La Jordanie signe un accord favorisant les mouvements des forces américaines
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La Jordanie signe un accord favorisant les mouvements des forces américaines

Les termes de l'accord stipulent que "les forces américaines peuvent posséder et circuler avec des armes sur le territoire jordanien dans l'exercice de leurs fonctions"

Un soldat américain lors d’un exercice à proximité d’Amman, en Jordanie, le 28 août 2019. (Crédit : Domaine public / U.S. Army National Guard / Sgt. Devon Bistarkey)
Un soldat américain lors d’un exercice à proximité d’Amman, en Jordanie, le 28 août 2019. (Crédit : Domaine public / U.S. Army National Guard / Sgt. Devon Bistarkey)

La Jordanie a rendu public dimanche un accord de défense avec les États-Unis qui favorise la liberté de mouvement des forces américaines, de leurs avions et de leurs véhicules sur le territoire du royaume.

Intervenant dimanche au Parlement, le ministre des Affaires étrangères Ayman Safadi a annoncé que cet « accord de défense avec les États-Unis avait été le fruit de longues négociations ».

« Il comprend 19 articles et une annexe contenant le statut juridique des forces américaines et des employés civils du département américain de la Défense et réglemente les relations entre les forces armées jordaniennes et américaines », a-t-il dit.

Sans avoir été soumis au Parlement, ce qui est exceptionnel, l’accord a été signé le 31 janvier et le gouvernement l’a approuvé le 17 février. Le décret royal a été publié le 16 mars au Journal officiel.

« L’accord vise à encadrer la coopération dans le domaine de la défense et à renforcer le soutien des États-Unis aux programmes de défense et à la sécurité et la stabilité du royaume grâce à l’obtention de formations et d’équipements militaires », a-t-il dit.

Selon lui, les États-Unis fournissent une aide militaire annuelle de 425 millions de dollars au royaume.

Les termes de l’accord, publiés sur le site d’information jordanien Ammon, stipulent que « les forces américaines peuvent posséder et circuler avec des armes sur le territoire jordanien dans l’exercice de leurs fonctions ».

L’agrément précise aussi qu’elles peuvent « transporter et stocker leur équipement et matériel de défense » et que « les forces et le personnel américains, ainsi que leurs avions et navires sont autorisés à entrer et sortir librement sur le territoire jordanien ».

Réagissant vivement à cet accord, le député islamiste Saleh al-Armouti a demandé au gouvernement son annulation « car il viole la Constitution et affecte la souveraineté jordanienne ».

Il a également fustigé le fait qu’il n’ait pas été présenté au Parlement pour approbation.

Répondant à ce député, M. Safadi a assuré que « l’accord n’affecte en aucun cas la souveraineté jordanienne, et tout ce qu’il contient est soumis au droit jordanien et est compatible avec le droit international ».

Il a ajouté que « l’accord n’autorise pas les forces américaines à mener des actions de combat à l’intérieur du royaume ».

La Jordanie qui reçoit plus d’un milliard de dollars d’aide annuelle des États-Unis, est considérée comme un allié clé de Washington qui a dirigé en 2014 une coalition internationale contre le groupe jihadiste État islamique en Syrie et en Irak.

Le soutien américain a commencé en 1951, époque à laquelle le royaume jordanien avait annexé la Cisjordanie.

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