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La hausse des prix et l’instabilité politique sapent la confiance des consommateurs

La combinaison de la hausse des taux d'intérêt, de l'inflation, des problèmes de logement et des élections imminentes provoque une incertitude économique, d’après le CBS

Un épicier dans la ville de Katzrin, dans le nord du plateau du Golan, le 1er juillet 2022. Illustration (Crédit : Michael Giladi/Flash90)
Un épicier dans la ville de Katzrin, dans le nord du plateau du Golan, le 1er juillet 2022. Illustration (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Avec les coûts de logement et l’inflation en hausse, et des énièmes élections nationales prévues pour le 1er novembre, les Israéliens se montrent de moins en moins confiants dans la croissance économique, selon une étude publiée mardi.

Une enquête auprès des consommateurs réalisée par le Bureau central des statistiques (CBS) pour le mois de juin a révélé que la confiance globale des consommateurs a chuté de sept points en juin, par rapport à mai.

Cette enquête fournit des données mensuelles pour une série d’indicateurs et est menée auprès d’un échantillon représentatif de participants âgés de plus de 21 ans. Quelque 8 800 participants sont interrogés sur leur appréciation générale de la situation économique, leurs attentes concernant un changement de la situation et leurs projets d’achats importants et d’épargne dans un avenir proche. Ces évaluations portent sur trois périodes : l’année écoulée, le présent et l’année à venir.

L’indice est noté sur une échelle de plus 100 à moins 100, zéro marquant le point médian où les gens se définissent comme n’étant ni optimistes ni pessimistes. Plus un chiffre est proche de 100, plus les consommateurs se montrent plus confiants ; plus un chiffre est proche de moins 100, moins ils sont confiants.

La récente enquête a montré que la confiance des consommateurs est passée de -14 points en mai à -21 points en juin.

À la question de savoir s’ils ont confiance dans la situation économique globale et dans les perspectives d’Israël pour l’année à venir, l’indice a chuté à -34 points, après avoir augmenté en mai à -24, ce qui pourrait être une réaction à l’incertitude politique combinée à la hausse des prix.

En juin, les personnes questionnées sur les changements attendus dans la situation économique de leur propre ménage au cours de l’année à venir avaient répondu par -1 point, contre 5 le mois précédent.

Un chantier de construction de nouveaux bâtiments résidentiels dans un nouveau quartier de Beer Yaakov, le 26 mars 2020. (Crédit : Flash90)

Interrogés sur les changements qui ont déjà eu lieu dans la situation économique de leur ménage au cours de l’année écoulée, l’indice a inversé la tendance à la hausse constante depuis le début de l’année et est tombé à moins -21 – une indication que les gens se perçoivent comme étant dans une situation nettement moins bonne aujourd’hui qu’il y a un an.

Sans surprise, lorsqu’on leur demande s’ils ont l’intention de faire des achats importants (maisons, voitures, etc.) au cours de l’année prochaine, par rapport à leurs projets de l’année dernière, la confiance est tombée à -26 points (contre -21 en mai). On observe des signaux de ralentissement sur le marché du logement, ce qui pourrait être lié.

Dans l’ensemble, l’indice global de confiance relative des consommateurs a chuté à -31 points. Un chiffre négatif élevé qui indique que les gens vont limiter leurs dépenses parce qu’ils ne sont pas suffisamment optimistes pour l’avenir.

L’indice utilise les lignes directrices standard de l’OCDE, et malgré les baisses soulignées, la confiance globale en Israël reste plus élevée et se maintient sa place devant l’Espagne, le Portugal, l’Italie, le Royaume-Uni et le pays le plus pessimiste, le Japon.

L’indice de confiance des consommateurs a été volatil pendant toute la durée de la pandémie du COVID, baissant au fur et à mesure de l’application des mesures de restriction et augmentant lorsque les campagnes de vaccination faisaient effet.

Lors du premier lockdown général, l’indice était tombé à -31 ; il a atteint -28 lors du deuxième lockdown.

Mais de novembre 2020 à juillet 2021, la confiance des consommateurs n’a cessé d’augmenter. L’indice, qui a atteint un pic de -1 en août 2021, avait augmenté car aucune restriction n’avait été imposée au pays pendant les fêtes juives et aucun autre lockdown n’avait été mis en place.

D’une manière générale, la baisse de la confiance et l’intention de reporter les achats importants reflètent les préoccupations générales concernant les dépenses des ménages, et notamment le coût du logement qui continue d’augmenter beaucoup plus vite que l’inflation. Les chiffres les plus récents font état d’une inflation de 4,1 %, et l’on prévoit qu’elle augmentera encore cette année civile. Cette situation a entraîné une hausse des taux d’intérêt – jusqu’à 1,25 % – qui a un impact presque immédiat sur le revenu disponible des ménages bénéficiant d’un taux hypothécaire variable.

La Banque d’Israël a déclaré que l’économie israélienne se portait relativement bien. Mais le ralentissement mondial a effrayé les investisseurs et affecté les levées de fonds et la croissance des entreprises tech dans le monde entier.

En Israël, un mouvement de protestation pour le logement est en train de prendre de l’ampleur, et réclame des mesures gouvernementales concernant les prix de location et d’achat des logements, ainsi que le coût de la vie en général.

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