La famille d’un Palestinien mort en détention en Turquie parle de torture
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La famille d’un Palestinien mort en détention en Turquie parle de torture

"Sa langue a été arrachée et il y a des traces de coups à la tête, une coupure profonde au pied et des marques de chocs à la poitrine", a déclaré la famille

Illustration du drapeau de la Turquie (Crédit : domaine public)
Illustration du drapeau de la Turquie (Crédit : domaine public)

Le corps d’un Palestinien, retrouvé mort dans une prison turque après s’être suicidé selon les autorités locales, a été gravement mutilé et sa langue arrachée, a déclaré vendredi sa famille, qui conteste la thèse du suicide.

Le corps de Zaki Moubarak, 55 ans, est arrivé cette semaine en Egypte et ses proches souhaitent le transférer vers la bande de Gaza dont il est originaire.

Les autorités turques avaient indiqué en mars que M. Moubarak s’était suicidé en prison après avoir été accusé d’espionnage au profit des Emirats arabes unis.

Son frère Zakaria, qui a indiqué à l’AFP avoir vu le corps dans un hôpital du Caire, a dit ne pas vouloir rapatrier la dépouille à Gaza avant qu’un « rapport médical ne certifie qu’il est décédé des suites de tortures et non d’un suicide ».

« Sa langue a été arrachée et il y a des traces de coups à la tête, une coupure profonde au pied et des marques de chocs à la poitrine », a-t-il ajouté.

Un responsable du ministère de la Justice turc a rejeté ces accusations, affirmant qu’elles étaient « infondées ». Il a refusé de donner davantage d’information, déclarant que les détails de l’affaire restaient secrets.

Zaki Moubarak était retraité des services de renseignement palestiniens, selon son frère qui a précisé qu’il avait quitté la bande de Gaza après la prise de contrôle de l’enclave par le groupe terroriste islamiste du Hamas en 2007.

Zaki Moubarak a ensuite vécu en Bulgarie puis en Turquie, d’après son frère.

Arrêté à Istanbul avec une autre personne le mois dernier, il était soupçonné d' »espionnage politique et militaire » et d' »espionnage international » au profit des Emirats arabes unis et au détriment de la Turquie, selon l’agence de presse étatique turque Anadolu.

Les autorités turques enquêtaient sur d’éventuels liens entre les deux suspects et le meurtre en octobre dernier du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, critique du pouvoir saoudien, à Istanbul, d’après Anadolu.

La famille de Zaki Moubarak rejette ces allégations.

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