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La Grèce s’oppose à l’abattage rituel et appelle à une solution alternative

Les associations juives avaient mis en garde contre les "conséquences en aval" de la décision de l'UE de l'année dernière confirmant les interdictions belges

Image d'illustration d'une démonstration d'un abattage rituel de chèvres pour des étudiants juifs ultra-orthodoxes à Zichron Moshe, le 26 avril 2011. (Crédit : Yaakov Naumi/Flash90)
Image d'illustration d'une démonstration d'un abattage rituel de chèvres pour des étudiants juifs ultra-orthodoxes à Zichron Moshe, le 26 avril 2011. (Crédit : Yaakov Naumi/Flash90)

La plus haute juridiction grecque s’est prononcée mercredi contre la réglementation actuelle autorisant l’abattage rituel, répondant ainsi aux craintes exprimées l’année dernière par certains dirigeants juifs après que le plus haut tribunal de l’Union européenne se soit prononcé en faveur de telles interdictions.

Le tribunal a rejeté l’autorisation actuelle d’abattage, accordée par une décision ministérielle qui exempte l’abattage rituel de l’obligation générale d’étourdir les animaux avant de les tuer.

Les juges ont déclaré que les législateurs doivent trouver un moyen de répondre aux demandes des défenseurs des droits des animaux et aux besoins des juifs et des musulmans qui suivent les lois sur l’alimentation dans leurs traditions.

« Le gouvernement doit réglementer la question de l’abattage des animaux dans le cadre du culte de manière à garantir à la fois la protection des animaux contre tout désagrément pendant l’abattage et la liberté de culte des musulmans et des Juifs religieux vivant en Grèce », a déclaré le tribunal, selon le site d’information grec Protothema.

En décembre dernier, la plus haute juridiction de l’Union européenne a confirmé l’interdiction, dans certaines régions de Belgique, d’abattre des animaux pour la viande sans les étourdir au préalable. Cette décision signifiait que l’abattage conforme à la loi juive, qui exige que les animaux soient conscients lorsque leur cou est coupé, serait interdit dans ces régions, comme c’est le cas dans d’autres parties de l’Europe.

Selon Protothema, la plus haute juridiction grecque n’a pas cité ce jugement dans sa décision de mardi sur une pétition déposée par la Fédération panhellénique pour le bien-être animal et l’environnement. Mais les groupes juifs qui ont examiné les interdictions d’abattage rituel sur le continent européen ont déclaré que le lien était indéniable.

« Nous avons mis en garde en décembre contre les conséquences en aval qu’entraînait l’arrêt de la Cour de justice européenne, et nous en voyons maintenant le résultat », a déclaré le rabbin Menachem Margolin, président de l’Association juive européenne. « La liberté de religion juive est directement attaquée. Cela a commencé en Belgique, s’est déplacé en Pologne et à Chypre, et maintenant c’est le tour de la Grèce. »

Le rabbin Jacob Werchow présente des oies abattues par son équipe à Csengele, en Hongrie, le 29 septembre 2021. (Crédit : Cnaan Liphshiz/JTA)

En 2011, les Pays-Bas ont brièvement rejoint plusieurs pays de l’UE où l’abattage rituel est illégal, notamment le Danemark, la Suède, la Finlande, l’Estonie et la Slovénie. Le Sénat néerlandais est revenu sur cette interdiction en 2012, invoquant la liberté de culte. La Pologne a également proscrit cette pratique en 2013, mais a depuis réduit l’interdiction pour n’inclure que la viande destinée à l’exportation.

Les interdictions de l’abattage casher – che’hita – font partie d’une lutte en Europe entre les militants du bien-être animal et les représentants des communautés musulmanes et juives. Ces dernières années, des militants anti-immigration et des politiciens mécontents de l’immigration de musulmans en Europe ont rejoint le débat. Une lutte similaire se déroule autour de la circoncision non médicale des garçons – brit milah – dans la tradition juive.

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