La Mostra de Venise s’ouvre, avec un film israélien en lice pour le Lion d’or
Rechercher

La Mostra de Venise s’ouvre, avec un film israélien en lice pour le Lion d’or

Le plus ancien festival du monde démarre mercredi ; l'Israélien Amos Gitaï présentera son dernier film, "Laila in Haifa"

Le réalisateur Amos Gitai, au Festival de Venise, le 3 septembre 2018. (Crédit : AFP / Alberto PIZZOLI)
Le réalisateur Amos Gitai, au Festival de Venise, le 3 septembre 2018. (Crédit : AFP / Alberto PIZZOLI)

La course au Lion d’Or avec masques et caméras thermiques : la Mostra de Venise s’ouvre mercredi, premier grand festival international de cinéma dans un monde bouleversé par la pandémie, défiant la résurgence estivale du coronavirus.

18 films sont en lice pour le Lion d’or du meilleur film, dont « Laila in Haifa », le dernier de l’Israélien Amos Gitaï. Prix Robert Bresson à la Mostra en 2013, il entraîne cette fois les spectateurs lors d’une nuit fatidique dans une discothèque du port de Haïfa. Une occasion de voir un instantané dans cette ville où la coexistence s’est imposé.

Le jury sera présidé par l’Australienne Cate Blanchett. Elle aura l’honneur de choisir le récipiendaire du prestigieux Lion d’or, parmi des productions venues aussi bien d’Italie, d’Inde que de Pologne.

À ses côtés, l’acteur américain Matt Dillon, le réalisateur allemand Christian Petzold, ou encore la comédienne française Ludivine Sagnier, pour désigner le successeur de « Joker » de Todd Phillips, couronné l’an dernier avant de remporter cinq mois plus tard deux Oscars.

Des cinéastes confirmés sont de la compétition comme, outre Amos Gitaï, le Japonais Kiyoshi Kurozawa (« Wife of a Spy »). La France est représentée par un seul film, le drame « Amants » de Nicole Garcia.

Hors compétition, d’autres films pourraient faire parler d’eux, dont « One Night in Miami », pour lequel l’actrice afro-américaine Regina King passe derrière la caméra, sur les débuts du jeune Cassius Clay (qui deviendra Mohamed Ali). Le sujet tombe à pic, tant la question du racisme reste inflammable aux Etats-Unis, à deux mois de l’élection présidentielle.

Signe de l’importance du rendez-vous pour le monde du cinéma, les directeurs des huit plus grands festivals d’Europe, dont Cannes et Berlin, d’ordinaire en concurrence pour attirer les meilleurs films, ont prévu de marquer leur « solidarité envers l’industrie cinématographique mondiale », en plein marasme, en assistant à la soirée d’ouverture sur la lagune.

Un couple applaudit à côté d’un drapeau italien arborant le message « Tout ira bien », dans le quartier Garbatella, à Rome, le 14 mars 2020. (Crédit : AP Photo/Alessandra Tarantino)

La tenue de la 77e édition du plus ancien des festivals n’avait rien d’évident en Italie, l’un des pays d’Europe qui a payé le plus lourd tribut à la pandémie. Les studios ont la tête ailleurs, dans un secteur mis à terre par les conséquences de la crise sanitaire. Le grand rival historique, le festival de Cannes, n’a pas pu se tenir au printemps.

Si tout se passe comme prévu, la planète cinéma aura à nouveau un tapis rouge à admirer, et regoûtera à l’excitation des premières mondiales, dans les salles obscures du Lido.

Mais au prix d’une voilure réduite et de « mesures de sécurité extraordinaires, appliquées avec rigueur pour assurer à tous les participants tranquillité et absence de prise de risques », a souligné le directeur de la Mostra, Alberto Barbera. Du coup, « quelques films spectaculaires vont manquer (…) tandis que certains membres des équipes des films invités ne pourront pas venir », et pourront intervenir par vidéoconférence, a-t-il admis.

En conséquence, l’histoire d’amour entre Hollywood et Venise, où de grosses productions américaines étaient présentées et placées ainsi en orbite pour la saison des prix américains, est mise entre parenthèses. Les stars internationales se feront très rares.

Scanners thermiques, masque à l’intérieur et à l’extérieur des salles : sur le Lido, où se concentrent en bord de mer les structures accueillant projections et conférences de presse, la direction du festival veut éviter le scénario catastrophe d’un foyer de contamination.

Le nombre de places en salles a été divisé par deux pour assurer la distanciation sociale et un test est exigé pour tous ceux qui viennent d’en dehors de l’espace Schengen.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...