La Haute cour reporte la démolition de 15 habitations à Netiv Haavot
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La Haute cour reporte la démolition de 15 habitations à Netiv Haavot

Mais Esther Hayut a refusé d'épargner six des maisons de l'avant-poste dont seulement de petites parties avaient été construites sur des terres qui n'appartiennent pas à l'Etat

Jacob Magid est le correspondant implantations du Times of Israël

Des agents de la police des frontières surveillent près des tracteurs pendant les préparatifs pour l'évacuation et la démolition de l'avant-poste illégal de Netiv Haavot le 7 février 2018. (Gershon Elinson/Flash90)
Des agents de la police des frontières surveillent près des tracteurs pendant les préparatifs pour l'évacuation et la démolition de l'avant-poste illégal de Netiv Haavot le 7 février 2018. (Gershon Elinson/Flash90)

La Haute cour de justice a accepté mercredi la requête de l’Etat demandant le report de trois mois de la démolition, la semaine prochaine, de 15 habitations situées dans l’avant-poste illégal de Netiv Haavot.

Citant une évaluation faite par le ministère de la Défense, qui avait indiqué que la construction d’une communauté temporaire pour les habitants devrait être achevée au 15 juin, la cheffe de la Haute cour Esther Hayut a accepté le report de l’évacuation prévue mardi prochain à cette date.

Le jugement a clairement établi qu’il s’agirait « de l’extension finale, à la fin de laquelle les demandeurs devront exécuter le jugement [de démolition des maisons] comme écrit ».

La cour a néanmoins rejeté la deuxième partie de la demande de l’Etat visant à sauver six des habitations illégalement construites en ne faisant disparaître que les « parties problématiques » qui pénètrent sur des terrains appartenant aux Palestiniens sur une certaine longueur.

L’une des 15 maisons promises à la démolition dans le quartier de Netiv Haavot, dans l’implantation d’Elazar, le 4 décembre 2016 (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Une requête identique avait été soumise en début d’année 2017 par les habitants, mais elle avait été rejetée par la Haute cour au mois d’octobre. Dans sa décision toutefois, Hayut a écrit que si ces six maisons avaient obtenu des permis de construire avant leur construction, elles auraient pu être épargnées.

Mercredi, elle a encore répété que ce n’était pas seulement le fait que les habitations aient été construites sur des terres volées – parfois de manière marginale – qui avait décidé de leur destruction. Elle a rappelé qu’elles avaient été construites sans permis, après l’émission d’ordonnances de démolition qui avaient été transmises au moment où les constructions avaient commencé, et après que des ordres d’arrêter les travaux ont été lancés.

Pour prendre cette décision, la cour a fait savoir qu’elle avait pris en compte un courrier écrit par les familles de Netiv Haavot et qui accompagnait la demande de report, jurant « d’évacuer les maisons sans résistance, sans violence, ainsi que de ne pas faire venir de manifestants » dans leurs habitations.

Saluant cette décision, les résidents ont estimé que « la haute cour de justice a fait ce qu’elle devait faire en se conformant à la requête de l’Etat de reporter les destructions au moins jusqu’au moment où une solution humanitaire sera trouvée ».

« Toutefois, la lutte des habitants de Nativ Haavot ne s’arrêtera pas avant que les familles soient en mesure de revenir dans des maisons permanentes et dans notre quartier », ont-ils écrit dans un communiqué émis mercredi.

Manifestation des résidents de Netiv Haavot contre la démolition de 17 structures de leur avant-poste devant la Knesset, le 17 juillet 2017. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israël)

Tandis que l’organisation-cadre pro-implantations du conseil de Yesha a salué la Haute cour pour « avoir enfin pris en compte les habitants », le groupe a toutefois exprimé ses regrets face au rejet de la proposition d’épargner six maisons.

« Nous serons plus forts et plus prospères et, pour chaque maison démolie, nous en construirons dix dans le quartier de Netiv Haavot », a dit le conseil de Yesha.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a indiqué être satisfait du jugement rendu par le tribunal, « qui nous permettra de mener à son terme le dialogue avec les habitants et de trouver une solution de compromis ».

L’ONG anti-implantations La paix maintenant a également accepté la décision, remerciant la cour d’avoir rejeté la demande « absurde » de l’Etat de sauver six maisons en supprimant « les parties problématiques ».

Le groupe a ajouté espérer que ce délai « ne sera pas exploité par les habitants pour de nouvelles tentatives d’échapper à la mise en oeuvre du jugement ».

Les forces de sécurité évacuent les habitants israéliens d’implantations de l’avant-poste illégal de Netiv Haavot en Cisjordanie, le 29 novembre 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Tandis qu’ils pourraient ne pas pénétrer eux-mêmes dans les habitations, des centaines de jeunes devraient pourtant se rendre à Netiv Haavot le jour de l’évacuation.

Le mois dernier, les résidents avaient accueilli environ 1 000 jeunes pour le Shabbat, tentant de glaner des soutiens avant les démolitions du mois de mars. Fréquente lors des destructions passées réalisées au sein des implantations israéliennes, la présence de jeunes manifestants lors de telles opérations a souvent entraîné des violences avec les soldats.

Ce jugement de mercredi survient trois jours après que le cabinet a approuvé une proposition concernant le lancement du processus de légalisation de Netiv Haavot.

Si cette approbation ne concerne pas les maisons que la Haute Cour de justice a promis à la démolition,les résidents ont bien l’intention d’utiliser cette légalisation du reste de l’avant-poste où vivent plus de 20 autres familles pour faire avancer la construction de 350 logements supplémentaires, ce qui décuplera ce quartier de l’implantation d’Elazar.

De plus, les ministres du gouvernement ont autorisé l’octroi par le ministère des Finances de la somme de presque 60 millions de shekels au conseil régional de Gush Etzion – l’organisme de représentation municipale de l’implantation d’Elazar, où se trouve Netiv Haavot.

Les activistes de Peace Now protestent en face du quartier de Netiv Haavot en faveur de la démolition de l’avant-poste ordonnée par le tribunal le 15 février 2018. (Gershon Elinson/Flash90)

Presque la moitié des fonds qui seront transférés — 29 millions de shekels – iront à la construction d’un quartier temporaire pour les 15 familles dont les habitations sont promises à la démolition jusqu’à l’édification de maisons permanentes pour eux, à proximité.

Tandis que le plan pour la communauté des collines a d’ores et déjà été accepté pour la construction, la proposition du cabinet permettra de garantir que les fonds nécessaires seront débloqués.

Un montant supplémentaire de 24 millions de shekels sera alloué aux résidents à titre de compensation pour les maisons démolies construites illégalement; et 2,25 millions de shekels couvriront le séjour des résidents dans des maisons d’hôtes pendant trois mois, si le quartier provisoire n’est pas terminé à temps avant la démolition.

C’est une décision de la Haute Cour de septembre 2016 qui avait d’abord ordonné les démolitions après avoir accepté la requête d’un groupe de Palestiniens qui soutenait que les maisons avaient été partiellement construites illégalement sur leurs terres.

L’arrêt demandait la démolition de 17 structures au total. Les deux non résidentiels – un atelier de menuiserie et un monument aux morts pour les soldats de Tsahal – ont été démolis l’année dernière.

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