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La retranscription du procès de René Bousquet en librairie

René Bousquet aura été le maître d'œuvre de la collaboration de la police française avec l'occupant nazi, et avec leur entreprise d'extermination des Juifs

René Bousquet (avec col de fourrure, le 2e en partant de la droite) entouré par, de gauche à droite, le SS-Sturmbannführer Bernhard Griese (en manteau de cuir), le préfet régional Antoine Lemoine, le chef local de la Sipo et du SD Rolf Mühler (de) (derrière Lemoine), l'administrateur de Marseille Pierre BarraudN 6, à l'hôtel de ville de Marseille le 23 janvier 1943, pendant la rafle de Marseille (Crédit : CC BY-SA 3.0 de)
René Bousquet (avec col de fourrure, le 2e en partant de la droite) entouré par, de gauche à droite, le SS-Sturmbannführer Bernhard Griese (en manteau de cuir), le préfet régional Antoine Lemoine, le chef local de la Sipo et du SD Rolf Mühler (de) (derrière Lemoine), l'administrateur de Marseille Pierre BarraudN 6, à l'hôtel de ville de Marseille le 23 janvier 1943, pendant la rafle de Marseille (Crédit : CC BY-SA 3.0 de)

La retranscription du procès de l’ancien chef de la police du régime de Vichy, René Bousquet, condamné à une peine minimale rapidement effacée, est paru mercredi en librairie.

« Le Procès Bousquet, Haute Cour de justice 21-23 juin 1949 » est publié aux éditions Fayard par l’ancien garde des Sceaux Robert Badinter et Bernard Le Drezen, agrégé de lettres.

La retranscription des débats occupe 360 pages, suivies de près de 100 pages de notes qui éclaircissent le contexte historique et les événements évoqués devant cette Haute Cour.

Alors que René Bousquet avait été le maître d’œuvre de la collaboration de la police française avec l’occupant nazi, et avec leur entreprise d’extermination des Juifs, ce procès rapide avait abouti à « cinq ans de dégradation nationale ».

De plus, rappelle Robert Badinter dans la préface, la Haute Cour de justice l’avait « aussitôt relevé de cette condamnation pour services rendus à la Résistance, ce qui aboutissait en fait à un acquittement ».

Pendant son procès, devant une juridiction où siégeaient surtout d’anciens résistants, « le salaud prenait quasiment les traits d’un héros », s’étonne M. Badinter. Il parle de « mystère judiciaire », qui permet à la Haute Cour de « fabriquer un innocent à partir d’un coupable ».

Robert Badinter, à Paris, le 25 novembre 2013. (Crédit : Eric Feferberg/AFP)

La réponse à cette énigme est dans l’attitude du ministère public, qui minimise les charges contre l’accusé, ne lui pose aucune question, et prononce un réquisitoire on ne peut plus clément, accréditant l’idée (qu’on sait fausse aujourd’hui) selon laquelle Vichy aurait sacrifié les Juifs étrangers pour protéger les Juifs français.

L’ancien fonctionnaire de Vichy a pu dérouler sans contradiction une défense qu’il avait bien préparée, aidé par la disparition, toujours inexpliquée, de pièces compromettantes pour lui.

La sténographie du procès, faite à l’époque par une société spécialisée, le cabinet Bluet, est issue des Archives nationales.

René Bousquet fut assassiné en 1993, à 84 ans, par un marginal. Un deuxième procès se préparait après son inculpation en 1991 pour crimes contre l’humanité, grâce à la révélation de nouveaux éléments sur son rôle dans l’Holocauste et notamment la rafle du Vél d’Hiv.

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