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La famille d’Abu Akleh dépose plainte devant la Cour pénale internationale

Les proches affirment que des preuves corroborent l'idée que la journaliste a été "délibérément visée" et que Washington doit enquêter sur les "criminels de guerre israéliens"

Fresque à la mémoire de la journaliste d’Al Jazeera, Shireen Abu Akleh, à Gaza, le 15 mai 2022. (Crédit : AP Photo/Adel Hana)
Fresque à la mémoire de la journaliste d’Al Jazeera, Shireen Abu Akleh, à Gaza, le 15 mai 2022. (Crédit : AP Photo/Adel Hana)

La famille de la journaliste Shireen Abu Akleh a déposé cette semaine une plainte officielle auprès de la Cour pénale internationale (CPI) concernant sa mort.

La famille a inclus de nouvelles preuves dans la plainte qui, selon elle, prouvent que les soldats israéliens ont « délibérément visé » la journaliste palestino-américaine d’Al Jazeera.

« Les preuves sont accablantes. Cela fait plus de quatre mois que Shireen a été tuée. Notre famille ne devrait pas avoir à attendre un jour de plus pour obtenir justice », indique le communiqué.

« Il est évident que les criminels de guerre israéliens ne peuvent pas enquêter sur leurs propres crimes. Les États-Unis ont toujours l’obligation d’enquêter et de prendre des mesures significatives pour l’un de leurs propres citoyens. Mais lorsqu’un État individuel ne parvient pas à protéger ses propres citoyens, il incombe à la communauté internationale de les protéger à leur place », poursuit le communiqué.

La journaliste a reçu une balle dans la tête le matin du 11 mai alors qu’elle couvrait une fusillade entre les forces israéliennes et des terroristes palestiniens près de la ville de Jénine, au nord de la Cisjordanie.

Si l’armée israélienne a mené sa propre enquête et reconnu que la balle en question avait été tirée « selon toute vraisemblance » par une arme israélienne, elle nie les allégations selon lesquelles la journaliste aurait été délibérément prise pour cible.

Un manifestant pose avec un drapeau palestinien devant la Cour pénale internationale (CPI) lors d’un rassemblement exhortant la cour à poursuivre Israël pour crimes de guerre présumés à La Haye, aux Pays-Bas, le 29 novembre 2019. (Crédit : AP Photo / Peter Dejong)

Les preuves que la famille Abu Akleh a jointes à la demande de la CPI ont été publiées mardi par Al-Haq, un groupe de défense des droits des Palestiniens placé sur liste noire par l’armée israélienne en raison de ses liens présumés avec le groupe terroriste du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), ainsi que par le cabinet de recherche Forensic Architecture, basé à Londres.

Le dossier compile des analyses spatiales et audio, des images de drones, des vidéos géolocalisées et des séquences vidéo inédites filmées par un autre journaliste présent sur les lieux.

L’armée israélienne a déclaré au Times of Israel qu’elle rejetait l’affirmation selon laquelle Abu Akleh avait été tuée intentionnellement et que la nouvelle enquête était « biaisée et trompeuse ».

La famille a critiqué l’enquête interne de Tsahal, affirmant que l’armée « a tenté de masquer la vérité et d’éviter toute responsabilité » pour le meurtre.

Les groupes de défense des droits affirment qu’il faut souvent attendre des mois ou des années avant que les enquêtes israéliennes sur les décès par balle de Palestiniens ne soient discrètement closes et que les soldats sont généralement rarement tenus pour responsables.

En 2021, la CPI s’est déclarée compétente pour enquêter sur les crimes présumés en Cisjordanie et à Gaza. Israël, qui n’est pas membre de la CPI, a rejeté cette décision.

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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