La France et l’Iran vont échanger des ambassadeurs
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La France et l’Iran vont échanger des ambassadeurs

Les relations entre la France et l'Iran sont entrées dans une période de forte tension à l'été 2018. Les deux pays n'ont plus d'ambassadeurs en poste depuis plus de six mois

Le président français Emmanuel Macron, à gauche, avec le président iranien Hassan Rouhani, au Millennium Hotel de New York, le 18 septembre 2017. (Crédit : Ludovic Marin/AFP)
Le président français Emmanuel Macron, à gauche, avec le président iranien Hassan Rouhani, au Millennium Hotel de New York, le 18 septembre 2017. (Crédit : Ludovic Marin/AFP)

La France et l’Iran vont échanger des ambassadeurs après plusieurs mois de crise diplomatique, a-t-on appris mercredi de sources officielles.

Bahram Ghassémi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, a été nommé ambassadeur d’Iran à Paris, selon une source officielle iranienne.

Le Journal officiel de la République française publie de son côté mercredi le décret de nomination de Philippe Thiébaud comme « ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République islamique d’Iran ».

Les relations entre la France et l’Iran sont entrées dans une période de forte tension à l’été 2018. Les deux pays n’ont plus d’ambassadeurs en poste, à Paris comme à Téhéran, depuis plus de six mois.

Cette crise a été liée à plusieurs dossiers.

Fin juin, une tentative d’attentat à l’explosif contre le rassemblement à Villepinte, près de Paris, d’un groupe d’opposition iranien, les Moudjahidines du peuple (MEK), avait été déjouée.

Le public brandit des photos de proches tués par le régime iranien au rassemblement Free Iran 2018, à Villepinte, le 30 juin 2018. (Crédit : AFP / Zakaria ABDELKAFI)

La France a accusé une branche du ministère des Renseignements iranien d’avoir planifié ce complot présumé.

Téhéran, qui dément strictement les accusations françaises, reproche de son côté à Paris d’héberger le MEK, que l’Iran qualifie de « secte terroriste d’hypocrites ».

Les relations bilatérales franco-iraniennes sont également compliquées par les exigences françaises de voir l’Iran renoncer à ses programmes de missiles balistiques. Téhéran dénonce pour sa part les ventes d’armes massives de Paris à ses voisins comme l’Arabie saoudite ou les Emirats arabes unis.

Mais la France est par ailleurs l’un des trois pays européens (avec l’Allemagne et la Grande-Bretagne) engagés dans une tentative de sauvetage de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, torpillé par la décision américaine de quitter ce pacte en mai 2018.

Pour l’instant, les efforts des trois pays européens sont jugés largement insuffisants par Téhéran.

La nouvelle de la nomination des nouveaux ambassadeurs survient au lendemain de la publication dans le journal ultraconservateur iranien Kayhan d’un article appelant à l’expulsion de diplomates français présents en Iran en représailles contre la France.

Selon Kayhan, la France aurait expulsé à l’automne un diplomate iranien en poste à Paris l’accusant d’avoir été lien avec l’attentat déjoué de Villepinte.

Cette information n’a jamais été confirmée officiellement, ni démentie, tant par Paris que par Téhéran.

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