La démolition d’un village bédouin repoussé après une manifestation et un appel
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La démolition d’un village bédouin repoussé après une manifestation et un appel

La Liste arabe unie promet de continuer la “lutte” ; la police dit que la cour doit prendre une décision sur l’affaire

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Les membres de la Liste arabe unie qui ont passé la nuit dans le village bédouin d'Umm al-Hiran pour empêcher sa démolition, le 22 novembre 2016. (Crédit : porte-parole de la Liste arabe unie)
Les membres de la Liste arabe unie qui ont passé la nuit dans le village bédouin d'Umm al-Hiran pour empêcher sa démolition, le 22 novembre 2016. (Crédit : porte-parole de la Liste arabe unie)

L’évacuation et la démolition prévues d’un village bédouin du sud d’Israël devenu un cri de ralliement pour les Arabes israéliens et les associations de défense des droits de l’Homme, Umm al-Hiran, ont été repoussées mardi, a annoncé la police.

Israël cherche à déplacer officiellement les habitants nomades du village vers une ville bédouine désignée par le gouvernement pour laisser place à la construction d’une nouvelle ville juive sur le terrain, qui est possédé par l’Etat.

Les députés de la Liste arabe unie et des militants de tout le pays sont arrivés dans la nuit au village pour bloquer sa démolition, reflètant l’importance de cette affaire aux yeux de la communauté arabe d’Israël.

La police n’a pas annoncé à quelle date aura lieu la démolition.

Louba Samri, porte-parole de la police, a déclaré que la décision avait été prise afin « de permettre au processus juridique d’être épuisé, suite à un appel de dernière minute devant la cour », qui n’a « pas encore été discuté ».

L’association arabe Adalah a demandé lundi à une cour israélienne de reporter la démolition.

Cependant, Reut Mor, porte-parole du député Ayman Odeh, qui dirige la Liste arabe unie, a déclaré qu’elle pensait que le report de la démolition était en partie dû aux manifestations qui ont eu lieu pendant la nuit dans le village.

Odeh a écrit sur Twitter que la « lutte » pour empêcher la destruction du village continuerait.

Le village bédouin d'Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev israélien, le 27 août 2015. (Crédit: Hadas Parush/Flash90)
Le village bédouin d’Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev israélien, le 27 août 2015. (Crédit: Hadas Parush/Flash90)

« Une nuit de solidarité à Umm al-Hiran avec des militants venus de tout le pays, arabes et juifs […], prêts à se tenir main dans la main devant les bulldozers. L’expulsion a été repoussée ; la lutte continue », a écrit Odeh.

Umm al-Hiran, où vivent presque 500 personnes, a été fondé par la tribu bédouine Al-Qiaan en 1956 en coordination avec l’armée israélienne, après un conflit de presque dix ans.

Suite à la guerre d’Indépendance israélienne en 1948, les membres de la tribu avaient été expulsés par des soldats israéliens de leurs maisons du nord ouest du Néguev, près du kibboutz Shoval. Ils ont ensuite vécu dans différents endroits avant de finalement s’installer à Umm al-Hiran. L’histoire du village voisin d’Atir est plus ou moins la même.

Une nouvelle ville juive, Hiran, doit être construite à la place d’Umm al-Hiran et d’Atir. Elle devrait compter initialement 2 500 logements, principalement destinés à des familles juives religieuses.

Il avait été dit aux villageois bédouins qu’ils recevraient des terrains de 800 m² dans la ville voisine d’Hura, construite en 1989 par le gouvernement spécifiquement pour les Bédouins des villages voisins non reconnus.

Les habitants ont fait appel devant la cour de leur expulsion, mais leur plainte avait été rejetée, les juges ayant estimé que l’action ne constituait pas une discrimination, puisque les Bédouins peuvent théoriquement aussi bien vivre dans la nouvelle ville.

Des manifestants pendant la Journée de la Terre dans le village bédouin d'Umm al-Hiran, dans le Néguev, le 30 mars 2016. (Crédit : autorisation de la Liste arabe unie)
Des manifestants pendant la Journée de la Terre dans le village bédouin d’Umm al-Hiran, dans le Néguev, le 30 mars 2016. (Crédit : autorisation de la Liste arabe unie)

L’appel final devant la Cour suprême pour empêcher leurs villages d’être démolis a été rejeté en janvier.

En 2015, les deux évènements politiques les plus importants des Arabes israéliens, la Journée de la Terre et la Marche du Retour, ont été organisés à Umm al-Hiran en signe de solidarité.

Des agences ont contribué à cet article.

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