La commission d’Éthique ne sanctionnera pas Rothman pour la rixe survenue à New York
Le panel de la Knesset a critiqué le député tout en acceptant les arguments avancés pour sa défense suite à sa réaction face à des manifestants à Manhattan, le mois dernier

La commission d’Éthique de la Knesset a estimé, dimanche, que le député d’extrême-droite appartenant à la faction Hatzionout HaDatit, Simcha Rothman, n’avait pas commis d’acte répréhensible alors qu’elle examinait un incident survenu le mois dernier à New York. Ainsi, lorsqu’il se trouvait à Manhattan, il avait arraché avec une colère non dissimulée le mégaphone d’une manifestante anti-gouvernement.
Si le parlementaire n’a pas été sanctionné, la commission d’Éthique a toutefois critiqué ce comportement.
« Les membres de la Commission ont estimé que l’incident ne constituait pas une faute éthique mais, malgré tout, le panel note que le rôle d’un fonctionnaire comprend également des exigences, et qu’il est notamment attendu d’un membre de la Knesset qu’il ne se retrouve pas impliqué dans une altercation physique avec des manifestants », a dit un communiqué qui était signé par le chef de la Commission, Yinon Azoulay, parlementaire élu sous l’étiquette du Shas.
Rothman, l’un des artisans du projet de refonte du système judiciaire très controversé qui est avancé par le gouvernement, marchait en compagnie de son épouse et de gardes du corps dans une rue de New York City au cours d’une visite aux États-Unis, le 2 juin. Lui emboîtant le pas, des manifestants le suivaient en criant des slogans. Dans ce contexte, il avait violemment arraché le mégaphone d’une protestataire, s’éloignant avec l’appareil et en venant aux mains avec les manifestants qui tentaient de le récupérer. L’incident avait été filmé et largement partagé sur les réseaux sociaux, suscitant l’indignation.
Le communiqué de dimanche a indiqué que la commission d’Éthique avait déterminé que le comportement de Rothman avait été « à la limite de l’auto-défense », faisant remarquer la proximité de la manifestante et le « harcèlement personnel » ressenti par le député.
Le panel a semblé aussi diriger ses critiques à l’encontre du département de la police de New York et du Shin Bet. Il a ainsi déclaré « espérer que dorénavant, le bien-être des députés sera préservé par les forces de l’ordre de manière à permettre à ces derniers de mener à bien leur mission ».
Les manifestants avaient porté plainte contre Rothman auprès de la police de New York – une plainte close vingt-quatre heures plus tard.
הרגע שבו חבר הכנסת רוטמן חוטף ממפגינה את המגפון *עובר על החוק.
אנחנו בדרך למשטרה. pic.twitter.com/XCsCzeIOHx
— Shany Granot-Lubaton (שני גרנות-לובטון) (@ShanyGranot) June 3, 2023
La commission d’Éthique ne s’est pas entretenue avec la manifestante dont le mégaphone avait été arraché par Rothman ni avec les autres protestataires qui étaient présents, ont fait savoir ces derniers.
Shany Granot-Lubaton, l’une des organisatrices du mouvement de protestation anti-gouvernement à New York, a indiqué que les manifestants allaient faire appel devant la Commission pour l’amener à réexaminer sa décision.
« On voit bien dans la vidéo qu’elle ne l’a pas agressée », a dit Granot-Lubaton, qui a souligné que les images montraient les gardes du corps séparant physiquement Rothman et la manifestante avant que le parlementaire parvienne à s’emparer du mégaphone. « Ce n’est pas comme s’il avait fait ça parce qu’il ne se sentait pas en sécurité. Il a donné à la Commission une explication ridicule ».
La députée d’Avoda Naama Lazimi, à l’origine de la plainte déposée contre Rothman auprès de la commission, a écrit dimanche sur Twitter que la décision prise par cette dernière était « aussi logique que de voir un membre de la Knesset, pressé de mener à bien son coup d’État, se saisir avec violence d’un mégaphone accroché au cou d’une manifestante alors que lui-même est entouré de gardes du corps ».
En raison de son rôle de premier plan dans le projet de refonte du système de la justice israélien, Rothman a été une cible privilégiée des manifestants et pratiquement tous ses discours et toutes ses apparitions publiques, ces derniers mois, ont été l’occasion de mouvements de protestation. Les manifestants, à New York, avaient suivi Rothman pendant tout son séjour dans la ville, dans laquelle il s’était rendu pour prendre part à la Celebrate Israel Parade, un défilé annuel pro-israélien.
Peu après l’incident, Rothman avait émis un communiqué pour défendre son acte et il avait assuré que lui et son épouse avaient eu le sentiment d’être agressés.
Dans une déclaration, Rothman avait affirmé qu’avant d’être filmé en train de s’emparer du mégaphone, le petit groupe de manifestants s’en était pris à lui et à son épouse, leur « bloquant le passage, piétinant le pied de sa femme Hannah et proférant des jurons, en particulier des menaces de mort ».
Il n’y avait pas eu de vidéo de cet incident présumé.
Selon Rothman, alors que son service de sécurité appelait la police, sa femme et lui-même avaient ignoré les manifestants et continué leur chemin, ce qui, selon lui, n’avait fait qu’accroître leur colère.
« Ils ont alors placé le mégaphone près de nos oreilles (ce qui était une agression au sens propre du terme) et ils ont hurlé », avait-il expliqué.
Sur des images, la femme au mégaphone se trouvait à plusieurs mètres de Rothman lorsqu’il s’était retourné pour lui arracher le porte-voix qu’elle n’utilisait plus depuis plusieurs secondes – et un garde du corps les séparait alors physiquement.
Le député avait affirmé que lui-même et les gardes avaient à plusieurs reprises sommé les manifestants de ne pas s’approcher avant qu’il ne saisisse le mégaphone « qu’elle avait placé près de mon oreille, bien évidemment sans la toucher ».
Dans un entretien accordé à la Douzième chaîne, quelques jours plus tard, l’épouse de Rothman, Hannah Rothman, avait indiqué qu’elle s’était sentie « agressée » par les protestataires, interrompant la discussion lorsque le journaliste lui avait demandé de préciser les dangers qui pesaient sur elle à ce moment-là.







