La France ne rendra finalement pas hommage à Pétain
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La France ne rendra finalement pas hommage à Pétain

L'exécutif a souligné que le chef d'état-major irait samedi "fleurir la tombe des cinq maréchaux qui sont aux Invalides où il n'y a pas Pétain"

Emmanuel Macron rend hommage à l'écrivain Maurice Genevoix dans le cadre de commémoration du centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, le 6 novembre,2018. (Crédit : AP Photo/Francois Mori, Pool)
Emmanuel Macron rend hommage à l'écrivain Maurice Genevoix dans le cadre de commémoration du centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, le 6 novembre,2018. (Crédit : AP Photo/Francois Mori, Pool)

Emmanuel Macron a qualifié jeudi de « fausse polémique » les réactions à ses propos la veille sur le maréchal Pétain, pour lequel « il n’a jamais été question d’avoir une célébration individuelle ».

« Il faut reconnaître la vérité de l’histoire mais rester dans notre devoir de mémoire et rester aux conséquences de l’indignité qui a été reconnue » en 1945 au héros de la Grande Guerre devenu le chef du régime collaborationniste de Vichy, a expliqué le président de la République à Maubeuge, dénonçant la « boîte à folie » des « polémiques inutiles ».

M. Macron avait créé la controverse mercredi en jugeant « légitime » d’inclure Pétain, au nom de son rôle dans la Première Guerre mondiale, dans un hommage rendu samedi aux Invalides aux chefs militaires de ce conflit.

L’exécutif a ensuite souligné que le chef d’état-major irait samedi « fleurir la tombe des cinq maréchaux qui sont aux Invalides où il n’y a pas Pétain ».

« Notre pays, il a besoin, je le dis très franchement, d’autres polémiques et d’autres discussions que celle-ci », a réagi le président devant des journalistes à Maubeuge, avant de se justifier en distinguant, « ce que tous mes prédécesseurs ont fait (…), les deux figures de Pétain ».

« Il y a un maréchal Pétain qui a été un des acteurs et des grands soldats de 14-18, et ça vous ne pouvez pas l’effacer, et donc j’ai simplement dit : on n’efface pas l’histoire, on n’est pas les procureurs de l’histoire », a poursuivi le chef de l’Etat.

Emmanuel Macron a enfin rappelé que jusqu’à Jacques Chirac (1995-2007), les présidents de la République avaient fait fleurir chaque année la tombe de Pétain à l’île d’Yeu.

L’entrevue de Montoire, le 3 octobre 1940, entre le maréchal Pétain et Adolf Hitler (Crédit : wikimedia commons)

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il prit le commandement du régime de Vichy, du nom de la ville du centre de la France où il se réfugia, assurant de 1940 à 1944 le gouvernement du pays et une collaboration très active avec l’occupant allemand. Celle ci s’est notamment rendue responsable de rafles massives parmi la population juive. Cette politique fit de 10 000 à 15 000 morts et 80 000 déportés civils.

Condamné à mort en 1945 à l’âge de 89 ans, la peine du militaire avait été commuée en prison à perpétuité qu’il avait purgée jusqu’à son décès, six ans plus tard.

Ces dernières années, certains cadres de l’extrême droite française ont tenté de réhabiliter son nom.

Jeudi, Jean-Marie le Pen, co-fondateur du Front national (devenu Rassemblement national, extrême droite) a d’ailleurs estimé que Pétain « devait faire partie du groupe des maréchaux » inclus dans l’hommage prévu samedi.

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