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Analyse

La pression de Trump sur Gaza favorise la renaissance du Hamas ; Netanyahu préfère s’aligner

Alors que la phase 2 avance avec la Turquie et le Qatar en acteurs clés, le désarmement du Hamas paraît improbable et Netanyahu préfère suivre Washington plutôt que s’y opposer

Lazar Berman

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président américain Donald Trump et le président turc Recep Tayyip Erdogan posant pour une photo lors d'un sommet sur Gaza, à Charm el-Cheikh, le 13 octobre 2025. (Crédit : Evan Vucci/POOL/AFP)
Le président américain Donald Trump et le président turc Recep Tayyip Erdogan posant pour une photo lors d'un sommet sur Gaza, à Charm el-Cheikh, le 13 octobre 2025. (Crédit : Evan Vucci/POOL/AFP)

S’exprimant depuis la tribune de la Knesset lundi, le Premier ministre Netanyahu a balayé toute crainte de voir Israël perdre le contrôle de l’avenir de Gaza.

Quelques jours plus tôt, la Maison Blanche avait annoncé le passage à la deuxième phase du plan en 20 points du président américain Donald Trump pour Gaza. Des invitations avaient été envoyées dans le monde entier pour la mise en place du Conseil de paix et du Comité exécutif de Gaza, chargés de superviser la transition de la bande de Gaza hors du contrôle du groupe terroriste palestinien du Hamas et son désarmement.

« Qu’est-ce que la phase deux ? », a demandé Netanyahu de manière rhétorique. « La phase deux dit quelque chose de simple : le Hamas sera désarmé et Gaza sera démilitarisée. »

« Nous maintenons ces objectifs et ils seront atteints », a-t-il promis, « par la voie diplomatique ou par la force ».

Parmi les membres pressentis pour siéger au Comité exécutif de Gaza, qui semble appelé à jouer un rôle déterminant dans l’avenir de la bande de Gaza ravagée par la guerre, figurent des rivaux régionaux d’Israël et des proches alliés de Trump, notamment la Turquie et le Qatar.

Ces invitations avaient suscité de vives critiques de la part de Netanyahu. Samedi soir, le bureau de Netanyahu avait publiquement condamné l’inclusion d’Ankara et de Doha.

Mais à la Knesset, Netanyahu a minimisé l’importance de la présence de ces deux pays soutenant le Hamas au sein du comité, affirmant, de façon trompeuse, que le Qatar et la Turquie « ne sont que membres d’un comité consultatif relevant de l’une des trois commissions, dans lequel ils n’ont ni autorité, ni influence, ni troupes ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adresse à l’assemblée plénière de la Knesset à Jérusalem, le 19 janvier 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Netanyahu se trouve dans une position délicate. Le Premier ministre reconnaît en privé que la prochaine étape du plan de Trump, avec des acteurs hostiles occupant des rôles clés, est loin d’être rassurante. Elle pourrait même constituer la première étape d’une réhabilitation du Hamas, plutôt que de sa disparition.

Dans le même temps, il ne peut s’opposer au plan. Depuis que le retour de Trump à la Maison Blanche est apparu comme une certitude, Netanyahu s’est aligné sur le président et sur ses politiques, y compris la vision en 20 points pour Gaza. La déclaration de samedi soir constituait la première critique directe d’une politique de Trump depuis un an, mais le Premier ministre est loin de chercher à convaincre le président de revenir sur sa décision ou de suspendre la mise en œuvre du plan.

En suivant Trump, Netanyahu prend un risque, mais un risque qu’il juge mesuré. Il est parfaitement conscient que les projets détaillés du président concernant les organes décisionnels et les forces de maintien de la paix à Gaza ont peu de chances d’aboutir à la disparition du Hamas ou de garantir la sécurité d’Israël.

Ce compromis lui paraît néanmoins acceptable, car il estime qu’il lui permettra de conserver un accès direct au Bureau ovale, où se prennent les décisions cruciales concernant le Hamas et la liberté d’action d’Israël pour y faire face.

Des Gazaouis déplacés transportant des jerricans au milieu des tentes installées le long du rivage à Gaza-City, en pleine intempérie, le 13 janvier 2026. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)

S’il devait toutefois se tromper, et que Trump ainsi que ses principaux conseillers choisissent de le marginaliser au profit du projet du Conseil de paix, le Hamas resterait en place pour menacer l’avenir d’Israël, tandis que la carrière politique de Netanyahu s’en trouverait également compromise.

Les deux objectifs

Au cours des deux années éprouvantes qui se sont écoulées entre le pogrom perpétré par le Hamas dans le sud d’Israël et le cessez-le-feu annoncé par Trump en octobre, Netanyahu a répété à maintes reprises que la libération des otages détenus à Gaza et la défaite du Hamas n’étaient pas des objectifs de guerre incompatibles.

Cette position a suscité une vive opposition, tant sur le plan national qu’international. Pour les manifestants participant aux marches hebdomadaires à Tel Aviv, la priorité devait aller au sauvetage des otages, avant toute action visant le Hamas. Or, les alliés politiques de Netanyahu ont, de leur côté, défendu l’idée que l’anéantissement du Hamas devait constituer l’objectif principal.

L’otage civil israélien Eliya Cohen (au centre) portant une imitation d’un uniforme de l’armée israélienne entouré de terroristes armés du Hamas avant d’être remis à la Croix-Rouge lors d’une cérémonie de propagande à Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 22 février 2025. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP)

Tout au long de la guerre déclenchée le 7 octobre 2023, Netanyahu est parvenu à progresser, bien que de manière hésitante et inégale, à la fois dans l’affaiblissement significatif du Hamas et dans le retour de la majorité des otages en Israël.

La tension entre ces deux objectifs semblait toutefois vouée à atteindre son point culminant dès lors que le Hamas comprendrait qu’il ne restait plus qu’un dernier groupe d’otages, comme cela s’est produit l’an dernier. Ces captifs constituaient en effet le gage de survie du groupe terroriste, et il paraissait impossible d’obtenir leur libération sans reconnaître, de facto, que le Hamas demeurerait une force armée et influente à Gaza.

Netanyahu a toutefois persisté. Il a ignoré les généraux qui réclamaient sans cesse une approche plus modérée à Gaza et a décidé de lancer une offensive agressive dans Gaza-City au cours de l’été 2025, alors même que la communauté internationale faisait pression sur lui pour qu’il y renonce.

En octobre, Netanyahu semblait avoir eu raison. Trump a présenté sa vision pour Gaza, qui répondait aux deux principaux objectifs de guerre d’Israël. Tous les otages devaient être libérés dans les 72 premières heures, tandis qu’une deuxième phase prévoyait le désarmement du Hamas et son remplacement à la tête de Gaza.

Une session houleuse de la Knesset en l’honneur de Trump, dans les premiers jours du cessez-le-feu, s’est en réalité transformée en célébration de la victoire. « Vous avez gagné », a déclaré le président américain, tandis que Netanyahu a remercié Trump pour sa « proposition qui met fin à la guerre en atteignant tous nos objectifs ».

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Knesset, le 13 octobre 2025. (Crédit : Chip Somodevilla/Pool via AP)

Si les 20 otages encore en vie ont été libérés dans les délais, la restitution des dépouilles des otages tués, sauf une, est intervenue par la suite, dans un processus qu’Israël juge avoir été volontairement prolongé par le Hamas.

Alors que la deuxième phase est désormais engagée, la dépouille du sergent-chef de la police israélienne Ran Gvili n’a toujours pas été restituée à Israël, en violation flagrante de l’accord. Il est peu probable qu’il s’agisse de la dernière occasion où Jérusalem sera amenée à poursuivre un processus de paix alors qu’une disposition clé de la vision de Trump reste lettre morte.

Netanyahu semble ainsi avoir assuré la libération des otages sans pour autant garantir la défaite du Hamas – non sous la pression des manifestants de Tel Aviv, mais par déférence envers la Maison Blanche.

Renoncer au contrôle

La semaine dernière, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff a annoncé le lancement de la deuxième phase du plan en 20 points de Trump, qui prévoit notamment la mise en place d’une nouvelle administration palestinienne technocratique pour la bande de Gaza.

Trump a également dévoilé la composition du puissant Comité exécutif de Gaza du Conseil de paix.

La liste n’est pas particulièrement rassurante.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, assiste à une session lors de la journée d’ouverture du Forum de Doha, une conférence diplomatique annuelle, à Doha, le 6 décembre 2025. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Le ministre des Affaires étrangères de la Turquie, Hakan Fidan, ancien chef des services de renseignement turcs, représentera le président turc Recep Tayyip Erdogan, fier partisan déclaré du Hamas. Le Qatar, autre sanctuaire du Hamas, siégera également au sein du panel, représenté par le diplomate Ali Thawadi.

Le Comité exécutif de Gaza n’est pas un organe symbolique. Il supervisera le groupe de technocrates palestiniens chargé de fournir les services de base aux Gazaouis et constituera le noyau d’un futur gouvernement pour Gaza.

Israël a toujours insisté sur la nécessité de conserver la responsabilité de sa propre sécurité et de préserver sa liberté d’action lorsqu’il le juge nécessaire face aux menaces, en particulier celles pesant sur ses frontières. Netanyahu a affirmé que cette approche s’appliquerait également à Gaza.

Des soldats de Tsahal en intervention à Rafah, dans le sud de Gaza, sur une photo publiée le 31 mai 2024. (Armée israélienne)

« Les troupes de Tsahal garderont le contrôle de la bande de Gaza ; nous ne le céderons pas aux forces internationales », avait-il promis quelques semaines après les massacres du Hamas le 7-Octobre. « Je tiens à être clair : nous prendrons nos propres décisions et l’État d’Israël fera tout ce qui est nécessaire pour se défendre », avait encore souligné Netanyahu en avril 2024.

Il est difficile de croire que Netanyahu soit aujourd’hui en mesure de tenir ces promesses. Avec les nouveaux comités annoncés la semaine dernière, chargés de décider de l’avenir de la bande de Gaza, la capacité d’Israël à contrôler ce qui se passera juste au-delà de sa frontière s’en trouve considérablement affaiblie.

Aucun représentant officiel israélien ne siège au sein du Comité exécutif de Gaza et, si Netanyahu accepte l’invitation à rejoindre le Conseil de paix, essentiellement symbolique, il ne sera qu’un membre parmi d’autres d’un groupe de dirigeants mondiaux comprenant notamment Erdogan et le président russe Vladimir Poutine.

Un campement de tentes pour les Palestiniens déplacés s’étend dans le quartier de Zeitoun, à Gaza-City, le mercredi 14 janvier 2026. (Crédit : Jehad Alshrafi/AP)

Netanyahu peut bien menacer le Hamas de le désarmer « par la force », mais chaque jour qui passe réduit un peu plus la légitimité d’une opération israélienne de grande envergure à Gaza susceptible de renverser le Hamas. Et cette option ne fera que devenir plus difficile si des forces internationales se déploient dans la bande de Gaza.

En outre, ce qui inquiète Netanyahu et son entourage, c’est que le Premier ministre se dirige vers l’échéance électorale plus tard cette année avec les otages libérés, mais, selon toute vraisemblance, un Hamas toujours maître de la moitié de Gaza et conservant ses armes.

Il continue néanmoins de parier que, tout bien considéré, les avantages de rester dans les bonnes grâces de Trump l’emportent sur les risques liés à une deuxième phase qui ne semble pas perturber outre mesure les dirigeants du Hamas.

« Le Hamas veut ce que tout le monde veut : une vie agréable. »

On pourrait se consoler en se disant que toute cette opération est dirigée par Trump et son cercle restreint, cette même équipe qui, au cours de l’année écoulée, a pris des décisions audacieuses dépassant les attentes les plus optimistes d’Israël. L’ordre donné de se joindre aux frappes israéliennes contre l’Iran en juin dernier en est un exemple frappant.

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le Bureau ovale de la Maison Blanche le 29 septembre 2025, au moment où le Premier ministre appelle son homologue qatari. Un haut responsable qatari est assis entre le Secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, et l’envoyé spécial des États-Unis pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff. (Maison Blanche)

Si ce n’est que lors d’un point presse organisé ce week-end, deux hauts responsables de la Maison Blanche ont exprimé leur optimisme quant aux chances d’un avenir pacifique pour Gaza, une position que les critiques qualifient de naïveté stupéfiante.

« Pour la première fois depuis longtemps à Gaza, il n’y a ni Autorité palestinienne (AP) ni Hamas au pouvoir. Cela pourrait vraiment marquer le début d’une nouvelle ère », a déclaré l’un des responsables.

Dans les faits, toutefois, la mise en place officielle du comité technocratique palestinien intervient alors même que le Hamas conserve le contrôle d’un réseau complexe d’institutions régissant pratiquement tous les aspects de la vie quotidienne de la majorité des Gazaouis.

Le second responsable est allé encore plus loin, décrivant le Hamas comme un intermédiaire honnête qui aurait renoncé à ses méthodes brutales. « Nous avons discuté avec plusieurs membres du Hamas et nous entendons partout dans le monde arabe que les gens ne veulent plus la guerre. Ils veulent la paix. Ils veulent un avenir économique meilleur pour leurs familles. Ils veulent des logements dignes de ce nom. »

« Ils veulent ce que tout un chacun désire dans ce monde : une vie agréable. Et une vie agréable ne s’obtient pas par des moyens militaires », a poursuivi le responsable américain.

Il faudra cependant plus que des mots pour convaincre les Israéliens, ou n’importe qui d’autre, que des terroristes qui ont assassiné et kidnappé des civils israéliens lors d’un festival de musique tout en scandant des louanges à leur Dieu, et qui ont dirigé la bande de Gaza pendant près de vingt ans par une répression féroce, tout en détournant l’aide internationale pour construire des tunnels et des roquettes plutôt que pour transformer Gaza en une enclave pacifique, veulent réellement « ce que tout désire tout un chacun ».

Cette image extraite d’une vidéo diffusée par la chaîne Telegram Al-Aqsa TV, gérée par le Hamas, le 13 octobre 2025, montre des terroristes armés du Hamas exécutant des hommes aux yeux bandés, ligotés et agenouillés, entourés d’une foule dans une rue de Gaza-City. (Crédit : Al-Aqsa TV/AFP)

Sur la question du désarmement, les responsables américains ont indiqué qu’ils chercheraient à convaincre le Hamas de rendre les armes par le dialogue, semblant présenter les États-Unis comme un arbitre neutre entre deux parties rivales de force comparable.

« Nous allons entamer des discussions avec le Hamas sur la prochaine phase, à savoir la démilitarisation, et [nous discuterons] avec Israël d’un programme d’amnistie qui pourrait être accordé aux [terroristes] du Hamas s’ils acceptent », a déclaré l’un d’eux. « Il est clair que la confiance ne règne pas entre les deux parties après des dizaines d’années de conflit, mais… je pense qu’il y a de bonnes chances que tout le monde essaie de respecter ses engagements dans l’accord et que nous puissions faire avancer les choses. »

Le responsable a ajouté que les dirigeants du Hamas « semblent indiquer qu’il existe une réelle possibilité que [la démilitarisation] se produise, nous faisons donc tout notre possible pour y parvenir. »

Sur cette photo diffusée par le bureau du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, le 8 février 2025, de gauche à droite) Nizar Awadallah, membre du bureau politique du Hamas, Khalil al-Hayya, vice-président du bureau politique du Hamas, et Mohammad Ismail Darwish, chef du conseil politique du Hamas, lors d’une réunion à Téhéran, en Iran. (Crédit : KHAMENEI.IR / AFP)

Maintenant que la menace d’une campagne militaire israélienne ne pèse plus sur le Hamas et qu’aucun retour crédible à la guerre ne se profile pour Israël dans un avenir prévisible, le Hamas n’a plus de raison tangible de se conformer à la vision de Trump ni de renoncer au contrôle politique ou militaire qu’il exerce encore.

La Turquie et le Qatar ne feront pas pression pour pousser le Hamas à désarmer et sont plus susceptibles de veiller à ce que le groupe terroriste conserve une partie de son arsenal, afin de préserver un levier stratégique majeur face à Israël.

Les forces de police du Hamas se déploient à Gaza-City le 11 octobre 2025. (Crédit : Ali Hassan/Flash90)

La International Stabilization Force (ISF), qui peine visiblement à recruter des troupes – aucun pays n’ayant exprimé sa volonté d’engager ses soldats dans des combats contre le Hamas – est loin d’être en mesure de retirer les AK-47 des mains des dizaines de milliers de membres du groupe terroriste.

Même parmi les responsables américains, la conviction semble s’éroder quant au fait que le désarmement du Hamas signifie réellement lui retirer ses armes.

« Gaza a besoin d’une police de base pour pouvoir contrôler sa population », expliquait encore un responsable américain. « Les gens doivent pouvoir se sentir en sécurité, dans un cadre sans criminalité, où ils peuvent vivre librement. »

Des terroristes du Hamas se dirigeant vers le passage d’Erez, entre Israël et le nord de la bande de Gaza, lors de l’assaut sanglant et barbare du groupe terroriste palestinien le 7 octobre 2023. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Présenter les armes du Hamas comme une garantie de liberté et de sécurité pour les Gazaouis relève d’une vision pour le moins « novatrice », au regard de l’usage qu’en a fait le Hamas, en exécutant publiquement des dissidents présumés dans les jours ayant suivi l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, en octobre.

Il est tout aussi difficile d’ignorer que ces mêmes fusils ont suffi à massacrer des centaines de personnes en Israël le 7 octobre, abattant des civils réfugiés dans leurs maisons, leurs voitures, des abris ou même dans leur lit, tandis que le groupe, désormais présenté comme réformé, accomplissait l’avancée la plus meurtrière de son projet visant à détruire Israël.

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