La fille d’Eli Cohen conseille à Netanyahu un autre mode de communication
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La fille d’Eli Cohen conseille à Netanyahu un autre mode de communication

La Russie aurait transféré en Israël un objet appartenant à l'espion, selon Benjamin Netanyahu. La famille d'Eli Cohen préférerait l'apprendre du Premier ministre en privé

L'espion du Mossad Eli Cohen, exécuté en Syrie en 1965. (Israël GPO)
L'espion du Mossad Eli Cohen, exécuté en Syrie en 1965. (Israël GPO)

L’objet a été trouvé en Syrie et est actuellement examiné à la recherche de preuves supplémentaires.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé mercredi à i24News qu’une recherche de la dépouille de Cohen par les autorités russes était en cours en Syrie.

« C’est exact. C’est tout ce que je peux vous dire », a indiqué M. Netanyahu à la chaîne, ajoutant qu’il était déterminé à rapatrier tous les membres des services de sécurité israéliens qui sont détenus à l’étranger, qu’ils soient vivants ou morts. Il a déclaré que ce nouveau développement a pu avoir lieu grâce à ses liens étroits avec le président russe Vladimir Poutine.

« Je crois que ma relation personnelle avec Vladimir Poutine est un atout stratégique important pour Israël », a fait valoir Netanyahu, à présent en campagne pour les élections législatives du 23 mars cruciales à sa survie politique.

« Nous ne cessons de chercher Eli Cohen (…) et je ne dis pas que nous le faisons par l’intermédiaire de la Russie », a-t-il affirmé plus tard dans une déclaration à la radio militaire.

La Russie, qui est alliée au président syrien Bashar el-Assad, a récemment aidé Israël à trouver et à récupérer les restes du soldat israélien Zachary Baumel, disparu lors de la première guerre du Liban en 1982. Ce dénouement a également eu lieu quelques semaines avant les élections de 2019.

La fille d’Eli Cohen, Sophie Ben Dor, a minimisé l’importance de la confirmation de Netanyahu.

« Tant qu’il n’y a pas de nouvelles et de découvertes confirmées, il me semble que je n’ai rien à dire sur le sujet », a-t-elle déclaré mardi à la Treizième chaîne.

« On a l’impression qu’ils jouent avec nous, ma famille et nos sentiments », a-t-elle ajouté.

« Nous ne savons pas s’il s’agit d’un coup de pub avant les élections », laissant entendre que Netanyahu pourrait exploiter ces informations pour son propre profit politique.

« Si le Premier ministre sait quelque chose, il devrait nous en informer en privé et non par le biais des médias », a-t-elle conclu.

Pas plus tard que la semaine dernière, la veuve d’Eli Cohen a jeté le doute sur une information selon laquelle des soldats russes recherchaient ses restes en Syrie.

« Ce n’est pas une confirmation de ce qui va vraiment se passer », avait en effet déclaré Nadia Cohen dimanche lors d’une interview avec la Treizième chaîne. « Je suis heureuse qu’Eli soit évoqué à la télévision, cité par de hauts fonctionnaires ».

Les commentaires de Mme Cohen faisaient suite à un article paru sur le site d’information arabe Ray Al-Youm, selon lequel, ces derniers jours, les soldats russes en Syrie avaient intensifié leurs efforts pour retrouver les restes de l’espion.

Selon l’article, les soldats ont exhumé des tombes dans le cimetière du camp de réfugiés de Yarmouk et fouillé des grottes autour de Damas, suite à la « pression incessante » d’Israël.

Cohen a infiltré les plus hauts niveaux de la direction politique de la Syrie dans les années précédant la guerre des Six Jours de 1967, et les informations qu’il a obtenues sont considérées comme ayant joué un rôle clé dans le succès étonnant d’Israël dans cette guerre.

Il a été jugé et exécuté par le gouvernement syrien pour espionnage le 18 mai 1965, après avoir infiltré avec succès le gouvernement syrien sous le pseudonyme de Kamel Amin Thaabet pendant quatre ans.

Le corps de Cohen n’a pas été restitué par la Syrie, malgré des décennies d’appels de sa famille. Israël a demandé l’aide de la Russie dans cet effort, en vain jusqu’à présent.

Un journaliste et activiste palestinien à Damas requérant l’anonymat a indiqué à l’AFP que « des résidents avaient pu observer des soldats russes » entrer dans le cimetière du camp.

Il est « certain que le corps d’Eli Cohen n’est pas dans le camp (…) et qu’il a été transporté dans un lieu sûr », a déclaré à l’AFP un haut responsable d’une faction palestinienne, également basé à Damas et requérant l’anonymat.

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