32 millions de shekels des ressources auxiliaires du ministère de l’Éducation.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, avait retardé le transfert aux communautés arabes pendant plusieurs mois, affirmant que l’argent était utilisé pour financer le crime organisé.

Il a fini par céder aux pressions, notamment de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet et du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à condition qu’un système de contrôle soit mis en place.

Fin août, un nouveau plan a été présenté au cabinet pour permettre aux municipalités arabes de continuer à recevoir des fonds du gouvernement tout en s’assurant que l’argent ne finira pas dans les poches d’organisations criminelles.

Le nouveau système de « feux tricolores » classerait les municipalités arabes en fonction de leur niveau de risque d’infiltration par le crime organisé.

Cette proposition de système de contrôle fait suite à la décision du ministre des Finances de bloquer 200 millions de shekels de fonds de développement pour les municipalités arabes au début du mois, en alléguant, sans apporter de preuves, que l’argent était susceptible de tomber entre les mains d’organisations criminelles.

Smotrich a également estimé qu’il n’était pas censé « approuver » les décisions des gouvernements précédents. Les fonds, destinés à stimuler l’économie, à moderniser les infrastructures et à lutter contre la criminalité dans les communautés arabes, ont été approuvés par le gouvernement précédent qui comprenait le parti islamiste Raam aux côtés de partis de gauche, centristes et de droite qui s’étaient unis contre leur opposant Benjamin Netanyahu, redevenu Premier ministre.

La décision de bloquer l’argent avait été vivement critiquée par l’opposition et même par des membres de la coalition au pouvoir, dont le ministre de l’Intérieur et de la Santé, Moshe Arbel (Shas).

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich s’exprimant lors d’une conférence de presse, au ministère des Finances, à Jérusalem, le 9 août 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Suite à ces réactions, le Bureau de Netanyahu avait annoncé le 9 août que des mécanismes de contrôle non spécifiés seraient mis en place avant que les fonds ne soient débloqués.

Le représentant de Smotrich au sein de la commission, Omer Rahamim, a affirmé que l’argent ne sera versé qu’une fois le système mis en place.

La députée Aïda Touma-Sliman (Liste arabe unie) s’est plainte « d’un stratagème pour retarder davantage les fonds », qui sont destinés à l’éducation, à la protection sociale et à la construction.

Le député Ahmad Tibi (Hadash-Taal) a fait remarquer que les autorités druzes étaient également en proie à la criminalité, mais qu’elles n’étaient pas confrontées à une interruption de leur financement.

Illustration  : Le député Ahmad Tibi prenant la parole en séance plénière lors d’une cérémonie commémorative marquant les 27 ans de l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin, à la Knesset, le 6 novembre 2022. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

« Personne ne souhaite interrompre le financement des autorités arabes, et surtout pas le ministre des Finances. Il y a un consensus sur le fait que nous voulons réduire la criminalité dans la communauté arabe, et il peut y avoir des désaccords sur la méthode pour y parvenir », a répondu Rahamim.

À l’approche des élections municipales, qui se tiendront le 31 octobre, certains experts ont mis en garde contre le risque que des éléments criminels menacent et fassent chanter des fonctionnaires locaux pour obtenir des faveurs, et qu’ils aient parfois recours à la violence.

Selon le groupe Abraham Initiatives, une organisation à but non lucratif qui recense les crimes violents dans la communauté arabe, 182 membres de la communauté arabe d’Israël ont été tués depuis le début de l’année, principalement dans des fusillades.

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