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La radiothérapie contre le mal de dos entraîné par le cancer du pancréas – Étude

Les patients font souvent état d'une douleur intense au dos, qui serait entraînée par la pression exercée par la tumeur sur les nerfs

Une femme recevant une radiothérapie (Crédit : iStock)
Une femme recevant une radiothérapie (Crédit : iStock)

La radiothérapie peut aider à soulager les douleurs au dos souvent insoutenables dont souffrent les malades atteints d’un cancer du pancréas, affirment des médecins israéliens dans le cadre d’une nouvelle recherche.

Des douleurs dans l’abdomen ou au milieu du dos sont un symptôme banal du cancer du pancréas. Elles seraient entraînées par la pression exercée par la tumeur et par son infiltration dans un réseau complexe de nerfs situé dans l’abdomen, le plexus cœliaque.

Les médecins de l’hôpital Sheba, près de Tel Aviv, ont eu l’idée d’administrer une radiothérapie au plexus cœliaque pour tenter de prendre en charge la douleur. Ils viennent de terminer une étude qui a duré quatre ans et qui a révélé que les souffrances avaient été réduites chez la moitié des patients.

Plusieurs institutions internationales mènent des études indépendantes sur cette approche aux États-Unis, au Canada, en Pologne et au Portugal.

« Ce traitement n’est pas curatif mais être capable de réduire la douleur des patients, dont un grand nombre sont au crépuscule de leur vie, est très important pour moi », déclare au Times of Israel le médecin qui a dirigé les recherches, le docteur Yaacov Lawrence.

Il ajoute que l’approche est si prometteuse qu’elle pourrait permettre aux médecins de réduire l’usage des anti-douleurs, comme les opioïdes, chez certains patients.

Le docteur Yaacov Lawrence de l’hôpital Sheba. (Autorisation : Hôpital Sheba)

D’autres spécialistes du cancer font part de leur optimisme.

« C’est une nouvelle très excitante. Cibler le plexus cœliaque est une idée très intéressante et le résultat évoqué dans l’étude est très prometteur », dit le professeur Aron Popovtzer, chef du service d’oncologie de l’hôpital de Hadassah, qui n’a pas été impliqué dans les recherches.

La radiothérapie, qui se base sur des rayons X et autres particules à haute énergie, est habituellement utilisée pour tuer les cellules cancéreuses et pour réduire les tumeurs.

Elle est aussi parfois utilisée pour gérer les douleurs mais dans le cancer du pancréas, cette gestion a toujours été faite en prenant pour cible la tumeur, dans le but de la diminuer. L’étude de Lawrence a examiné l’utilisation de la radiothérapie pour cibler un nerf spécifique et empêcher ainsi la tumeur d’entraîner une souffrance. C’est la première validation clinique de cette méthode.

Lawrence, qui dirige le Centre de l’hôpital Sheba de radio-oncologie en recherche translationnelle, vient tout juste de présenter les conclusions de son étude lors de la réunion annuelle de l’American Society for Radiation Oncology (ASTRO) à San Antonio. Ces conclusions n’ont pas encore été soumises à un comité de lecture et elles n’ont pas été publiées sur internet.

« Les douleurs causées par le cancer du pancréas peuvent être handicapantes pour les malades et il n’y a actuellement que peu d’options permettant de les soulager, » a-t-il commenté après sa présentation. « Les résultats positifs de cette étude sont encourageants et nous pensons que la radio-chirurgie du plexus cœliaque pourrait devenir une option standard de traitement pour diminuer la douleur des patients à un stade avancé du cancer du pancréas, mais également dans d’autres cancers qui envahissent le plexus cœliaque ».

Il a ajouté que son équipe avait détaillé la technique de manière à ce que tous les médecins puissent l’adopter. « Nous avons créé une série de ressources qui seront mises en ligne de manière à ce que les médecins du monde entier puissent y accéder librement et que cette technique puisse être largement adoptée », a-t-il précisé.

Il a noté que « c’est formidable d’avoir développé un nouveau traitement à Sheba et de le voir utilisé partout dans le monde, aux États-Unis, au Canada, en Pologne ainsi que dans d’autres pays ».

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