La prise de Gaza « sur la table », la diplomatie doit suivre la dissuasion – Gantz
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La prise de Gaza « sur la table », la diplomatie doit suivre la dissuasion – Gantz

Le leader de Kakhol lavan et ex-chef d'Etat-major explique que le gouvernement a "gaspillé" la période de calme relatif connue depuis la guerre de 2014 contre le Hamas

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, lors d'une conférence de presse à Tel Aviv le 19 février 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)
Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, lors d'une conférence de presse à Tel Aviv le 19 février 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Dans un contexte d’escalade des tensions et de violences transfrontalières dans la bande de Gaza, le dirigeant du parti Kakhol lavan Benny Gantz a estimé lundi que l’option de s’emparer de la bande par une opération militaire d’envergure était « toujours sur la table » mais que créer une dissuasion forte contre le groupe terroriste devait être accompagné d’une solution diplomatique.

« Capturer la bande de Gaza est une option qui est toujours possible pour Israël, c’est dans les capacités de l’armée », a-t-il dit à la Treizième chaîne peu de temps après des frappes israéliennes au sein de l’enclave côtière en représailles à une attaque-surprise à la roquette dans la matinée de lundi.

« Faut-il le faire ? C’est une question qui doit être prise en compte en fonction des objectifs ultimes que nous poursuivons », a-t-il ajouté au cours d’une interview accordée depuis Washington, où il assistait à la conférence annuelle de l’AIPAC.

« Je pense qu’à ce moment précis, la réponse est non – mais c’est une option qui est toujours sur la table », a-t-il expliqué.

Dans un autre entretien accordé à la chaîne i24 News – son tout premier en anglais – Gantz a demandé une réponse dure contre le Hamas après qu’une roquette tirée depuis Gaza dans les premières heures de la matinée de lundi a frappé un bâtiment résidentiel du centre d’Israël, faisant sept blessés, dont trois tout-petits.

« Nous devons nous livrer à des représailles massives. Nous devons réinstaurer la dissuasion que nous avions su mettre en place avec Bordure protectrice », a-t-il commenté en évoquant la guerre de 2014 à Gaza qu’il avait commandée alors qu’il était chef d’Etat-major. « Nous ne pouvons pas accepter d’agressions quelles qu’elles soient de la part de la bande de Gaza, qu’elles visent les communautés du sud ou le centre d’Israël. Nous devons procéder à des représailles fermes ».

Tout en refusant de divulguer ses propositions spécifiques sur ce type de ripostes, Gantz a dit qu’il prônait l’utilisation de « tous les moyens, aériens, terrestres, tout, défensif ou offensif. Nous sommes bien plus forts que le Hamas. Le Hamas le sait et il doit aujourd’hui le ressentir ».

S’exprimant devant les caméras de la Douzième chaîne, un peu plus tôt, Gantz avait souligné qu’une fois encore, les réponses militaires israéliennes aux tirs de roquette devaient en fin de compte mener à des initiatives diplomatiques visant à apaiser les tensions avec les gouvernants du Hamas à Gaza.

« Sur la base d’une dissuasion dure et sans compromis, nous devons ensuite travailler avec les Egyptiens et d’autres acteurs internationaux pour aider à améliorer la situation », a-t-il noté. « Les « trois années et demi de calme » depuis la guerre de 2014 ont été « gaspillées » par le gouvernement, a-t-il ajouté.

« On aurait dû les faire fructifier. On aurait dû agir différemment », a-t-il clamé, citant l’aide humanitaire à Gaza et « autres accords possibles » et regrettant que ces pistes n’aient pas été suffisamment explorées.

« Après avoir mis la pression, l’Etat d’Israël doit agir en Etat », a-t-il dit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur les lieux d’un attentat meurtrier à Ariel, le 18 mars 2019. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL/FLASH90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a été âprement critiqué par ses alliés et ses opposants pour ce qui a été qualifié de politique inefficace pour contenir le Hamas. Il a mené des pourparlers indirects en vue d’un cessez-le-feu par le biais d’intermédiaires égyptiens ces derniers mois et il a même permis la délivrance de millions de dollars d’aide versés par les Qataris pour soulager les conditions de vie dures à Gaza.

Dans un communiqué émis lundi matin, Gantz a déclaré que l’attaque qui a pris pour cible la région de Sharon était le dernier exemple d’une situation sécuritaire se caractérisant par une escalade des tensions que, selon lui, le gouvernement a échoué à contenir.

L’attaque a activé les sirènes d’alerte aux frappes aériennes à 5h20 du matin approximativement à travers les régions de Sharon et d’Emek Hefer au nord de Tel Aviv, a dit l’armée. Selon les militaires, la roquette a été lancée depuis la bande de Gaza, d’où deux projectiles avaient déjà été tirés au début du mois en direction de Tel Aviv – des tirs que le Hamas avait qualifié « d’erreur ».

« Netanyahu a perdu sa mainmise sur la sécurité israélienne et les citoyens israéliens vivent, une fois encore, l’expérience des sirènes et d’une frappe directe sur une habitation », a continué Gantz qui a appelé Netanyahu à écourter son séjour aux Etats-Unis et à retourner en Israël pour s’occuper de la situation – Le Premier ministre a annoncé sa décision de quitter Washington et de retourner à Jérusalem quelques minutes après.

« Cette réalité d’Israël pris en otage par le Hamas est sans précédent et incompréhensible », a-t-il conclu.

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