Mandelblit recommande la disqualification des candidats Gopstein, Marzel
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Mandelblit recommande la disqualification des candidats Gopstein, Marzel

Mais, dans son avis juridique, le procureur général dit que rien n'interdit la candidature d'Itamar Ben Gvir ; il rejette aussi les requêtes contre Kakhol lavan et la Liste unie

Les leaders d'Otzma Yehudit, (de gauche à droite) : Michael Ben Ari, Itamar Ben Gvir, Baruch Marzel et Bentzi Gopstein dans une vidéo de campagne de financement public, le 5 novembre 2018. (Capture d'écran : Otzma Yehudit)
Les leaders d'Otzma Yehudit, (de gauche à droite) : Michael Ben Ari, Itamar Ben Gvir, Baruch Marzel et Bentzi Gopstein dans une vidéo de campagne de financement public, le 5 novembre 2018. (Capture d'écran : Otzma Yehudit)

Le procureur général Avichai Mandelblit a recommandé mardi l’interdiction des candidatures de deux cadres du parti extrémiste Otzma Yehudit aux prochaines élections de septembre, soulignant dans le même temps que rien ne justifierait la disqualification de son dirigeant, l’avocat Itamar Ben Gvir, du scrutin.

Le procureur général a également rejeté et qualifié de futile la requête d’Otzma Yehudit demandant l’éviction du parti centriste Kakhol lavan de la course après une vidéo controversée contre les responsables politiques ultra-orthodoxes. Dans son avis juridique rendu mardi à la Commission centrale électorale, il s’est également opposé aux recours déposés contre la Liste arabe unie.

Cette recommandation repose sur la « Loi fondamentale : la Knesset », qui stipule que les partis ou candidats ne peuvent pas briguer de mandat s’ils se livrent à de la provocation à la haine raciale,

L’ancien numéro un d’Otzma Yehudit, Michael Ben-Ari, avait été interdit de se présenter aux élections d’avril par la Cour suprême en raison de cette même disposition légale, et avait été remplacé à la tête de la formation par l’avocat Itamar Ben-Gvir.

Le procureur général avait soutenu cette disqualification. Deux autres candidats, Baruch Marzel et Bentzi Gopstein, connaissent maintenant le même destin.

Cet avis juridique fait suite à une requête déposée par le Camp démocratique auprès de la Commission centrale électorale.

Le procureur général Avichai Mandelblit assiste à une cérémonie d’adieu dans les bureaux du ministère de la Justice à Jérusalem, le 4 juin 2019. (Hadas Parush/Flash90)

D’après La Treizième chaîne, la décision d’Avichai Mandelblit s’appuierait sur une longue liste de propos racistes virulents proférés à l’égard des Arabes par Marzel et Gopstein.

Gopstein dirige l’organisation raciste Lehava, qui s’oppose aux échanges, relations et mariages interconfessionnels et interethniques. Lehava a ainsi organisé de violentes manifestations en marge de mariages mixtes judéo-musulmans et de marches des fiertés. Elle appelle également les citoyens à lui signaler tout cas de femmes juives fréquentant un Arabe.

Dans un communiqué public que citerait l’avis de Mandelblit d’après la chaîne, Gopstein aurait déclaré au mariage de sa fille : « Disons que si un serveur arabe était là, il ne servirait pas la nourriture, il chercherait l’hôpital le plus proche. »

Marzel a, lui, dirigé le parti Kach du rabbin extrémiste Meir Kahane après l’assassinat de son fondateur en 1990 et est associé depuis longtemps avec l’objectif de la formation, à savoir purger le pays des Arabes. Kach a été dissous en 1994 après que le gouvernement israélien l’a déclaré organisation terroriste.

La recommandation du procureur citerait notamment ces commentaires de Marzel sur les citoyens arabes d’Israël : « Lorsque nous en aurons fini avec l’ennemi, cela libérera des dizaines de milliards de shekels qui sont aujourd’hui gaspillés. 60 % de l’argent de l’Institut des assurances nationales reviennent à l’ennemi. »

Otzma Yehudit a fustigé la décision, qui a fuité avant même que Mandelblit n’ait reçu les réponses du parti aux accusations formulées par le Camp démocratique.

Michael Ben Ari, au centre, Itamar Ben Gvir, à gauche, et le chef de Lehava Benzi Gopstein, tous du parti Otzma Yehudit, lors d’un événement à Jérusalem marquant le 27ème anniversaire de la mort du rabbin Meir Kahane, le 7 novembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Une fois de plus, il s’avère que le procureur général travaille pour les [Juifs] réformés et officie comme représentant de la gauche extrémiste au sein du ministère de la Justice. Cette fuite est scandaleuse, alors qu’Otzma Yehudit n’a pas encore répondu à l’appel déposé [contre ses candidats], prouve que son opinion a été décidée à l’avance. »

La formation a également accusé le procureur général de fermer les yeux sur « une longue série d’actions et de déclarations graves de la part de membres de la Knesset de la Liste [arabe] unie, qui ont notamment rendu visite et apporté de l’aide à des artisans du terrorisme incarcérés, et Mandelblit n’envisage même pas de les disqualifier ».

Elle a appelé à la démission immédiate du magistrat.

Les procureurs généraux n’ont pas le dernier mot en la matière, mais leurs recommandations se sont avérées déterminantes par le passé.

La commission centrale électorale, composée de représentants de formations de la Knesset sortante et dirigée par un juge de la Cour suprême, doit prochainement s’exprimer par un vote sur la participation d’Otzma Yehudit aux prochaines élections. Toute décision de la commission peut être contestée en appel auprès de la Haute Cour.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a tenté récemment, sans succès, de conclure un accord qui aurait vu Otzma Yehudit rejoindre une alliance de petits partis de droite pour les élections de septembre. L’organisation d’extrême droite n’a pas souhaité s’allier et se présentera donc seule.

Les manœuvres du Premier ministre en vue du scrutin d’avril avaient fonctionné, et le parti nationaliste avait rejoint l’Union des partis de droite,  mais aucun de ses candidats n’avait réussi à entrer à la 21e Knesset.

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