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La police tente d’interrompre un rappeur palestinien controversé pendant son show

Tamer Nafar, la star du hip-hop se produisait à Kafr Yasif lors d'une foire de noël lorsque la police l’a apostrophé, affirmant que ses paroles étaient une incitation à la haine

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

Le rappeur Tamer Nafar se produit sur scène lors d'un festival dans la ville arabe israélienne du nord de Sakhnin, le 23 octobre 2016. (Crédit : AHMAD GHARABLI/AFP)
Le rappeur Tamer Nafar se produit sur scène lors d'un festival dans la ville arabe israélienne du nord de Sakhnin, le 23 octobre 2016. (Crédit : AHMAD GHARABLI/AFP)

Des policiers ont tenté d’interrompre la performance d’un rappeur palestinien controversé dans le nord d’Israël, affirmant que ses paroles constituaient une incitation à la haine contre la police et l’État, avant de renoncer et de permettre à l’artiste de finir sa performance.

Bien que l’événement ait eu lieu samedi soir, les détails de l’incident n’ont été révélés que tard dans la nuit de lundi à mardi matin, avec des vidéos montrant la police confrontant les organisateurs.

La performance du rappeur Tamer Nafar, né à Lod, qui s’identifie comme Palestinien et non comme Arabe israélien, a eu lieu lors d’une foire de Noël organisée à Kafr Yasif, ville arabe du nord du pays, située à l’est d’Akko.

Nafar, un artiste populaire en Israël et à l’étranger, est ouvertement critique du gouvernement israélien et les demandes d’annulation de ses concerts par des politiciens israéliens sont fréquentes. En 2016, Miri Regev, alors ministre de la Culture, avait quitté une cérémonie de remise de prix pendant le spectacle de Nafar en signe de protestation contre ses paroles.

Lors du concert à Kafr Yasif le week-end dernier, des officiers de police ont approché les organisateurs pour exiger que Nafar quitte la scène sous prétexte que ses chansons visaient la police, car elles comprenaient des paroles accusant la police israélienne d’être raciste.

« Il chante une chanson contre la police, des chansons qui sont une incitation à la haine contre l’État d’Israël », on voit un officier dire aux organisateurs du festival dans une vidéo maintes fois partagée. « Donc maintenant, il va arrêter son spectacle. Maintenant, un responsable de la sécurité et des permis va annuler cet événement, conformément à la loi. Je ne veux plus rien entendre. Je ne veux plus rien entendre, dégagez le passage jusqu’à l’arrivée du responsable. »

Un porte-parole de Nafar a confié à la Douzième chaîne qu’un agent était allé voir l’artiste pendant qu’il se produisait et lui avait dit de « quitter la scène ou je te fais dégager ». Nafar a refusé et alors qu’il se dirigeait vers la sortie de scène après son spectacle, le policier l’a attrapé, suscitant une intervention des organisateurs du festival.

« La police a essayé d’interrompre mon spectacle à la foire de Noël ! Ne vous inquiétez pas, le spectacle continue. On ne peut pas arrêter la vérité », a écrit Nafar dans un tweet lundi soir.

Le maire de Kafr Yasif, Shadi Shawiri, qui est intervenu en faveur de Nafar, a déclaré mardi à la radio de l’armée que les actions des policiers étaient « un avertissement pour tous les démocrates, tous ceux qui se soucient de la liberté d’expression ».

Shawiri a ajouté que pendant l’événement, la police faisait en réalité fonction de garde de sécurité pour la municipalité, puisqu’elle était payée directement par les caisses de la ville pour assurer la sécurité de l’événement.

L’organisation Mossawa Center, qui défend les droits des Arabes en Israël, a sévèrement critiqué les tentatives d’annulation du concert de Nafar, accusant le gouvernement de « fermer toutes les voies de la liberté d’expression ! »

La police israélienne a maintenu que les chansons de Nafar « qui incitaient à la haine », enfreignaient l’accord entre les organisateurs de l’événement et la police, faisant référence à un accord signé entre la municipalité et la police pour que cette dernière supervise la sécurité de l’événement.

« Le spectacle n’a pas été interrompu et le chanteur a terminé son spectacle comme prévu. Le problème a été transféré aux responsables concernés de la police pour examen », a déclaré la police dans un communiqué.

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