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La COVID de longue durée ébranle le sentiment de bien-être – étude israélienne

Un seul symptôme de la COVID longue durée réduirait le sentiment de bien-être de plus de 10 % et pourrait constituer "un fardeau pour la santé publique dans les années à venir"

Illustration : Le patient Gary Miller dans une clinique spécialisée dans la COVID longue durée, à Londres. (Crédit : AP Photo/Kirsty Wigglesworth)
Illustration : Le patient Gary Miller dans une clinique spécialisée dans la COVID longue durée, à Londres. (Crédit : AP Photo/Kirsty Wigglesworth)

La COVID de longue durée a porté un coup sérieux au sentiment de bien-être de millions de personnes dans le monde, selon une étude israélienne unique en son genre.

Une équipe de recherche dirigée par l’université Bar Ilan, en collaboration avec des hôpitaux affiliés du nord d’Israël, a découvert qu’un seul symptôme de la COVID longue durée peut réduire de plus de 10 % le sentiment de bien-être des patients.

Si les symptômes prolongés de la COVID – symptômes persistants après une infection par la COVID-19 – sont courants, peu d’études ont été menées pour déterminer dans quelle mesure ils constituent un obstacle au bien-être, au-delà d’une gêne supportable.

La nouvelle étude a utilisé un questionnaire bien établi sur le bien-être subjectif, élaboré par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Elle a révélé qu’avec chaque symptôme dont souffrent les personnes, le sentiment de bien-être déclaré diminue davantage.

Les personnes qui présentaient trois symptômes disparates – fréquents chez les personnes souffrant de la COVID longue durée – ont déclaré un sentiment de bien-être inférieur de 30 % à celui de personnes d’âge et de niveau social similaires qui ne souffrent pas de la COVID longue durée.

« Si l’on considère la perte d’un tiers du sentiment de bien-être en raison des symptômes de la COVID longue durée, cela suggère qu’ils ont un impact très réel, durable et profond sur le bien-être de nombreuses personnes dans le monde », a déclaré au Times of Israel le professeur Michael Edelstein, auteur principal de l’étude.

Des membres d’une famille rendant visite à l’un d’entre eux au service coronavirus de l’hôpital Ziv, dans la ville de Safed, le 15 février 2022. (Crédit: David Cohen/Flash90)

« Le message à retenir est que les symptômes que les gens ressentent ne sont pas seulement des choses qu’ils déclarent sans en souffrir – comme certains ont pu le penser – mais qu’ils peuvent aussi avoir un effet profond sur leur vie et leur bien-être. »

« Il s’agit, à notre connaissance, de la première étude à analyser l’effet sur le bien-être subjectif des symptômes les plus couramment rapportés après la COVID-19 », ont précisé les auteurs de l’étude.

L’étude indique que les symptômes de nature plus physique n’ont pas le même effet durable sur le bien-être. Une fois que les patients ont passé le cap des 12 mois suivant l’infection, les chercheurs ont cessé de rechercher des effets négatifs significatifs sur le bien-être dus aux symptômes physiques, notamment la faiblesse et les douleurs musculaires.

Les chercheurs de l’étude, qui est toujours en cours d’examen par les pairs mais a déjà été publiée en ligne, ont étudié le bien-être de 2 295 personnes, dont 576 qui ont été infectées par le coronavirus.

Sur une période de 3 à 18 mois après l’infection, les chercheurs ont constaté que les troubles du sommeil semblent réduire le sentiment de bien-être subjectif d’environ 11,5 points de pourcentage, la confusion et le manque de concentration de 10,7 points et la fatigue de 7,7 points.

L’épidémiologiste Michael Edelstein. (Crédit : Michael Edelstein)

Edelstein a déclaré que s’il est difficile de chiffrer la perte de bien-être, les statistiques suggèrent fortement qu’elle est gravement atteinte et indiquent que le défi que représente la COVID longue durée, pour les autorités sanitaires du monde entier, présente de multiples facettes.

« Il est probable que les effets s’étendent au-delà des soins pour les symptômes physiques entrainant une pression accrue sur les services de santé mentale dans les années à venir », a-t-il déclaré.

« L’idée derrière cette étude est qu’il y a de plus en plus de preuves qu’une forte proportion de personnes ne déclarent des symptômes après l’infection initiale », a déclaré Edelstein.

« La critique de cette recherche sur l’incidence de la COVID longue durée a noté qu’elle rapportait des symptômes mais n’explorait pas la façon dont elle affectait réellement la vie des gens, nous avons donc entrepris de répondre à cette question », a-t-il ajouté.

« La COVID longue durée va constituer un fardeau pour la santé publique dans les mois et les années à venir, il est donc important de comprendre comment elle affecte les patients. »

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