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La pénurie de matériel de construction jusqu’en 2040 compromet davantage le logement

Le ministère de l'Énergie prévient que l'offre nationale ne parviendra pas à répondre à la forte demande de matériaux de construction compte tenu des taux de croissance actuels

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans l'immobilier pour le Times of Israel.

Un chantier de construction en Israël, en mai 2022. (Crédit : Roman Mykhalchuk via iStock by Getty Images)
Un chantier de construction en Israël, en mai 2022. (Crédit : Roman Mykhalchuk via iStock by Getty Images)

Les matériaux de construction nécessaires à la construction de logements, de routes et d’infrastructures de transport risquent de manquer, au moins, jusqu’en 2040, a récemment averti le ministère israélien de l’Énergie dans un rapport détaillé qui évalue la demande en Israël de matières premières pour l’industrie de la construction et du pavage pour les décennies à venir.

Dans une annonce faite la semaine dernière, le ministère a publié un rapport de 121 pages (en hébreu) qui indique que la demande prévue de matières premières telles que la pierre, le sable, le gravier, le calcaire et d’autres matériaux organiques de base nécessaires aux industries de la construction et du pavage devrait s’élever à environ 2,08 milliards de tonnes pour les 17 prochaines années, sur la base des taux de croissance démographique actuels, soit une augmentation d’environ 360 millions de tonnes par rapport à la quantité prévue en 2022 lorsque le ministère avait mis à jour un plan stratégique national de 2017 consacré à l’exploitation des mines et des carrières.

Le rapport de 2022 avait montré que le ministère, qui supervise l’exploitation des mines et des carrières dans tout le pays, avait calculé la demande à environ 1,69 milliard de tonnes, soit 170 millions de tonnes de plus que les prévisions, cinq ans plus tard.

Le plan de 2017 était basé sur les chiffres de la demande calculés en 2009 et visait non seulement à répondre à la demande, mais aussi à constituer des réserves. Le rapport de 2022 indique clairement que les livraisons prévues ne seront pas suffisantes, ce qui entraînera un sérieux manque concernant ces matériaux et ce qui mettra en péril les projets de construction.

La dernière mise à jour, préparée par la société israélienne de conseil économique Heifetz and Company et publiée le 27 février, a incité le ministère à proposer une série de mesures destinées à compenser la pénurie attendue. Il s’agit notamment de poursuivre un plan existant datant de 2017 qui marquait des sites désignés pour l’exploitation de mines et de carrières, et d’établir des sites de déchargement pour les matériaux par le biais du transport ferroviaire dans des zones à forte demande dans le centre d’Israël. Selon le ministère, ces plans sont bloqués par des opposants qui soulèvent des objections de type « NIMBY », une référence à l’acronyme signifiant « pas dans mon arrière-cour ». Cette expression familière, souvent utilisée dans le monde du logement et de la construction, fait référence à l’opposition à de nouveaux développements et projets dans des quartiers et des zones, souvent de la part des résidents existants et des autorités locales.

Le ministère de l’Énergie a fait valoir que les travaux effectués sur ces sites dans le cadre du plan stratégique, appelé TAMA 14 B, « pourraient contribuer à augmenter les réserves disponibles dans les différentes carrières ». Une planification similaire devrait être entreprise en Cisjordanie sur des terrains privés et publics, a déclaré le ministère dans son annonce, en collaboration avec l’Administration civile du ministère de la Défense, qui est responsable des affaires civiles y-compris de la construction dans la zone C contrôlée par Tsahal.

Des ouvriers israéliens effectuant des travaux d’entretien des voies ferrées, le 8 juillet 2020. (Crédit : MagioreStock via iStock by Getty Images).

« Une autre mesure consisterait à demander aux entrepreneurs de mieux gérer les déchets de construction et de séparer les sous-produits sur le site afin de recycler les matériaux qui pourraient servir d’alternatives potentielles aux matériaux des carrières naturelles », a déclaré le ministère. Mais cette mesure ajouterait du temps et des coûts au travail des entrepreneurs, et ces dépenses sont souvent répercutées sur les clients.

Il devrait également être possible d’augmenter les importations de matériaux de construction de base par les frontières terrestres avec l’Égypte et la Jordanie, sans que cela n’ait d’incidence matérielle sur le coût de la construction. L’importation de ces matériaux lourds par voie maritime est beaucoup plus coûteuse et constitue une option de dernier recours, selon le ministère de l’énergie.

« Le développement continu de l’État d’Israël exige une continuité fonctionnelle de l’approvisionnement en matériaux d’extraction pour l’industrie de la construction et du pavage », a déclaré le ministère. « Les réserves de matières premières [pour l’industrie de la construction et du pavage] s’épuisent et, par conséquent, de nombreuses carrières ferment. »

Si les mesures proposées ne sont pas adoptées, « l’État d’Israël devra se préparer à une situation de grave pénurie de matériaux de carrière », a averti le ministère.

Les augmentations substantielles des prix des logements en Israël au cours des deux dernières années peuvent être en partie attribuées à l’augmentation des coûts des matières premières en raison de la diminution de l’offre. Ces coûts ont atteint un niveau record en décembre 2022, selon l’indice de construction, un outil financier conçu pour protéger les entrepreneurs qui construisent de nouvelles maisons en offrant un mécanisme qui permet de répercuter l’inflation des coûts des matériaux sur les acheteurs. Cela peut également augmenter les coûts des projets d’infrastructure.

Les perturbations des chaînes d’approvisionnement au cours des trois dernières années et la demande de matières premières pour la construction entraînent des pénuries et une hausse des prix du logement dans le monde entier. Il n’y a guère de signes d’un relâchement de ces pressions à court-terme et, faute d’approvisionnements intérieurs suffisants, l’industrie israélienne de la construction risque d’être confrontée à un goulet d’étranglement coûteux.

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