La police convoque pour interrogatoire le Palestinien qui a filmé le tir de Hébron
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La police convoque pour interrogatoire le Palestinien qui a filmé le tir de Hébron

Des extrémistes juifs ont porté plainte auprès de la police affirmant que le correspondant de B’Tselem, Emad abu-Shamsiyah, a conspiré avec les terroristes qui ont attaqué les soldats

Les soldats israéliens portant le corps d'un Palestinien qui a poignardé un soldat dans la ville de Hébron en Cisjordanie le 24 Mars 2016 (Crédit : Wissam Hashlamon / Flash90)
Les soldats israéliens portant le corps d'un Palestinien qui a poignardé un soldat dans la ville de Hébron en Cisjordanie le 24 Mars 2016 (Crédit : Wissam Hashlamon / Flash90)

Le groupe de gauche de défense des droits de l’Homme B’Tselem a annoncé que son correspondant de Hébron, qui avait filmé la semaine dernière un soldat franco-israélien tirant sur un terroriste palestinien blessé, a été convoqué pour être interrogé par la police.

Emad abu-Shamsiyah a affronté des critiques pour avoir filmé l’incident, qui a déclenché un scandale en Israël et mené à des accusations de meurtre contre le soldat.

Des militants israéliens d’extrême-droite ont porté plainte contre abu-Shamsiyah samedi soir, affirmant qu’il avait conspiré avec les deux attaquants palestiniens qui ont poignardé des soldats dans le quartier de Tel Rumeida de la ville de Cisjordanie.

Un soldat israélien avait été modérément blessé dans l’attaque au couteau du 24 mars. Un attaquant palestinien avait été abattu pendant l’attaque. L’autre, dont la mort a déclenché l’enquête, a été tué quelques minutes après, après avoir été désarmé et blessé et étant allongé au sol.

Un soldat israélien chargeant son arme avant de sembler tirer à la tête sur un assaillant palestinien au sol, apparemment désarmé, à la suite d'une attaque au couteau à Hébron, le 24 mars 2016. (Crédit : capture d'écran B'TSelem)
Un soldat israélien chargeant son arme avant de sembler tirer à la tête sur un assaillant palestinien au sol, apparemment désarmé, à la suite d’une attaque au couteau à Hébron, le 24 mars 2016. (Crédit : capture d’écran B’TSelem)

« Emad abu-Shamsiyah, le chroniqueur du tir de Hébron, a été convoqué dans le cadre d’une enquête au [poste de] police de Hébron aujourd’hui à 11h00, a annoncé jeudi matin B’Tselem. Les officiers de police qui l’ont appelé hier soir ne lui ont pas dit de quoi les enquêteurs voulaient parler.

L’avocat d’abu-Shamsiyah, Gabi Lasky, a également échoué à obtenir des informations de la police de Hébron à propos de l’enquête, a déclaré le groupe.

Puisque abu-Shamsiyah a été appelé pour une enquête de police civile, ce n’est probablement pas relié à l’enquête sur le soldat, qui est mené par la police militaire de l’armée israélienne. Cela pourrait plutôt être lié à la plainte des militants d’extrême-droite contre abu-Shamsiyah.

Les militants extrémistes juifs Itamar Ben Gvir et Bentzi Gopstein, dirigeant de l’organisation anti-arabe Lehava, ont porté plainte, notant que le militant de B’Tselem, était sur les lieux pour filmer les évènements quelques minutes après que deux Palestiniens ont mené une attaque au couteau.

« Il est remarquable que cela ne soit pas la première fois pendant laquelle des militants de l’organisation de gauche radicale B’Tselem soient au bon endroit pour ce qui les concerne, et au bon moment pour ce qui les concerne, a déclaré Ben Gvir. Il serait naïf de penser que c’est une coïncidence. Il serait approprié d’examiner s’il y a une coordination entre les différentes personnes exécutant des délits et trouvés au même endroit exactement au même moment. »

B’Tselem avait annoncé samedi soir que des résidents d’implantation avaient attaqué la maison à Hébron d’abu-Shamsiyah avec des pierres et chanté « Mort à Emad ». Les soldats israéliens présents sur place ne sont pas intervenus, a accusé le groupe.

Pendant l’attaque au couteau jeudi dernier, un assaillant a été abattu pendant qu’il menait l’attaque et l’autre a été blessé. Dans la vidéo filmée par abu-Shamsiyah, un soldat peut être vu s’approchant du terroriste blessé, qui est allongé au sol, et lui tire dans la tête à bout portant.

(La vidéo contient des images difficiles)

La vidéo a immédiatement déclenché une controverse en Israël, et le soldat a été arrêté. Les dirigeants du pays, y compris le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Moshe Yaalon, ont publié des communiqués condamnant ce comportement comme une violation du code éthique de l’armée israélienne.

De hauts gradés de l’armée israélienne ont samedi soir la les affirmations selon lesquelles le soldat avait eu raison de tirer sur le Palestinien apparemment neutralisé parce qu’il craignait que l’homme ne porte une veste explosive, déclarant qu’un officier avait vérifié quelques minutes auparavant et confirmé qu’il ne portait pas telle veste.

Alors que les militants d’extrême-droite israéliens s’en prenaient au vidéaste, des Palestiniens et des militants d’extrême-gauche ont trouvé la page Facebook du soldat et ont publié ses informations personnelles en ligne. Selon la radio publique israélienne, le numéro de téléphone privé du père du soldat a depuis été posté sur des sites internet affilié au Hamas.

Samedi soir, la sœur du soldat, parlant au nom de la famille, avait déclaré que l’Etat d’Israël « l’a poignardé dans le dos et abandonné ». Elle a dit que la vidéo de l’incident « présente une version partiale des évènements, et depuis ce moment, nous avons entendu les dirigeants du pays le juger, disant que son verdict, et tout ce qui reste à faire est de l’exécuter, sans même le laisser se défendre. »

La police israélienne examinait une plainte de la famille du soldat disant qu’ils recevaient des menaces de mort par téléphone. Des articles citant la famille disant qu’un homme parlant avec un accent arabe avait appelé la famille samedi et menacé : « Vous êtes les prochains ».

Samedi soir, des douzaines de personnes avaient manifesté devant la base militaire de Tzrifin où les soldats est détenu, et ont demandé sa libération. Parmi les militants se trouvaient des soldats combattants et des officiers de réserve et en service obligatoire, ainsi que des mères de soldats combattants en service obligatoire, avait annoncé la radio publique israélienne.

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