La mère du terroriste d’Ariel l’appelle à se rendre
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La mère du terroriste d’Ariel l’appelle à se rendre

Cette habitante de Haïfa explique que son fils, un Israélien qui a poignardé à mort un rabbin, n'avait pas le droit de faire du mal à quelqu'un et "qu'il s'est détruit lui-même"

Abed al-Karim Assi, le terroriste qui a poignardé Itamar Ben-Gal à la jonction d'Ariel, le 5 février 2018 (publié avec autorisation)
Abed al-Karim Assi, le terroriste qui a poignardé Itamar Ben-Gal à la jonction d'Ariel, le 5 février 2018 (publié avec autorisation)

La mère d’un jeune homme recherché pour avoir mortellement poignardé un rabbin lors d’un attentat terroriste en Cisjordanie a déclaré mardi qu’il devait se rendre aux autorités et qu’un meurtre ne venait en aide à personne.

Abed al-Karim Assi, 19 ans, est parvenu à s’échapper suite à l’attaque, même après qu’un soldat israélien l’a frappé avec sa voiture alors qu’il était lancé à sa poursuite. Le jeune homme, qui est en possession d’une carte d’identité israélienne bleue – indiquant une résidence en Israël – n’a toujours pas été retrouvé.

Sa victime était le rabbin Itamar Ben-Gal, 29 ans, un père de quatre enfants originaire de l’implantation voisine de Har Bracha.

La mère d’Assi s’est exprimée devant les journalistes en conservant l’anonymat depuis son domicile dans la ville portuaire de Haïfa, dans le nord d’Israël, condamnant l’acte de son fils et l’appelant à se rendre aux forces de sécurité israéliennes. Elle a déclaré que les enquêteurs de police l’avaient informée qu’ils pensaient qu’Assi était bien l’auteur de l’attaque. Elle a indiqué n’avoir aucune idée de l’endroit où il serait susceptible de se cacher.

La femme, qui aurait une quarantaine d’année, a noté : « Mon fils n’a pas le droit de faire du mal à quelqu’un. Je condamne son acte et je l’appelle à se rendre parce que ce qu’il a fait n’a aidé personne. Au contraire, il s’est détruit lui-même, il a tout détruit ».

Assi avait utilisé sa carte d’identité israélienne bleue pour passer du temps des deux côtés de la Ligne verte. Son père habite à Naplouse, en Cisjordanie.

Itamar Ben-Gal, assassiné par un terroriste palestinien le 5 février 2018 photographié avec son épouse et sa famille (Autorisation)

Sa mère a expliqué que son fils avait un passé trouble. Assi n’avait que quarante jours lorsqu’il avait été enlevé à sa mère par les services sociaux, a fait savoir le site Ynet. Elle l’avait ensuite revu lorsqu’il était âgé de 16 ans et n’a depuis eu que des contacts intermittents avec lui dans les années qui ont suivi.

Le passé d’Assi a également été marqué par la toxicomanie et une période où il a été sans-abri. Toutes les tentatives visant à l’aider à se réintégrer ont échoué, a dit sa mère, qui a noté que ses propres problèmes conjugaux lui avaient valu l’assistance des services sociaux.

Le ministère des Affaires sociales a émis lundi dans la soirée un communiqué disant que le jeune homme « était connu de ses services ».

« Au cours des années, des initiatives ont été prises pour venir en aide au jeune homme qui avait été abandonné par ses parents », a précisé le communiqué, qui ajoutait que l’adolescent de 19 ans avait quitté plus d’une fois les programmes de logement et d’intégration auxquels il participait.

Assi avait également bénéficié de l’aide du Foyer Shanti de Tel Aviv destiné aux jeunes en situation de risque, où il avait vécu durant une courte période en 2016. Il était parti au bout de trois mois lorsque les administrateurs lui avaient dit qu’il ne pourrait plus effectuer ses visites hebdomadaires à sa famille, à Naplouse, de peur que ses déplacements entre Israël et la Cisjordanie ne soient exploités par des groupes terroristes.

Un ancien éducateur de l’assassin d’Ariel s’est également souvenu de sa jeunesse difficile

Assi était  » un garçon en crise « , a déclaré un éducateur qui s’est occupé d’Assi durant sa jeunesse troublée à la chaîne de télévision Hadashot.

« Sa mère ne l’ a pas reconnu dès son plus jeune âge, et le père vit à Naplouse et ne voulait pas non plus le reconnaître [en tant que fils] », a déclaré l’homme.

Assi a été « aimé par le personnel et par les autres jeunes » dans le cadre du programme pour les jeunes en difficulté, a poursuivi l’éducateur, ajoutant que lorsqu’il a entendu le nom du terroriste présumé, il a été « choqué ».

« Il n’ a jamais rien dit de nationaliste. Il n’avait aucun intérêt pour la politique et n’ a jamais exprimé aucune haine envers nous [Juifs], a-t-il ajouté.

La manière dont Assi a été identifié en tant qu’auteur de l’attaque au couteau n’a pas encore été clairement déterminée même si une séquence de la scène enregistrée par des caméras de surveillance permet de voir un homme arborant des caractéristiques faciales similaires.

La vidéo montre le terroriste traversant la route en se dirigeant vers Ben-Gal, qui se tient à un arrêt de bus, avant de le poignarder. Ben-Gal fuit alors en courant vers l’autre côté de la route, le terroriste à sa suite.

Les personnels médicaux ont tenté de réanimer Ben-Gal, qui a été poignardé trois fois dans la poitrine. Evacué vers l’hôpital de Petah Tikvah, il a succombé à ses blessures.

Il a été inhumé mardi dans l’implantation de Har Bracha.

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