La police distribue 1 300 amendes pendant la première nuit du couvre-feu
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La police distribue 1 300 amendes pendant la première nuit du couvre-feu

Des fêtes illégales ont été dispersées à Jérusalem, Haïfa ou encore Beit Shemesh ; un officiel de la police note que "certains veulent se mettre en danger" malgré les conséquences

La police met au point un barrage routier temporaire sur la Route 1, près de Jérusalem, pendant un couvre-feu nocturne pour la fête de Pourim, le 25 février 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La police met au point un barrage routier temporaire sur la Route 1, près de Jérusalem, pendant un couvre-feu nocturne pour la fête de Pourim, le 25 février 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La police a dispersé, jeudi soir, plusieurs fêtes illégales organisées pour Pourim dans tout le pays et qui ont rassemblé des dizaines ou des centaines de personnes en violation des mesures sanitaires et du couvre-feu national qui a été décidé à l’occasion de la fête.

Des célébrations ont été interrompues à Jérusalem, Beit Shemesh, Haïfa et Rehovot, ont indiqué les responsables. Des amendes ont été distribuées aux participants comme aux organisateurs de ces soirées. À Rehovot, quatre personnes ont été arrêtées pour avoir agressé des agents qui dispersaient un rassemblement.

Les forces de l’ordre ont déclaré à la radio militaire qu’elles présumaient que des dizaines de célébrations semblables avaient échappé à l’attention de la police.

Il s’agissait de la première nuit de couvre-feu mise en place par le gouvernement pendant toute la durée de Pourim – qui s’achèvera samedi. Entre 20h30 et 5 heures du matin, les Israéliens ne peuvent pas s’aventurer à plus d’un kilomètre de leurs habitations et il leur est interdit de se rassembler ou de se rendre chez des voisins ou chez des proches.

Cette mesure a été prise pour empêcher la tenue de fêtes, qui pourraient renforcer la propagation de la pandémie de coronavirus.

Des Israéliens déguisés en Legos dans une rue de Jérusalem, la veille de la fête de Pourim, le 24 février 2021. (Crédit : Emmanuel DUNAND / AFP)

La police a précisé, vendredi matin, qu’environ 1 300 amendes avaient été distribuées lors de la première nuit du couvre-feu pour sanctionner des violations.

« Il n’y a pas eu une ville en Israël où il n’y a pas eu de violations », a déclaré au micro de la Radio militaire Ziv Sagiv, chef de la division des enquêtes de la police.

« Nous savons tous quelles sont les conséquences de rassemblements massifs, mais il y a des gens qui veulent encore se mettre en danger et mettre en danger leurs familles, et nous laisser avec les restrictions », a-t-il commenté. « Ceux qui disent : ‘Vous voulez quoi ? Je suis vacciné’, ne comprennent pas qu’ils peuvent encore être porteurs du virus et infecter leur entourage. »

La police a mis en place des postes de contrôle à 24 endroits, dans tout le pays, pour veiller au respect du couvre-feu et des centaines de voitures de police ont patrouillé.

Yuli Eldelstein, le ministre de la Santé, a tweeté vendredi matin : « J’en appelle aux quelques-uns qui peuvent nous porter préjudice à tous : Stop. Renoncez aux soirées jusqu’à ce que le coronavirus soit derrière nous. Abandonnez les tisches (fêtes hassidiques) cette fois-ci. Le commandement de gaieté de la fête de Pourim ne doit pas être suivi au détriment des autres. »

Les ministres devraient interrompre la circulation des transports publics vers Jérusalem samedi soir et dimanche pour empêcher les gens de se rendre dans la ville sainte à l’occasion des célébrations de Shushan Pourim – la dernière journée de la fête dont les réjouissances sont traditionnellement organisées dans des villes fortifiées comme Jérusalem et Safed.

Une jeune femme portant des cornes au marché Mahane Yehuda de Jérusalem, la veille de la fête de Pourim, le 24 février 2021. (Crédit : Emmanuel DUNAND / AFP)

Edelstein a mis en garde, jeudi, contre d’éventuelles restrictions à Pessah si des rassemblements de fête devaient être organisés à Pourim.

« S’il y a des violations massives et des infections, alors, à Pessah, on restera chez nous », a-t-il dit au micro de la radio publique Kan.

Suite à des rassemblements festifs lors de Pourim l’année dernière – au tout début de la pandémie de coronavirus – une augmentation du nombre de cas de COVID-19 avait été constatée au sein de l’État juif.

Pourim est habituellement célébré avec des fêtes déguisées ainsi que d’importants repas communautaires qui rassemblent familles et amis. Depuis le début de l’épidémie dans le pays, l’année dernière, le gouvernement a occasionnellement imposé des couvre-feux, en particulier pendant des fêtes majeures, dans un effort visant à empêcher les rassemblements et la propagation inévitable du virus.

Des Juifs ultra-orthodoxes lisent la Megillat Esther (l’histoire d’Esther) pendant la fête de Pourim dans une synagogue de Beit Shemesh, le 25 février 2021. (Crédit : Yaakov Lederman/Flash90)

Le responsable de la lutte contre le coronavirus, Nachman Ash, a indiqué mardi que les responsables s’inquiétaient du fait que les violations, à Pourim, puissent augmenter les taux d’infection, ce qui placerait le pays dans l’obligation d’imposer à nouveau un confinement plus strict.

Tandis que le couvre-feu nocturne est susceptible d’empêcher les fêtes, un grand nombre de traditions de Pourim – la lecture du Livre d’Esther dans les synagogues, le soir et le matin, ou les repas traditionnels – ont lieu pendant la journée. Au cours de ces rassemblements, les restrictions imposées par la pandémie – avec une limitation des rassemblements à dix personnes en espace clos et à 20 personnes à l’extérieur – sont en vigueur.

Ces directives ont été adoptées alors que l’État juif vient d’assouplir son troisième confinement national après une campagne de vaccination réussie. Un tiers de la population israélienne a aujourd’hui reçu ses deux doses de vaccin. Les taux d’infection, pour leur part, continuent à être élevées, avec 4 000 nouveaux cas par jour.

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