La Norvège demande des réponses sur la saisie d’un bateau à destination de Gaza
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La Norvège demande des réponses sur la saisie d’un bateau à destination de Gaza

Les activistes de la flottille disent que les soldats les ont frappés; Tsahal répond qu’il "a fait preuve d’un usage raisonnable de la force pour maîtrise les passagers résistants"

Le bateau "Liberté", l'un des navires se rendant à Gaza dans une flottille qui défiera le blocus israélien, au mois de juillet 2018 (Capture d'écran : Press TV/Twitter)
Le bateau "Liberté", l'un des navires se rendant à Gaza dans une flottille qui défiera le blocus israélien, au mois de juillet 2018 (Capture d'écran : Press TV/Twitter)

Mardi, la Norvège a appelé Israël à expliquer la saisie de dimanche d’un bateau battant pavillon norvégien alors qu’il tentait de forcer le blocus maritime de la bande de Gaza, contrôlée par le groupe terroriste palestinien du Hamas.

« Nous avons demandé aux autorités israéliennes de préciser les circonstances entourant la saisie du navire et la base légale de l’intervention », a déclaré le porte-parole du ministère norvégien des Affaires étrangères, selon Reuters.

Dimanche, la marine israélienne a saisi le « Liberté » et a arrêté les 22 passagers qui cherchaient à forcer la blocus de Gaza.

Israël a déclaré que le blocus maritime est nécessaire afin d’empêcher l’entrée d’armes et d’équipements militaires dans l’enclave palestinienne contrôlée par le Hamas qui pourrait les utiliser dans des attaques.

La flottille était organisée par la Coalition de la Flottille de la Liberté, une organisation-cadre visant à mettre un terme au blocus de Gaza. Le bateau était parti du port danois de Copenhague.

Oslo a également déclaré qu’il avait fourni une assistance consulaire aux cinq Norvégiens qui étaient parmi les 22 passagers à bord du bateau.

Le bateau « Awda », l’un des vaisseaux qui tente de rompre le blocus mis en oeuvre par Israël sur la bande de Gaza (Capture d’écran : YouTube)

Le groupe norvégien Bateau pour Gaza a demandé de mener une enquête sur des accusations d’usage inaproprié de la force par des troupes israéliennes, qui auraient frappé le capitaine du bateau sur la tête.

« C’est un bateau pacifique ; c’est impossible qu’il ait pu menacer la sécurité d’Israël », a déclaré le chef du groupe Torstein Dahle.

Tsahal a justifié l’usage de la force pendant la prise du navire, déclarant dans un communiqué cité par Hadashot TV qu’ »une enquête sur l’incident a montré que lors de la prise du bateau un usage raisonnable de la force avait été employé afin de maîtriser les passagers résistants ».

Audun Lysbakken, le chef du parti Socialiste d’opposition de Norvège, a appelé le ministère des Affaires étrangères du pays à protester contre le « piratage » du navire par Israël, déclarant que les marins avaient le droit de protester contre le blocus et demandant la libération des activistes.

Le ministère des Affaires étrangères d’Israël a déclaré qu’il allait répondre aux plaintes de la Norvège plus tard dans la semaine.

OPPDATERT PRESSEMELDNING! Voldsomt angrep på mannskap og aktivister ombord på #AlAwda som ble skutt med…

Posted by Ship to Gaza Norway on Tuesday, 31 July 2018

Le « Retour » était le premier des deux navires dans la « Flottille de Liberté » à essayer de forcer le blocus maritime qu’Israël impose à Gaza.

A bord de ce bateau, on pouvait notamment retrouver le Professeur Ismaïl Nazari, président de la campagne de boycott contre Israël en Malaisie, le Suédois Charlie Andreason, qui a été détenu en Israël pour son rôle sur le Marianne, un chalutier battant pavillon suédois qui conduisait une flottille de bateaux en juin 2015, l’activiste juif espagnol Zohar Shamir Chamberlain et Heather Milton-Lightening, une activiste de la cause des indigènes canadiens.

Israël impose un blocus sur Gaza depuis 2007 quand le groupe terroriste du Hamas, qui a juré la destruction d’Israël, a pris le contrôle du territoire à l’Autorité palestinienne soutenue internationalement.

Les critiques de cette politique soulignent l’aggravation des conditions humanitaires à Gaza et affirment que le blocus constitue une punition collective pour les deux millions de Palestiniens qui y vivent. De nombreux rapports ont évoqué que l’enclave côtière était « au bord de l’effondrement » et pourrait se diriger vers un nouveau conflit avec Israël si les conditions ne s’amélioraient pas.

L’Egypte garde également Rafah, son point de passage avec Gaza, largement fermé après plusieurs années de relations tendues avec le groupe islamiste qui contrôle Gaza.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre la ministre des Affaires étrangères Ine Marie Eriksen Søreide à Jérusalem, le 7 janvier 2017 (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

De nombreuses tentatives ont été effectuées pour attirer l’attention sur la cause palestinienne à l’aide des flotilles cherchant à forcer le blocus.

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