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« La période de deuil est terminée, » affirme le petit-fils d’Yitzhak Rabin

Retour sur les 26e cérémonies de l'anniversaire de l'assassinat du Premier ministre signataire des accords d'Oslo par un extrémiste juif

Yonatan Ben-Artzi, l'ancien Premier ministre Yitzhak Rabin, prend la parole lors d'une cérémonie commémorative pour commémorer le 26e anniversaire de l'assassinat de Rabin, à la résidence du président à Jérusalem, le 18 octobre 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)
Yonatan Ben-Artzi, l'ancien Premier ministre Yitzhak Rabin, prend la parole lors d'une cérémonie commémorative pour commémorer le 26e anniversaire de l'assassinat de Rabin, à la résidence du président à Jérusalem, le 18 octobre 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Une première cérémonie de commémoration de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin, assassiné par un extrémiste juif en 1995, a eu lieu lundi à la résidence du président.

Prenant la parole lors de cette cérémonie, le petit-fils de Rabin, Yonatan Ben-Artzi, a évoqué le changement de gouvernement qui, cette année, a écarté du pouvoir Benjamin Netanyahu.

« Après de sombres années de peur et de paralysie politique, Israël a gagné. Face à la culture de la tyrannie, c’est le peuple qui a gagné. Ce matin, 26 années après cette nuit terrible, je peux enfin dire que la période de deuil est terminée », a-t-il déclaré.

« Le règne du peuple a triomphé du règne de l’individu ? » Le Likud répond, en paraphrasant le discours de Yonatan Ben-Artzi : « C’est exactement le contraire. C’est l’individu qui a fraudé la nation pour voler le pouvoir. »

« Les flashs du 4 novembre 1995 sont réapparus dans les cauchemars de tout le monde comme s’ils menaçaient de se reproduire. Mais la division, la forme et la langue sont bien pires qu’il y a 26 ans. Pourtant, le péril reste inchangé : une arme tenue par un fou ignoble idolâtré par une foule furieuse », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre Naftali Bennett s’exprime lors de la cérémonie officielle marquant le 26e anniversaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin, au cimetière national du mont Herzl à Jérusalem, le 18 octobre 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le Premier ministre Naftali Bennett a pris la parole, lundi, lors de la cérémonie d’État, organisée cette fois au cimetière militaire du mont Herzl.

« La leçon que j’ai apprise du meurtre de Rabin – c’est qu’indépendamment des circonstances, indépendamment de la situation, la nation ne doit pas se déchirer. Nous ne pouvons pas nous permettre de mettre le feu. Nous sommes frères. Le seul réconfort, dans ce meurtre terrible, c’est que nous sommes parvenus à prospérer, à corriger les choses », a dit Bennett.

S’exprimant avant Bennett lors du principal événement commémoratif, le président Isaac Herzog a déclaré de son côté qu’il incombait aux élus et aux fonctionnaires de faire preuve de « modération, de prudence et de réassurance ».

« Nos paroles et celles de nos associés sont la matière la plus combustible », a-t-il déclaré. « Nous nous souviendrons toujours qu’une rupture a causé le meurtre d’un dirigeant en Israël et nous ferons tout pour qu’un tel incident ne se reproduise plus. »

Dalia Rabin, la fille du défunt Premier ministre, a remercié Bennett et Herzog.

« Cela valait la peine de souffrir 26 ans pour arriver ici et entendre les paroles émouvantes du président de l’État et du Premier ministre. Je suis fière et heureuse », a-t-elle déclaré.

Dalia Rabin au service commémoratif marquant les 21 ans de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin, organisé au cimetière du mont Herzl à Jérusalem, le 4 novembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Au cours de la cérémonie, le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, a été vu en train de quitter son siège alors que des sirènes de roquettes retentissaient dans le sud. L’armée a plus tard déclaré que les sirènes étaient une fausse alerte.

Le chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu, n’était pas présent. Netanyahu avait annoncé, dimanche, qu’il n’y participerait pas – le protocole ne l’obligeant pas. Il avait ajouté qu’il prendrait la parole lors d’une session spéciale qui aura lieu en fin de journée à la Knesset.

Rabin avait été assassiné le 4 novembre 1995 par Yigal Amir, un Juif extrémiste qui était opposé aux Accords d’Oslo et à la restitution par Israël du contrôle de certaines parties de la Cisjordanie aux Palestiniens dans le cadre de l’accord de paix historique.

Dans les semaines qui avaient précédé l’assassinat, Netanyahu, qui était alors chef de l’opposition, et d’autres importants membres du Likud s’étaient rendus à un rassemblement politique de droite à Jérusalem où les manifestants avaient qualifié Rabin de « traître », de « meurtrier » et de « nazi » pour avoir signé un accord de paix avec les Palestiniens cette année-là.

Amir avait mortellement blessé Rabin par balle à la fin d’un événement, à Tel Aviv, organisé pour dénoncer la violence et pour témoigner du soutien public aux efforts de paix avec les Palestiniens.

Yigal Amir lors de la reconstitution de l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin à Tel Aviv. (Bureau de presse du gouvernement)

Bennett s’est ensuite adressé à la Knesset en fin de journée : « J’espère que nous avons appris que nous ne pouvons pas calomnier une communauté entière si l’un de ses membres… a commis un crime ». « Ce n’est pas la droite ou les religieux qui ont assassiné Rabin. Yigal Amir l’a assassiné. »

Il a prévenu que des effusions de sang comme l’assassinat de Rabin pourraient conduire à « la perte de tout ce qui nous est cher, y compris l’État ».

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a pour sa part déclaré que les membres d’extrême droite de la Knesset sont les « héritiers idéologiques » de l’assassin d’Yitzhak Rabin, Yigal Amir.

« Les héritiers idéologiques de Yigal Amir servent aujourd’hui à la Knesset israélienne. Si nous n’avions pas accompli le miracle du ‘changement de gouvernement’, ils seraient ministres dans le gouvernement », a déclaré le leader de Yesh Atid, qui a été interrompu par le chef du Sionisme religieux Bezalel Smotrich et le chef du Shas Aryeh Deri, qui ont ensuite été escortés hors du plénum.

Netanyahu a répondu avoir soutenu l’accord de paix avec la Jordanie négocié par Rabin, lorsqu’il était chef de l’opposition. « Je dis cela à Lapid, qui a parlé maintenant en faveur de l’esprit d’État, mais s’est abstenu de voter pour les accords de paix avec Bahreïn et les Émirats arabes unis. »

Le président Clinton invite le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, (gauche) et le chef de l’OLP Yasser Arafat à se serrer la main dans la Chambre Est de la Maison Blanche, le jeudi 28 septembre 1995. Le président égyptien Hosni Mubarak est derrière Arafat. (AP Photo/Doug Mills)

Rabin avait été l’un des chefs militaires légendaires d’Israël : il avait commandé l’unité de combat du Palmach dans les forces armées pré-État, puis il avait gravi les échelons jusqu’à devenir chef d’état-major de l’armée israélienne lors de la victoire d’Israël dans la guerre des Six jours, en tant que soldat de carrière.

Il s’était ensuite lancé dans une carrière politique et a servi deux mandats en tant que Premier ministre.

Après avoir été élu Premier ministre pour la deuxième fois en 1992, il a travaillé au service de la paix avec les Palestiniens, en essayant en vain de forger un accord permanent avec le chef de l’OLP Yasser Arafat.

En 1994, il avait reçu le prix Nobel de la paix avec le ministre des Affaires étrangères de l’époque Shimon Peres et Arafat, pour sa contribution à la signature des accords de paix d’Oslo.

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