La Russie va finalement livrer des S-300 à la Syrie sous deux semaines
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La Russie va finalement livrer des S-300 à la Syrie sous deux semaines

Cette annonce survient après que Damas a abattu un avion russe transportant 15 militaires ; la livraison n'avait pas eu lieu jusque-là en raison de réserves israéliennes

Le président syrien Bashar el-Assad, (à gauche), le président russe Vladimir Poutine et le ministre russe de la Défense Sergei Choigou inspectent un défilé militaire lors de leur visite à la base aérienne russe de Hmeimim, dans la province de Lattaquié, le 11 décembre 2017. (Crédit : Mikhail Klimentyev / AFP)
Le président syrien Bashar el-Assad, (à gauche), le président russe Vladimir Poutine et le ministre russe de la Défense Sergei Choigou inspectent un défilé militaire lors de leur visite à la base aérienne russe de Hmeimim, dans la province de Lattaquié, le 11 décembre 2017. (Crédit : Mikhail Klimentyev / AFP)

La Russie va livrer d’ici deux semaines des systèmes modernes de défense antiaérienne S-300 à l’armée syrienne, qui a abattu par erreur un avion russe après un raid de l’aviation israélienne, a annoncé lundi le ministre russe de la Défense.

« Les forces armées syriennes seront fournies d’ici deux semaines en systèmes modernes S-300. Ils sont capables d’intercepter des appareil sur une distance de plus de 250 kilomètres et peuvent frapper en même temps plusieurs cibles dans les airs », a indiqué Sergueï Choïgou, expliquant que la livraison de ces systèmes modernes n’avaient pas eu lieu jusque-là en raison de réserves israéliennes.

« Nous sommes convaincus que la réalisation de ces mesures va refroidir les têtes brûlées et empêchera les actes irréfléchis constituant une menace pour nos soldats », a déclaré le ministre de la Défense Sergueï Choïgou lors d’une déclaration diffusée à la télévision.

« Dans le cas contraire, nous réagirons de manière appropriée face à la situation », a-t-il averti.

« Le président russe (Vladimir Poutine) a informé (Bachar al-Assad) de la décision de mettre en oeuvre des mesures supplémentaires destinées à assurer la sécurité des soldats russes en Syrie et à renforcer la défense anti-aérienne du pays, y compris via la livraison de systèmes modernes S-300 », selon un communiqué du Kremlin.

Vladimir Poutine a déclaré lundi à Benjamin Netanyahu qu’il rejetait la version israélienne de la destruction de l’avion militaire russe au large de la Syrie, mettant en cause « précisément les actions » de l’armée israélienne malgré les démentis apportés, selon le Kremlin.

Lors de cet appel téléphonique avec le Premier ministre israélien, le président russe a également souligné que la décision de Moscou de renforcer la défense antiaérienne de son allié syrien était « adéquate au vu de la situation et (visait) avant tout à éviter toute menace potentielle pour la vie des militaires russes », a précisé le Kremlin dans un communiqué.

La Russie et la Syrie ont signé en 2010 un accord pour la livraison de S-300, mais Damas n’a toujours pas pris possession de ce matériel en raison de l’opposition d’Israël, a expliqué M. Choïgou, ajoutant que « la situation a changé » vu les événements des derniers jours.

Actuellement, les S-300 opérés par les Russes sont déployés autour de la base navale russe de Tartous, des S-400 plus modernes étant déployés sur la base aérienne de Hmeinim (ouest).

« La navigation par satellite, les radars de bord et les systèmes de communication de l’aviation militaire attaquant des cibles sur le territoire syrien seront supprimées dans les zones adjacentes à la Syrie en mer Méditerranée », a par ailleurs indiqué Choïgou.

« La destruction de notre avion éclaireur a causé la mort de 15 de nos soldats. Selon les informations de nos experts militaires, les actes prémédités des pilotes israéliens sont en cause, ce qui ne peut que porter préjudice à nos relations » avec Israël, a déclaré aux journalistes Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin.

Qualifiant l’accident de « chaîne tragique de coïncidences », M. Peskov a une nouvelle fois mis en cause les pilotes israéliens lundi.

« L’avion n’a pas été abattu par un missile israélien, Dieu merci. Néanmoins, la création de cette chaîne de coïncidences a été permise par les actes des pilotes israéliens », a indiqué M. Peskov. « Les informations récupérées par nos experts militaires témoignent de cela avec éloquence », a-t-il ajouté.

Peskov a justifié la prochaine livraison de S-300 par « la nécessité d’assurer la sécurité des soldats russes », qui interviennent en Syrie en soutien au régime de Bachar al-Assad depuis septembre 2015.

Ces décisions « ne sont dirigées envers aucun pays tiers, mais envers la défense de nos soldats », a indiqué le porte-parole du Kremlin.

Une photo prise le 27 août 2013 d’un système de missile de défense aérienne russe Antey 2500, ou S-300 VM, est exposée lors de l’ouverture du salon aéronautique MAKS à Joukovski près de Moscou, en Russie. (Crédit : AP / Ivan Sekretarev)

Lundi dernier, la défense anti-aérienne syrienne a visé par erreur un Illiouchine-20 au-dessus de la Méditerranée, tuant les 15 militaires qui se trouvaient à bord. Au même moment, des missiles israéliens ciblaient des dépôts de munitions dans la province syrienne de Lattaquié (nord-ouest).

Moscou accuse Israël d’être responsable de la destruction de son avion, affirmant que l’armée israélienne l’avait prévenue seulement une minute avant les frappes et que les avions israéliens s’étaient servi de l’Il-20 comme « boucliers » contre les missiles syriens.

L’armée israélienne a nié la version russe, répondant dimanche dans un communiqué que ses avions ne « s’étaient pas cachés derrière un quelconque appareil et que les appareils israéliens se trouvaient dans l’espace (aérien) israélien au moment où l’avion russe a été abattu ».

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