La participation d’Otzma Yehudit aux élections approuvée de justesse
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La participation d’Otzma Yehudit aux élections approuvée de justesse

Le parti pourra concourir suite à l’absence d’un travailliste au vote de la commission de la Knesset, donnant un résultat à égalité ; le Parti travailliste accusé de trahison

Le dirigeant d'Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, défend son parti lors d'un débat du Comité central des élections, le 14 août 2019. (Hadas Parush / Flash90)
Le dirigeant d'Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, défend son parti lors d'un débat du Comité central des élections, le 14 août 2019. (Hadas Parush / Flash90)

La commission centrale électorale a annulé de peu mercredi plusieurs pétitions visant à empêcher le parti extrémiste Otzma Yehudit de se présenter aux élections du 17 septembre.

Itamar Ben Gvir, Baruch Marzel et Bentzi Gopstein, trois dirigeants d’Otzma Yehudit, ont ensuite également obtenu le droit – pour l’instant – de se présenter aux élections.

Suite à un vote à égalité et après un débat animé, le comité, dirigé par un juge de la Cour suprême et composé de représentants des factions politiques sortantes de la Knesset, a finalement approuvé la participation du parti d’extrême droite au scrutin du mois prochain.

Les demandes de radiation des listes d’Otzma Yehudit ont été rejetées car l’un des deux représentants du Parti travailliste à la commission de la Knesset était absent lors du vote. Le responsable manquant a été identifié comme étant Sammy Sasson, beau-frère du dirigeant du Parti travailliste Amir Peretz.

Plus tard, le Parti travailliste a qualifié cette absence d’erreur humaine et a déclaré enquêter sur cet incident.

Le Parti travailliste faisait partie des pétitionnaires qui avaient demandé au comité d’empêcher les disciples du rabbin extrémiste Meir Kahane de se présenter aux élections.

Les dirigeants du Parti travailliste ont immédiatement fait face aux critiques issues d’autres partis de gauche, qui lui ont reproché le résultat à égalité.

Le Camp démocratique a déclaré que l’absence de Sasson et l’approbation d’Otzma dans la course aux élections constituaient un « abandon de leurs électeurs ».

« C’est fini : [Orly] Levy-Abekasis, [Amir] Peretz et [Itzik] Shmuli sont à droite. Le Parti travailliste vient d’abandonner de manière embarrassante ses électeurs opposés au racisme et aux Kahanistes et qui luttent contre ces forces obscures de la société israélienne », a déclaré le parti dans une déclaration.

Yair Lapid, numéro 2 de Kakhol lavan, a qualifié le vote de « scandale ».

« Il y avait une majorité en faveur de la disqualification d’Otzma, mais le représentant du Parti travailliste était introuvable », a-t-il tweeté peu après la décision. « Si leur racisme atteint la Knesset, ce sera la faute du Parti travailliste. »

Après le vote, la commission des élections a examiné différentes pétitions appelant à la disqualification des trois responsables Ben Gvir, Marzel et Gopstein. Le président de la commission, Hanan Melcer, de la Cour suprême, a accepté une demande des pétitionnaires de reporter le vote en raison de l’absence du responsable travailliste.

Les dirigeants d’Otzma Yehudit se sont décrits comme de fiers disciples de feu le rabbin Meir Kahane, qui prônait l’expulsion violente des Arabes d’Israël et de Cisjordanie et qui a proposé une loi rendant illégales les relations sexuelles inter-ethniques. Le parti Kach de Kahane a été déclaré illégal par les autorités israéliennes.

Otzma Yehudit soutient aujourd’hui l’idée d’encourager l’émigration des non-juifs d’Israël et d’expulser les Palestiniens et les Arabes israéliens qui refusent de se montrer loyaux envers Israël et d’accepter un statut réduit dans un État juif étendu, dont la souveraineté s’étendrait sur toute la Judée-Samarie [Cisjordanie].

Plus tôt cette année, la Cour suprême a empêché l’ancien chef du parti Otzma Yehudit, Michael Ben Ari, de se présenter aux élections d’avril, statuant que l’autoriser à faire campagne pour obtenir un siège à la Knesset reviendrait à légitimer l’idéologie anti-arabe et constituerait de l’incitation au racisme. Il a été remplacé à la tête du parti par Ben Gvir.

Dans un avis juridique soumis au comité plus tôt cette semaine, le procureur général Avichai Mandelblit a déclaré que le long historique de déclarations racistes de Marzel et Gopstein contre les Arabes constituait un motif de disqualification en vertu des lois anti-racistes israéliennes, mais qu’il n’y avait pas lieu que Ben Gvir ou que le parti entier soit éloigné de la course.

Au cours du débat, Ben Gvir a défendu son parti et affirmé qu’il ne nourrissait pas de sentiments racistes à l’égard des Arabes.

« Tout ce que j’ai dit et fait vient de mon désir de stopper l’assimilation », a-t-il déclaré. Ben Gvir a ensuite expliqué que la « démocratie juive » envisagée par son parti signifierait que « Ahmad Tibi ne serait pas autorisé à être membre de la Knesset, car il s’oppose à l’existence d’Israël ».

La députée de gauche Stav Shaffir a qualifié Otzma Yehudit « d’antisioniste et d’anti-démocratique » », suscitant les protestations de Ben Gvir et d’autres membres du parti participant au débat. Le président de la commission a ordonné que le microphone de Shaffir soit coupé après qu’elle a ignoré plusieurs appels visant à conclure sa déclaration.

Les décisions du comité ne sont pas définitives et nécessitent l’approbation de la Haute Cour de justice. Les pétitionnaires devraient faire appel de la décision devant la Haute Cour dans les prochains jours.

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