La ministre de l’Immigration est en Ethiopie pour acheminer 500 Juifs en Israël
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La ministre de l’Immigration est en Ethiopie pour acheminer 500 Juifs en Israël

Quelque 14 000 Éthiopiens d'origine juive attendent de venir en Israël, mais le gouvernement n'en a autorisé pour le moment que 2 000

Sur cette photo de l'Agence juive, la ministre de l'Immigration Pnina Tamano-Shata et le dirigeant de l'Agence juive Isaac Herzog saluent 119 immigrants venus d’Éthiopie à l'aéroport Ben Gurion, le 21 mai 2020. (Crédit : Shlomi Amsalem)
Sur cette photo de l'Agence juive, la ministre de l'Immigration Pnina Tamano-Shata et le dirigeant de l'Agence juive Isaac Herzog saluent 119 immigrants venus d’Éthiopie à l'aéroport Ben Gurion, le 21 mai 2020. (Crédit : Shlomi Amsalem)

Le tout premier membre du cabinet israélien d’origine éthiopienne, la ministre de l’Immigration et de l’Intégration Pnina Tamano-Shata, est arrivée en Ethiopie samedi soir pour diriger le pont aérien de 500 membres de la communauté juive vers Israël cette semaine.

Jusqu’à 14 000 personnes d’ascendance juive attendent en Ethiopie pour venir en Israël, mais le gouvernement n’a autorisé le transport aérien que de 2 000 personnes en janvier 2021, malgré la pandémie et le récent déclenchement d’une guerre dans la région du nord du Tigray.

« L’un des objectifs nationaux que je me suis fixés en tant que ministre de l’Immigration et de l’Intégration est de mettre fin à la saga de ceux qui attendent en Ethiopie, une injustice qui dure depuis des décennies, qui provoque la séparation des familles et qui cause des dommages émotionnels à ceux qui se battent pour retrouver leurs proches », a déclaré Tamano-Shata lors de son départ d’Israël.

« 500 de nos concitoyens auront désormais le privilège de réaliser la vision de nos ancêtres de rejoindre Jérusalem », a-t-elle déclaré, ajoutant : « Le gouvernement d’Israël ne peut pas abandonner et négliger nos frères et sœurs qui attendent en Éthiopie depuis des années et des années. Cette injustice doit cesser et je continuerai à travailler jusqu’à ce que le dernier de ceux qui attendent fasse l’alyah et retrouve sa famille. »

Environ 9 000 des candidats à l’immigration attendent depuis 15 ans ou plus d’immigrer, selon des militants locaux. Environ un quart de ce nombre, situé dans la capitale Addis-Abeba, attend depuis plus de 20 ans, disent-ils, tandis que le reste, dans la ville de Gondar, attend depuis 15 à 20 ans.

Des femmes israéliennes de la communauté juive éthiopienne prient pendant la fête du Sigd, marquant le désir de « retourner à Jérusalem », alors qu’elles la célèbrent depuis une colline de la ville sainte surplombant le mont du Temple, le 16 novembre 2017. (AFP Photo/Gali Tibbon/File)

Le coronavirus a frappé le groupe particulièrement durement sur le plan économique, ont déclaré des sources au Times of Israël. Le travail s’est tari et la nourriture se fait rare, les prix ayant augmenté de 35 à 50 % ; les familles en Israël qui envoyaient auparavant de l’argent à leurs proches sont à court d’argent en raison de leurs propres problèmes liés à la COVID-19, et les organisations philanthropiques sont moins en mesure de collecter des dons en raison de la pandémie.

« Je fais actuellement pression pour une solution complète et rapide et qui sera bientôt présentée au gouvernement d’Israël », a déclaré Tamano-Shata. « Cela me pousse à retourner en tant que ministre du gouvernement dans le pays où je suis née et que j’ai quitté à l’âge de trois ans dans le cadre de l’opération Moïse, cette fois pour effectuer une mission nationale au nom du gouvernement d’Israël. »

Les combats entre le gouvernement du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et le Front populaire de libération du Tigray, dans le nord-ouest du pays, ont fait leur première victime au sein de la communauté juive de Gondar le 12 novembre dernier – Girmew Gete, 36 ans. Il attendait depuis 24 ans d’immigrer en Israël.

Depuis l’explosion des violences au Tigray, plus de 40 000 personnes en Éthiopie ont fui vers l’est du Soudan, et des roquettes sont tombées sur la capitale érythréenne Asmara et sur des villes éthiopiennes en dehors du Tigray, faisant craindre que le conflit ne s’étende. Des centaines de personnes auraient été tuées, dont au moins 600 civils qui, selon le défenseur des droits de l’homme éthiopien, ont été massacrés dans la ville de Mai-Kadra.

Ces dernières années, la politique du gouvernement israélien en matière d’immigration de Juifs éthiopiens a été marquée par des promesses non tenues. En 2013, l’Agence juive a déclaré la fin de l’alyah éthiopienne, suscitant les protestations de députés éthiopiens et de membres de la communauté en Israël. En novembre 2015, le gouvernement a pris la décision de transporter par avion vers Israël, dans un délai de cinq ans, « les derniers de la communauté » qui attendaient à Addis-Abeba et à Gondar.

Depuis cette décision, cependant, seuls 2 257 Éthiopiens ont été ramenés, selon les chiffres de l’Agence juive.

Des membres de la communauté juive éthiopienne, les Falash Mura, assistent à un office religieux avant de participer au repas du Seder de Pessah, dans la synagogue de Gondar, en Ethiopie, le 22 avril 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Environ 140 000 Juifs éthiopiens vivent aujourd’hui en Israël. Quelque 22 000 d’entre eux ont été transportés par avion en Israël lors de l’opération Moïse en 1984 et de l’opération Salomon en 1991, la plupart provenant de la communauté Beta Israel.

Alors que les immigrants juifs éthiopiens de la communauté Beta Israel sont reconnus comme étant pleinement Juifs, les immigrants d’Ethiopie appartenant à la petite communauté Falash Mura sont tenus de se convertir à l’orthodoxie après avoir immigré. Les Falash Mura sont des Juifs éthiopiens dont les ancêtres se sont convertis au christianisme, souvent sous la contrainte, il y a plusieurs générations. Quelque 30 000 d’entre eux ont immigré en Israël depuis 1997, selon le bureau du Premier ministre.

Comme le ministère de l’Intérieur ne considère pas les Falash Mura comme des Juifs, ils ne peuvent pas immigrer en vertu de la Loi du retour, et doivent donc obtenir une autorisation spéciale du gouvernement pour s’installer en Israël.

Sue Surkes a contribué à cet article.

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