Iran : un journal ultra appelle à l’expulsion de diplomates français
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Iran : un journal ultra appelle à l’expulsion de diplomates français

Le quotidien Kahyan veut répliquer l’expulsion de deux diplomates néerlandais en réponse à une mesure similaire ayant visé en juin 2018 deux diplomates iraniens en poste à La Haye

Le drapeau iranien (Crédit : Vincent Calvo/CC BY SA 3.0)
Le drapeau iranien (Crédit : Vincent Calvo/CC BY SA 3.0)

Un journal ultraconservateur iranien a appelé mardi à l’expulsion de diplomates français présents en Iran en représailles contre la France.

« L’Iran a renvoyé deux diplomates néerlandais, il est temps maintenant de répondre à la France », indique le titre de l’article, publié en une du quotidien Kayhan, selon lequel un diplomate iranien en poste à Paris aurait été expulsé à l’automne.

Téhéran a confirmé lundi l’expulsion de deux diplomates néerlandais en réponse à une mesure similaire ayant visé en juin 2018 deux diplomates iraniens en poste à La Haye.

« On attend que le ministère des Affaires étrangères, après sa décision tardive mais louable d’expulser les diplomates néerlandais, réponde en appliquant le principe de réciprocité à la France, qui, de manière insolente et vile, a accusé et expulsé notre diplomate de son sol », peut-on lire dans l’article de Kayhan, signé de son service politique.

Le quotidien avait rapporté mi-octobre, sans plus de détails, qu’un diplomate iranien avait été expulsé de France « quelques semaines » plus tôt. L’information n’a jamais été confirmée officiellement, ni démentie, tant par Paris que par Téhéran.

Kayhan est le porte-voix de la frange ultra-conservatrice du système politique iranien. Son directeur et rédacteur en chef, Hossein Chariatmadari a été nommé à son poste par Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique, en 1993.

Les relations franco-iraniennes traversent une période de fortes tensions depuis l’été 2018. Les deux pays n’ont plus d’ambassadeurs en poste, à Paris comme à Téhéran, depuis plus de six mois.

Fin juin, une tentative d’attentat à l’explosif contre le rassemblement à Paris d’un groupe d’opposition iranien, les Moudjahidines du peuple (MEK), avait été déjouée. La France avait accusé une branche du ministère des Renseignements iranien d’avoir planifié ce complot présumé.

Accusé de complicité, un diplomate iranien en poste en Autriche avait été remis en octobre à la Belgique, qui enquête sur cette affaire.

Téhéran, qui dément strictement les accusations françaises, reproche de son côté à Paris d’héberger le MEK, que l’Iran qualifie de « secte terroriste d’hypocrites ».

Les relations bilatérales franco-iraniennes sont également compliquées par les exigences françaises de voir l’Iran renoncer à ses programmes de missiles balistiques. Téhéran dénonce pour sa part les ventes d’armes massives de Paris à ses voisins comme l’Arabie saoudite ou les Emirats arabes unis.

Mais la France est par ailleurs l’un des trois pays européens (avec l’Allemagne et la Grande-Bretagne) engagés dans une tentative de sauvetage de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, torpillé par la décision américaine de quitter ce pacte en mai 2018.

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